À Charles Spon, le 20 mars 1649
Note [42]

Samuel Godin (ou Gaudon) sieur de La Rallière fait partie des financiers que le Catalogue des partisans (pages 8‑9) a désignés à la vindicte publique :

« La Rallière a été fermier des aides avec le nommé de Mousseau, où ils ont volé les rentiers de l’Hôtel de Ville par les présents et corruptions qu’ils ont faits audit D’Émery, en considération de quoi l’on a diverti auxdits rentiers trois quartiers et deux entiers de leurs rentes en une seule fois, sans compter les autres friponneries et pillages qui ont été faits depuis sur lesdites rentes, tant par retranchement qu’autrement, le tout ensemble se montant à douze millions de livres, ou peu s’en faut. Et outre ledit La Rallière, avec le nommé Vanel {a} dit Trécourt, qui sont à présent fermiers des entrées, ont fait le traité des 1 500 000 livres de rentes sur lesdites entrées, créées en 1644 ; pour raison de quoi, ils ont taxé sous le titre d’aisé qui bon leur a semblé et sous de faux rôles, ont exigé lesdites taxes avec des violences horribles en cette ville de Paris et en la campagne, quoique par l’édit d’aliénation desdites rentes, il soit expressément porté qu’il n’en pourrait être fait aucun traité. »


  1. Claude Vanel.

Dubuisson-Aubenay a aussi parlé de lui dans son Journal des guerres civiles :

  • en date du 26 janvier (tome i, page 133),

    « Le sieur de La Rallière, traitant et homme d’affaires, pris prisonnier en sa maison et mené à l’Hôtel de Ville et delà, dit-on, en la Bastille » ;

  • puis du 4 février (pages 144‑145),

    « Les sieurs de La Rallière et de Launay-Gravé {a} étant prisonniers en la Bastille depuis plusieurs jours, le sieur de Champlâtreux remontra à M. le premier président, son père, que c’était inexcusable contravention à la déclaration du roi, faite les 22 et 24 octobre 1648, par le Parlement, portant en l’article quinzième que l’on ne pourra emprisonner personne que par les formes ordinaires, c’est-à-dire après avoir informé et décrété contre eux, et qu’étant en prison, on les interrogera devant leurs juges naturels dans les vingt-quatre heures ; que rien de tout cela n’ayant été fait pour ces deux-ci, il les faut ôter de la prison. Là-dessus fut en prendre l’ordre à la Maison de la Ville, durant l’expédition duquel les gens de Grève avertis allèrent à la Bastille menacer le sieur de La Rivière que si ces deux hommes sortaient, ils les mettraient en pièces à la porte, dont ils ne partiraient point. Ce qui étant rapporté à l’Hôtel de Ville, empêcha l’expédition de l’ordre. »


    1. V. infra note [59].

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 20 mars 1649. Note 42

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(Consulté le 24.11.2020)

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