À Charles Spon, le 10 avril 1650
Note [46]

Ce « petit volume in‑fo » qui attisait la querelle enre jésuites et jansénistes était intitulé :

Ioan. Martinez de Ripalda, e Societate Iesu, olim in Academia Salmanticensi Professoris Primarii, nunc in supremo Senatu Inquisitionis Generalis Fidei Censoris, adversus articulos olim a Pio v et Gregorio xiii, et novissime ab Urbano viii P.P. damnatos, Libri duo, ad disputationes de Ente supernaturali Appendix, et tomus iii.

[Deux livres de Ioan. Martinez de Ripalda, {a} de la Compagnie de Jésus, jadis premier professeur en l’Université de Salamanque, maintenant censeur de la foi dans le tribunal supérieur de l’Inquisition générale, contre les articles qu’ont jadis condamnés les papes Pie v et Grégoire xiii, et tout récemment le pape Urbain viii : {b} pour servir de tome iii et d’appendice aux disputations sur l’Être surnaturel]. {c}


  1. Juan Martinez de Ripalda (Pampelune 1594-Madrid 1648) avait enseigné la philosophie et la théologie.

  2. Pie v (en 1567) puis Grégoire xiii (en 1579) avaient condamné le Baïanisme, précurseur du jansénisme, développé à Louvain par Michel De Bay (Michael Baïus, 1513-1589). Urbain viii (en 1646) en avait fait de même pour l’Augustinus de Jansenius (v. note [7], lettre 96).

  3. Cologne, Cornelius ab Egmondt, 1648, in‑fo de 640 pages.

Les 24 disputations contenues dans cet ouvrage visaient essentiellement à attaquer les thèses développées par les théologiens de Louvain, qui ripostèrent par le :

Ioannis Martinez de Ripalda e Societate Iesu Vulpes capta per Theologos Sacræ Facultatis Academiæ Lovaniensis.

[Le Renard {a} de Ioannes Martinez de Ripalda, de la Compagnie de Jésus, capturé par les théologiens de la sainte Faculté de l’Université de Louvain]. {b}


  1. Ce renard est celui que saint Augustin a décrit dans son commentaire sur le Psaume 80 :

    Vulpes insidiosos, maximeque hæreticos significat, dolosos, fraudulentos, cavernosis anfractibus latentes et decipientes, odore etiam tetro putentes.

    [Le renard figure des hommes insidieux, surtout les hérétiques, gens fourbes, tropeurs, qui, pour mieux surprendre, se cachent dans des cavernes tortueuses, et qui infectent par l’odeur épouvantable qu’ils répandent].

  2. Louvain, Georgius Lipsius, 1649, in‑4o de 75 pages ; l’imprimeur (de même patronyme que Juste Lipse) porte la qualité de Sacræ Facultatis Bedellus [bedeau (appariteur) de la sainte Faculté].

    Les Annales de la Société des soi-disant jésuites (Paris, 1769, tome iv, v. note [26] du Naudæana 4 manuscrit) contiennent une traduction commentée de cet ouvrage (pages 333 [numérotée 233]‑445).


L’Inquisition condamna Ripalda, bien qu’il fût l’un de ses propres censeurs : le même tome iv des Annales (pages 446‑528) transcrit (en français) et commente les Décrets et censures de l’Inquisition générale d’Espagne et de celle de Valladolid contre xxii propositions que les jésuites et leurs fauteurs avaient enseignées et publiées contre S. Augustin, ses Écrits et sa Doctrine ; suivis des mémoriaux présentés à Philippe iv, roi d’Espagne, et à l’Inquisition générale de ce royaume, en dénonciation de ces propositions.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 10 avril 1650. Note 46

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(Consulté le 03.12.2022)

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