Autres écrits : Commentaires de la Faculté rédigés par le doyen Guy Patin (1650-1652) : 1A. Novembre 1650-novembre 1651, Actes de la Faculté de médecine
Note [5]

V. notes :

  • [3], lettre 12, pour François i Boujonnier (reçu docteur régent en 1620), qui se désista le 30 janvier 1651 (v. note [3] des Décrets et assemblées de la Faculté en 1650‑1651) pour être remplacé par Claude Perrault (reçu en 1642, v. note [6], lettre 698) ;

  • [23], lettre 146, pour Jacques Thévart (1627) ;

  • [30], lettre 392, pour Martin iv Akakia (1638), qui était alors professeur royal de chirurgie.

L’article liii des Statuta F.M.P. (1660, pages 50‑53) détaille la désignation, les fonctions et l’historique des professeurs de la Faculté de médecine de Paris :

Singulis annis duo Medicinæ Doctores, in Scholis inferioribus, Madicinam, Collegij Medici stipendiis, publice doceant : Quorum unus a Remigialibus ad Pascha hora septima, et a Paschale ad Remigalia hora sexta matituna Res naturales, et non naturales explicte : alter vero hora prima pomeridiana Res præter naturam interpreteretur, morborumque curandorum rationem, et materiam Medicam explicet : ita ut qui mane anno primo de Rebus naturalibus, et non naturalibus disseriterit, idem anno secundo, de Rebus præter naturam disputet, morborumque curandorum rationem, et materiam Medicam doceat, et bienno Cursum Medicum conficiat : sicque singulis annis post Festum Omnium Sanctorum Lector unus eligatur, qui Lectori bienni succedat.

Tertius his additus Chirurgiæ in Scholis Professor, Comitiis habitis die Sabatthi 4a Novembris 163. quibus more solito, electo in Decanum M. Carolo Guillemeau viva omnium voce primus renuntiatus qui Chirurgiam doceret M. Antonius Charpentier. Exinde dortito eligi cœpit Chirurgiæ Professor, Comitiis de more indictis die Sabbathi 8a Novembris 1636. quibus Decanus renuntiatus fuerat M. Philippus Harduinus de S. Jacques. Quartus denique accessit privatim destinatus Rei Herbariæ in Scholis Professor, Comitiis octava Iunij 1646. a Decano M. Iacobo Perreau pro solemni Formula, indictis et habitis, primusque non sorte, sed omnium voto quæsitus M. Franciscus Blondel, qui statim ab his Comitiis docendarum in Scholis Stirpium ac demonstrandum provinciam susciperet, in qua jubente Universo Ordine ad exactum usque annum 1655. perseveravit. Visum tandem Facultati, die Martis 19a Ianuarij ejusdem anni convocate a Decano M. Ioanne de Bourges, ut deinceps Professor Botanicus aliorum more eligeretur.

[Que tous les ans deux docteurs enseignent publiquement la médecine dans les basses salles des Écoles, aux dépens du Collège de médecine : que l’un d’eux, à sept heures du matin, depuis la Saint-Rémy {a} jusqu’à Pâques, et à six heures du matin, depuis Pâques jusqu’à la Saint-Rémy, explique les choses naturelles et non naturelles ; que l’autre, mais à une heure de l’après-midi, expose les matières contre nature et la manière de soigner les maladies, et explique la matière médicale ; {b} de sorte que celui qui aura discouru le matin sur les matières naturelles et non naturelles durant la première année, disputera, pendant la seconde année, des choses contre nature, et enseignera la manière de soigner les maladies, et que le cours de médecine s’achève tous les deux ans ; et qu’ainsi, chaque année après la Toussaint, un lecteur soit élu, qui succédera au lecteur qui a servi pendant deux ans. {c}

