Annexe : La maison de Guy Patin, place du Chevalier du Guet
Note [5]

La rue du Chevalier du Guet (I sur le plan infra) menait vers l’ouest de la place du Chevalier du Guet (H) à la rue des Lavandières (C) ; la rue Perrin Gasselin (J) (ou Pérain Gacelin, du nom que portait le quartier au Moyen Âge) menait à l’est de la place à la rue Saint-Denis (E). La description la plus précise que j’en en ai trouvée est le fo vi de la Topographie historique du Vieux Paris. Plan archéologique depuis l’époque romaine jusqu’au xviie siècle, dressée par Albert Lenoir (Paris, 1906).

Le Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments par Félix et Louis Lazare (Paris, F. Lazare, 1844, page 136) précise que l’arrêt du 12 fructidor an v (29 août 1797) avait fixé une largeur de 9,5 m à la place et de 6 m à la rue du Chevalier du Guet, et que l’ordonnance royale du 9 décembre 1838 avait porté ces deux largeurs à 10 m.

Les travaux du baron Haussmann (de 1852 à 1868) sont venus à bout de la place et de la rue du Chevalier du Guet, dans l’idée d’y bâtir un cirque, comme il l’a lui-même expliqué dans ses Mémoires (Paris, Victor Havard, 1893, tome iii, pages 540‑541) :

« Or, le dénivellement de tout le quartier environnant la place du Châtelet, motivé par l’abaissement à l’est de la butte que dominait la Tour Saint-Jacques, et par le rechaussement, à l’ouest, du quai de la Mégisserie et de ses abords, avait nécessité la démolition de toutes les maisons comprises, de la rue des Lavandières et la rue des Arcis, entre la ligne des quais et la rue de Rivoli.

L’hôtel de la Chambre des notaires, qui faisait le coin de la place et du quai de la Mégisserie, a été reconstruit au fond de la place dans l’axe du nouveau Pont au Change.

Quant au “ Veau-qui-tette ”, {a} il disparut dans le bouleversement général.

Un grand parallélogramme d’une superficie d’environ 9.400 mètres carrés (près d’un hectare), formé par le prolongement de la rue Saint-Denis, le quai de la Mégisserie, la rue des Lavandières et l’avenue Victoria, pouvait être affecté au cirque.

Sur l’autre côté de la place, un terrain de même largeur, mais beaucoup moins profond, circonscrit par le boulevard de Sébastopol, le quai de Gesvres, une rue d’isolement (la rue Adam) et la portion de l’avenue Victoria bordant le square Saint-Jacques, suffisait à l’installation du Théâtre-lyrique.

Le Conseil municipal adopta ma proposition de replacer sur ces trois points les théâtres dont la suppression n’était pas jugée possible ; mais, ce ne fut qu’après bien des hésitations, surtout au sujet du cirque et du Théâtre-lyrique. Il comprit finalement qu’il fallait doter le centre de Paris, déshérité sous ce rapport dans le passé, de deux grands théâtres, facilement accessibles de toutes parts et bien à portée des arrondissements de la rive gauche, auxquels l’Odéon ne pouvait suffire, même avec Bobino, le précurseur du Théâtre de Cluny. {b}

C’était un acte équitable et, en même temps, une mesure de bonne édilité. Car ce centre de Paris, si plein de vie dans la journée, semblait mort le soir, et il convenait de ne rien négliger de ce qui pouvait maintenir l’animation qu’y ramenaient chaque semaine les brillantes réceptions de l’Hôtel de Ville. »


  1. Fameuse auberge établie au xvie s. dans le voisinage du Grand-Châtelet.

  2. Aujourd’hui deux théâtres, bâtis dans les années 1860, se font face sur la place du Châtelet : celui du Châtelet (qui a porté le nom de Cirque impérial, en remplacement du vieux Cirque olympique), et celui de la Ville (qu’Haussmann appelait ici Théâtre-lyrique).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Annexe : La maison de Guy Patin, place du Chevalier du Guet. Note 5

Adresse permanente : //www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=8011&cln=5

(Consulté le 26.09.2020)

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