Autres écrits : Commentaires de la Faculté rédigés par le doyen Guy Patin (1650-1652) : 3b. Novembre 1651-novembre 1652, Décrets et assemblées de la Faculté de médecine
Note [40]

V. note [8], lettre 3, pour les paranymphes des licentiandes de la Faculté de médecine de Paris et pour le discours, appelé paranymphe, que leur adressait un membre éminent de l’Université de Paris.

M. Beziers, chanoine du Saint-Sépulcre, membre de l’Académie royale des belles-lettres de Caen, a donné une biographie de Guillaume Marcel dans son Histoire sommaire de la ville de Bayeux. Précédée d’un Discours préliminaire sur le diocèse de ce nom (Caen, J. Manoury, père, 1773, in‑12o, pages 230‑232) :

« Bachelier en théologie, né auprès de Bayeux, s’est fait connaître en son temps par ses vers, par ses harangues et par divers autres écrits. Le nom de sa famille est Masquerel, mais il le fit changer en celui de Marcel, qu’il a toujours porté, ainsi que son frère Pierre Marcel, professeur de rhétorique au Collège de Montaigu à Paris, et connu par quelques ouvrages de sa composition. Guillaume Marcel entra chez les PP. de l’Oratoire {a} qui l’envoyèrent professer la rhétorique à Rouen en 1640 ; de là, étant sorti de l’Oratoire, il s’en alla à Paris, où il enseigna la même étude dans les collèges des Grassins et de Lisieux. {b} Ce fut dans celui-ci que lui arriva une aventure rapportée dans le Dictionnaire de Bayle au mot Godefroi Hermant, {c} dans les notes :

“ Il avait composé en latin l’éloge de M. le maréchal de Gassion, mort en 1647 d’un coup de mousquet qu’il avait reçu au siège de Lens, {d} et était prêt à la réciter au public, quand un vieux docteur qui faisait son occupation principale de lire toutes les affiches, surpris de voir celle qui marquait la harangue de Marcel pour les deux heures après midi, courut s’en plaindre à M. Hermant, recteur de l’Université, et lui représentant qu’il ne fallait pas souffrir qu’on fît dans une université catholique, l’oraison funèbre d’un homme mort dans la R.P.R., {e} le pria d’indiquer une assemblée pour en décider. M. Hermant n’ayant pu la lui refuser, il fut décidé à la pluralité {f} des voix qu’on irait sur-le-champ défendre à M. Marcel de prononcer le panégyrique de M. de Gassion. Jacques Des Périers, {g} principal du Collège de Lisieux, et Marcel, étant allés se plaindre à M. le chancelier de France, ils furent renvoyés à la sentence du recteur. ”

Vers l’an 1660, il quitta les fatigues du collège et revint dans sa patrie pour gouverner la paroisse de Basly proche de la Délivrande, qu’il avait eue dès 1646 par résignation. {h} À son arrivée, il fut admis dans l’Académie de Caen qui se formait alors chez M. de Segroûs. Peu de temps après, on le retira de la Campagne {i} pour le faire reparaître dans les classes : il fut nommé principal du collège de Bayeux à la place du savant M. Davoulleau, et il en prit possession le trois de septembre 1664. Rebuté tout à fait de ce genre de travail, il se retira pour toujours dans sa cure en 1676, où il ne cessa de cultiver les belles-lettres qui faisaient ses délices. […] Il était théologien, poète, orateur et excellent humaniste. Il mourut le 10 avril 1682, âgé de près de 90 ans, et fut enterré dans l’église de Basly. »



  1. V. note [1], lettre 29.

  2. V. notes [8], lettre 59, pour le Collège des Grassins, et [46], lettre 176, pour celui de Lisieux.

  3. V. note [12], lettre 79.

  4. V. note [7], lettre 31.

  5. Religion prétendue réformée.

  6. Majorité.

  7. V. note [13] des Affaires de l’Université en 1651‑1652.

  8. Démission en sa faveur.

  9. Basly et Douvres-la-Délivrande sont deux communes voisines de l’actuel département du Calvados, proches du littoral, au nord de Caen. Un lieu-dit de la commune de Basly forme un éperon et porte le nom de la Campagne.

Son paranymphe a été imprimé : Guil. Marcelli rhetoris, Medicus Deo similis, oratio panegyrica, habita in Parisiensi medicorum Schola, die 24 Iulij 1650, pro celebritate iatrognosticarum laurea donandorum : cum proprijs singulorum elogijs [Le médecin est semblable à Dieu, discours panégyrique de Guillaume Marcel, rhétoricien, prononcée en l’École des médecins de Paris le 24 juillet 1652 pour célébrer ceux à qui a été conféré le laurier des iatrognostiques (ceux qui connaissent l’art de soigner), avec les éloges propres à chacun d’entre eux] (Paris, Jean Gaillard, 1652, in‑8o).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Autres écrits : Commentaires de la Faculté rédigés par le doyen Guy Patin (1650-1652) : 3b. Novembre 1651-novembre 1652, Décrets et assemblées de la Faculté de médecine. Note 40

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(Consulté le 14.07.2020)

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