À Charles Spon, le 10 août 1657
Note [40]

Louis-Henri de Loménie (1635-1698), futur comte de Brienne, était le fils aîné d’Henri-Auguste (v. note [49], lettre 292). Mis à la tête du département des Affaires étrangères en 1663, Louis-Henri se démit au bout de quelques mois pour se faire oratorien (v. note [5], lettre 766). Louis xiv avait exigé son départ parce qu’il avait filé la carte à la propre table de jeu du roi. Une passion fort vive qu’il conçut pour la princesse de Mecklembourg le fit chasser de l’Oratoire, et renfermer comme fou à Saint-Lazare, à la prière de ses parents. Voltaire l’a dépeint dans Le Siècle de Louis xiv (page 1130) :

« <il> eut la vivacité de son père, mais n’en eut pas les autres qualités. Étant conseiller d’État dès l’âge de 16 ans, et destiné aux affaires étrangères, envoyé en Allemagne pour s’instruire, il alla jusqu’en Finlande et écrivit ses voyages en latin. Il exerça la charge de secrétaire d’État des Affaires étrangères à 23 ans ; mais ayant perdu sa femme, Henriette de Chavigny, il en fut si affligé que son esprit s’aliéna ; on fut obligé de l’éloigner de la société. Le reste de sa vie fut très malheureux. On a déchiré sa mémoire dans les derniers dictionnaires historiques ; on devait montrer de la compassion pour son état et de la considération pour son nom. »

Comme son père, Louis-Henri a écrit ses mémoires, publiés en 1720, par lesquels on apprit, entre autres, la façon dont Louis xiv annonça son désir de gouverner seul après la mort de Mazarin en 1661 :

« Nous étions huit en tout […]. Le roi […] adressa la parole à M. le chancelier : “ Monsieur, je vous ai fait assembler avec mes ministres et secrétaires d’État pour vous dire que jusqu’à présent j’ai bien voulu laisser gouverner mes affaires par feu M. le Cardinal ; il est temps que je gouverne moi-même. Vous m’aiderez de vos conseils quand je vous le demanderai […]. Je vous prie et je vous ordonne, M. le chancelier, de ne rien sceller en commandement que par mon ordre, et sans m’en avoir parlé. ” »

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 10 août 1657. Note 40

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(Consulté le 28.11.2020)

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