Autres écrits : Ana de Guy Patin :
Patiniana I‑2 (1701)
Note [42]

Jacques Du Breul (Paris 1528-ibid. 1614), moine bénédictin reçu au noviciat en 1549, officia dans diverses abbayes françaises, mais principalement à Saint-Germain-des-Prés. Le Patiniana citait son édition des :

Sancti Isidori Hispalensis Episcopi, Opera omnia quæ extant : Partim aliquando virorum doctissimorum laboribus edita, partim nunc primum exscripta, et ad venustissima Pauli Petavij, Papiri Massoni, et alior. exemplaria, accuratius quam antea emendata : per Fratrem Iacobum Du Breul monachum sancti Germani a Pratis. Editio postrema auctior et correctior. Indices Auctoritatum sacræ Scripturæ, Rerumque ac verborum, ad calcem totius Operis habentur.

[Toutes les Œuvres connues de saint Isidore, évêque de Séville : {a} en partie déjà mises au jour par les travaux de très savants hommes ; en partie transcrites pour la première fois et corrigées plus soigneusement qu’auparavant d’après les exemplaires de Paul Petau, {b} de Papire Masson {c} et d’autres. Par le frère Jacques Du Breul, moine de Saint-Germain-des-Prés. Dernière édition revue et augmentée. Les index des passages de l’Écriture sainte, des matières et des mots se trouvent à la fin de l’ouvrage]. {d}


  1. V. note [22], lettre 101.

  2. V. note [13], lettre 238.

  3. V. note [7], lettre 16.

  4. Cologne, Antonius Hierat, 1617, in‑fo de 631 pages.

L’Epistola [Épître dédicatoire] à son mécène, le R.P. Marian de Martimbos, abbé de Saint-Michel-en-l’Herm (Poitou) contient en effet cette assertion (page † 3 vo) :

Sicque per eum floruit alma fides. Quam eius successor longe dissimilis, corrumpere nisus est : ut his verbis declarat Tudensis. Successit (inquit) beatissimo Isidoro Theodiscus, natione Græcus, varietate linguarum doctus, exterius locutione nitidus, verius autem (ut exitus demonstravit) sub ovina pelle lupus voracissimus. Nam libros quosdam Isidori de naturis rerum, et arte medicina, necnon de arte notoria, antequam in publicum venirent, corrupit, resecans vera, et inserens falsa : atque per quendam Arabem, nomine Avicennam, de Latino in Arabem transtulit.

[Une féconde foi s’est épanouie grâce à lui ; {a} mais son successeur, fort différent de lui, s’est efforcé de la corrompre, comme Tudense le déclare par ces mots : « Au bienheureux Isidore (dit-il), succéda {b} Theodiscus, Grec de nation, instruit en diverses langues et s’exprimant avec élégance, mais en vérité (comme la suite de l’histoire l’a démontré) un loup extrêmement vorace sous une peau de brebis. » Avant qu’ils ne soient publiés, il gâta en effet certains livres d’Isidore qui traitaient d’histoire naturelle, de médecine et aussi d’art notoire, {c} en en ôtant des vérités et en y ajoutant des faussetés ; et il les fit traduire du latin en arabe par un Arabe du nom d’Avicenne]. {d}


  1. Grâce à Isidore.

  2. En 636.

    V. notule {b}, note [10], lettre latine 56, pour Lucas Tudense (Luc de Tuy), évêque et historien espagnol du xiiie s., qui a inventé le malfaisant personnage de Theodiscus (Teodisclo).

  3. « Moyen superstitieux par lequel on promet l’acquisition des sciences, par infusion et sans peine, en pratiquant quelques jeûnes et en faisant certaines cérémonies inventées à ce dessein » (L’Encyclopédie).

  4. V. notes [10] et [11], lettre latine 56, pour d’autres remarques sur l’attribution douteuse de l’opus medicum Avicennæ [œuvre médicale d’Avicenne (v. note [7], lettre 6)] à saint Isidore et sur la fable des deux Avicenne.

Cet article du Patiniana figure dans le manuscrit de Vienne (pages 39‑40).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Autres écrits : Ana de Guy Patin :
Patiniana I‑2 (1701). Note 42

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(Consulté le 29.11.2022)

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