Autres écrits : Ana de Guy Patin :
Naudæana 1
Note [41]

« le Soleil est fixe et la Terre se déplace ».

V. notes [9], lettre 61, et [19], lettre 226, pour les deux concepteurs de l’héliocentrisme, Nicolas Copernic, au xvie s., et Galilée, au xviie s.


Additions et remarques du P. de Vitry
(1702-1703, v. note [12] des Préfaces), pages 153‑155 :

« Il n’est personne qui ne sache que le célèbre Galilée a grossi de son nom le catalogue des savants malheureux. Après avoir langui dans les prisons de l’Inquisition et avoir été obligé, pour en sortir, de se dédire publiquement d’un sentiment qui, peut-être, {a} n’avait eu aucun autre défaut que celui d’avoir déplu aux inquisiteurs. Pour comble de malheur, il se vit sur la fin de ses jours privé de la vue: rien n’empêche même qu’on ne regarde comme une suite de cette mauvaise fortune le peu de soin qu’ont pris ses compatriotes de faire passer à la postérité les principales actions de sa vie. Ne méritait-il pas que quelque savante plume d’Italie travaillât à l’histoire d’un homme qui, sans exagérer, a fait plus d’honneur à sa patrie que n’en ont fait à la leur les Guarini, les La Galla, {b} et tant d’autres dont le plus grand mérite a été d’avoir eu des amis jaloux de leur réputation ? Du moins devrait-on se mettre en peine de fixer l’âge et la mort de cet illustre mathématicien. En attendant, nous nous contenterons de dire avec le Crasso, le P. Mabillon, {c} etc., qu’il mourut le 9 janvier 1642, âgé de 78 ans. »


  1. Admirable circonspection jésuitique.

  2. Giovanni Battista Guarini (Ferrare 1538-Venise 1612) est un poète et diplomate italien dont les ouvrages ont connu un grand succès ; à moins qu’il ne s’agît ici du religieux théatin Camillo Guarino Guarini (Modène 1624-Milan 1683), qui s’illustra dans les mathématiques et l’architecture.

    V. note [6], lettre latine 194, pour le médecin et astronome Giulio Cesare La Galla, mort en 1624.

  3. « Crasso Elog. d’huom. Illustri, Mabillon It. Italic. p. 166; » (note de Vitry).

    • Le poète et bibliophile Lorenzo Crasso a composé (en italien) des biographies d’hommes illustres : celle de Galilée est aux pages 243‑245 de ses Elogii d’huomini letterati [Éloges de savants hommes] (Venise, Combi et La Noù, 1666, in‑4o). À la fin, il l’y dit simplement mort en 1642, sans indication de mois ni de jour.

    • Le bref témoignage que Dom Jean Mabillon (v. note [2], lettre de Hugues ii de Salins datée du 3 mars 1657) a laissé sur le tombeau de Galilée se lit à la page 166 de son Iter Italicum litterarium annis m dc lxxxxv et m dc lxxxvi [Voyage savant d’Italie, en 1685 et 1686] (sans lieu, ni nom, ni date, in‑4o) :

      Extra basilicam sanctæ Crucis, ad ædes Novitiorum sepultus est celebris ille mathematicus Galilæus Galilæi Florentinus, qui obiit anno m dc xlii, die ix Januarii, ætatis suæ anno lxxviii.

      [À l’extérieur de la basilique Santa Croce, près de l’église des Novices, est enterré Galileo Galilei, ce célèbre mathématicien florentin qui mourut le 9 janvier 1642].

      La basilique de la Sainte-Croix à Florence abrite aujourd’hui le somptueux tombeau de Galilée, achevé en 1737.


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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Autres écrits : Ana de Guy Patin :
Naudæana 1. Note 41

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(Consulté le 09.12.2022)

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