À Charles Spon, le 17 août 1643
Note [5]

« On crucifie, quand ils sont là, ceux qu’on couvre de louanges quand ils n’y sont plus. »

On trouve aussi cette citation dans Voltaire, qui l’attribuait pareillement à saint Augustin, mais dont nul n’a trouvé la source dans ses ouvrages. Voltaire l’aurait-il empruntée à Guy Patin, qu’il ne prisait guère ? Il le décrivait en effet comme un « médecin, plus fameux par ses lettres médisantes que par sa médecine. Son recueil de lettres a été lu avec avidité parce qu’elles contiennent des nouvelles et des anecdotes que tout le monde aime, et des satires qu’on aime davantage. Il sert à faire voir combien les auteurs contemporains qui écrivent précipitamment les nouvelles du jour sont des guides infidèles pour l’histoire. Ces nouvelles se trouvent souvent fausses ou défigurées par la malignité ; d’ailleurs, cette multitude de petits faits n’est guère précieuse qu’aux petits esprits » (Catalogue du Siècle de Louis xiv, v. les Avis critiques sur les Lettres).

Augustin (Tagaste 354-Hippone 430), évêque d’Hippone (l’actuelle ville de Bone en Algérie), saint, docteur et Père de l’Église catholique, eut une jeunesse païenne et brillante de rhéteur à Carthage, puis à Rome et à Milan. En 387, il se fit baptiser par saint Ambroise, rentra en Afrique pour s’y faire prêtre et être nommé évêque en 396. L’immense et durable influence d’Augustin sur la théologie chrétienne est centrée sur un précepte : Dieu est le destin de l’homme, perdu par le péché, sauvé par la grâce. La querelle des jansénistes sur le libre arbitre, qui agita le xviie s., a pris ses sources dans l’interprétation de saint Augustin (v. note [50], lettre 101).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 17 août 1643. Note 5

Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0091&cln=5

(Consulté le 02.10.2022)

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