Autres écrits : Observations de Guy Patin et Charles Guillemeau sur les us et abus des apothicaires (1648) : xi
Note [4]

V. note [2], lettre 1001, pour Andromaque l’Ancien (Andromachus) et le nom de galênê qu’il a d’abord donné à sa thériaque.

Damocratès (ou Démocratès), médecin grec de Rome au ier s. (contemporain d’Andromaque et de Néron), a écrit deux livres en vers iambiques grecs, aujourd’hui disparus, touchant la composition des médicaments, intitulés Philiatros [L’ami de la médecine] et Klinikos [Le médecin]. Galien en a cité quelques fragments sur la description du mithridate (v. infra note [22]) et de la thériaque (la sienne étant un peu différente de celle d’Andromaque). Pline (son contemporain) a parlé de Damocratès en deux endroits de son Histoire naturelle.

  • Livre xxiv, chapitre xxviii (Littré Pli, volume 2, page 140) :

    Scio Democrates medicum in valetudine Considiæ M. Servilii consularis filiæ, omnem curationem austeram recusantis, diu efficaciter usum lacte caprarum, quas lentisco pascebat.

    [Je sais que le médecin Damocratès, dans la maladie de Considia, fille de M. Servilius, {a} personnage consulaire, laquelle se refusait à tout traitement sévère, la mit avec succès à l’usage prolongé du lait des chèvres qu’il nourrissait avec du lentisque]. {b}


    1. Damocratès devait son propre surnom de Servilius à cette famille romaine qu’il servait.

    2. V. note [73], lettre latine 351.

  • Livre xxv, chapitre xlix (ibid. page 179) :

    Invenit nuper et Servilius Democrates e primis medentium, quam appellavit iberida, quamquam ficto nomine, inventioni ejus assignatto carmine.

    [Tout récemment, Servilius Damocratès, un de nos premiers médecins, a appelé ibéris {a} une plante qu’il a découverte lui-même, quoiqu’il lui ait donné un nom de fantaisie ; et il a consacré un poème à cette découverte]. {b}


    1. L’ibéris amère est une plante crucifère.

    2. La suite décrit cette plante et la dit efficace dans les rhumatismes, en particulier ceux de la hanche.


Mithridate vi Eupator, c’est-à-dire le Grand, roi du Pont (Bosphore) au ier s. av. J.‑C., échoua dans sa lutte acharnée contre Rome. En l’an 63 av. J.‑C., il décida de mettre fin à ses jours en absorbant du poison, mais sans effet « soit parce qu’il en faisait un fréquent usage, soit parce qu’il avait coutume de se servir d’antidote, surtout de celui qui porte son nom. Voyant qu’il avait manqué son coup de ce côté-là, il eut recours au fer, dont il se frappa d’une main caduque et mal assurée ; mais comme il n’en fut blessé que légèrement, il pria un officier gaulois de lui rendre le funeste service de l’achever » (Éloy). V. note [98] du Traité de la conservation de santé (chapitre ii) pour le récit d’Appien d’Alexandrie.

Ce roi antique a laissé à la médecine les mots mithridate (le remède opiacé dont on lui a attribué l’invention), mithridatisation (prises régulières d’une substance toxique à petites doses pour s’en prémunir en y accoutumant le corps) et mithridatiser.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Autres écrits : Observations de Guy Patin et Charles Guillemeau sur les us et abus des apothicaires (1648) : xi. Note 4

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(Consulté le 06.12.2019)

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