À Sebastian Scheffer, le 31 décembre 1666
Note [4]

Les Œuvres de M. François Rabelais, docteur en médecine, dont le contenu se voit à la page suivante, augmentées de la vie de l’auteur et de quelques remarques sur sa vie et sur l’histoire, avec l’explication de tous les mots difficiles (sans lieu, ni nom [probablement Amsterdam ou Bruxelles, Elsevier], 1666, 2 tomes in‑16).

Guy Patin se récriait contre la rumeur qui lui prêtait l’intention d’en procurer lui-même une édition ; ce qu’il ne fit jamais, en dépit de toute la sincère admiration qu’il avait pour celui qu’il appelait familièrement « l’auteur François ».

S’il n’en était pas l’auteur, Patin n’aurait sans doute pas désapprouvé L’Imprimeur au lecteur de cette édition hollandaise :

« Ami lecteur,

Il n’est pas nécessaire que je fasse l’éloge du livre que je te présente : tout le monde sait qu’autrefois il n’y avait pas un homme d’esprit, je dis même des plus barbons, qui ne l’eût dans son cabinet, et qui ne le lût en son particulier ; et pour les gens du monde, il n’était pas bon compagnon qui ne savait pas son Rabelais ad unguem, {a} ne pouvant y avoir de bon repas qui ne fût assaisonné de quelque bon mot de cet auteur. Si l’empressement a été moindre depuis, c’est, à mon avis, que n’ayant pas la connaissance de l’histoire des particuliers de ce temps-là, on ne trouve pas si bien le mot pour rire dans la satire. La difficulté, encore, qu’il y a à bien entendre quantité de mots diminue le plaisir. {b} Ainsi, cher lecteur, pour rendre ton divertissement plus aisé dans la lecture d’un livre le plus facétieux et le plus spirituel qui fût jamais, je te le donne tel qu’il est dans les plus vieilles et meilleures impressions, accompagné de quelques observations sur les endroits les plus remarquables de l’histoire de son temps, et une explication très ample, par ordre alphabétique, de tous les mots difficiles. {c} J’y ai ajouté la vie de l’auteur et quelques remarques des traits les plus jolis et les plus plaisants de ce galant homme. Vivito et lætare. » {d}


  1. « sur le bout des ongles ».

  2. Intéressante explication des raisons pour lesquelles Rabelais a temporairement perdu sa popularité au xviie s., à contre-courant de l’admiration sans borne que lui portait Patin.

  3. Alphabet de l’Auteur François et ses annexes, à la fin du tome ii (pages 868‑946).

  4. « Vis et réjouis-toi. »

    V. note [4], lettre 574, pour les deux éditions, semblables à celle-ci, des Œuvres de Rabelais parues en Hollande en 1663. La précédente avait paru à Troyes (« Loys qui ne se meurt point » [Louis Vivant ?], 1613)


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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Sebastian Scheffer, le 31 décembre 1666. Note 4

Adresse permanente : //www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=1452&cln=4

(Consulté le 11.05.2021)

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