Un troisième professeur de chirurgie leur a été adjoint dans les Écoles, lors de l’assemblée tenue le 4e de novembre 1634, durant laquelle, un doyen ayant été élu, suivant la coutume, en la personne de M. Charles Guillemeau, M. Antoine Charpentier a été déclaré par acclamation unanime premier régent à enseigner la chirurgie. {d} Ensuite, on a commencé à élire le professeur de chirurgie par tirage au sort, lors de l’assemblée coutumière du samedi 8e de novembre 1636, au cours de laquelle M. Philippe Hardouin de Saint-Jacques a été déclaré doyen. {e} Enfin, a été ajouté dans les Écoles un quatrième professeur particulièrement chargé de la matière botanique, lors de l’assemblée annoncée et tenue, suivant la règle ordinaire, par M. Jacques Perreau, doyen, le 8e de juin 1646 ; et M. François Blondel a été nommé, {f} non par par tirage au sort, mais par vote de tous les docteurs ; l’assemblée lui a confié la charge d’enseigner et démontrer les plantes, fonction dans laquelle il a persévéré avec diligence, à la satisfaction du Collège tout entier, jusqu’à l’an 1655. Lors de l’assemblée convoquée par le doyen, M. Jean de Bourges, le mardi 19e de janvier de la même année, il a cependant semblé à la Faculté que le professeur de botanique devait être désormais élu à la manière des autres professeurs]. {g}


  1. Le 1er octobre.

  2. V. note [13] des Pièces liminaires du Traité de conservation de la santé pour la distinction des choses ou qualités du corps humain en trois catégories : naturelles (physiologie et anatomie), non naturelles (hygiène) et contre nature (pathologie).

  3. Autrement dit, élus pour deux ans, les professeurs de médecine (autrement nommés professeurs des Écoles, professores Scholarum, v. notule {c}, note [70] des Décrets et assemblées de la Faculté de médecine en 1651‑1652) enseignaient en alternance la physiologie (incluant l’anatomie et l’hygiène) le matin pendant la première année de leur mandat, puis la pathologie pendant la seconde ; si bien que, durant leurs quatre années préparatoires au baccalauréat (v. note [2], lettre 39), les étudiants suivaient successivement les cours de cinq professeurs différents (désignés par les lettres A à E) : 1ère année, B le matin et A l’après-midi ; 2e année, C et B ; 3e année, D et C ; 4e année, E et D. En toute logique, un nouveau régent de physiologie était désigné chaque année (dans l’ordre B à E) en novembre pour remplacer celui qui avait achevé sa seconde année consacrée à la pathologie (A à D). Cette élection se faisait nécessairement un an à l’avance parce que le cours commençait juste après la Saint-Rémy (1er octobre), c’est-à-dire un mois avant les désignations suivantes des professeurs, qui avaient lieu au début du mois de novembre. Cela permettait aussi au futur professeur de préparer ses cours pour les deux années d’enseignement qui l’attendaient et pour organiser sa pratique en vue de disposer des nombreuses demi-journées requises pour lire ses leçons aux étudiants.

  4. V. note [5], lettre 3, pour Charles Guillemeau (nommé docteur en 1626) ; Antoine ii Charpentier (1623) a été correspondant de Patin. Le professeur de chirurgie exerçait sa charge pendant une année. V. note [71] des Décrets et assemblées de 1651‑1652 pour de plus amples détails sur la création de cette chaire.

  5. V. note [15], lettre 54, pour Philippe ii Hardouin de Saint-Jacques (1625).

  6. V. notes [14], lettre 146, pour Jacques Perreau (1614), et [11], lettre 342, pour François Blondel (1632).

    Il existait en outre deux professeurs de pharmacie (v. note [5], lettre 21).

  7. François Blondel a enseigné la botanique sans discontinuer de 1646 à 1655, et ce sans doute très volontiers, étant donné sa passion pour cette matière (v. note [7] des Actes de 1651‑1652).

La note [70] des Décrets et assemblées de la Faculté de médecine en 1651‑1652 donne une instructive leçon pratique sur l’élection des professeurs de la Faculté (en novembre 1645), sur la durée de leurs mandats et sur leurs subtiles alternances.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Autres écrits : Commentaires de la Faculté rédigés par le doyen Guy Patin (1650-1652) : 1A. Novembre 1650-novembre 1651, Actes de la Faculté de médecine. Note 5

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(Consulté le 05.07.2022)

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