Annexe : Une thèse de Guy Patin : « L’homme n’est que maladie » (1643)
Note [51]

Pline, Histoire naturelle, livre vii, chapitre i, § 3‑4 (Littré Pli, volume 1, pages 279) :

Ab hoc lucis rudimento quæ ne feras quidem inter nos genitas vincula excipiunt et omnium membrorum nexus ; itaque feliciter natus jacet manibus pedibusque devinctis, flens animal cæteris imperaturum, et a suppliciis vitam auspicatur unam tantum ob culpam, qua natum est. Heu dementia ab his initiis existimantium ad superbiam se genitos !

Prima roboris spes primumque temporis munus quadripedi similem facit. Quando homini incessus ! quando vox ! quando firmum cibis os ! quam diu palpitans vertex, summæ inter cuncta animalia imbecillitatis indicium !

[Après cet apprentissage de la lumière, des liens, épargnés même aux bêtes dans la domesticité, le saisissent et garrottent tous ses membres. Heureuse naissance ! le voilà étendu pieds et mains liés, pleurant, lui, cet être qui doit commander aux autres ! et il commence la vie par des supplices sans avoir commis autre faute que celle d’être venu au monde ! Quelle démence que de se croire, après de tels débuts, des droits à l’orgueil !

À la première apparence de force, par le premier bienfait du temps, il devient semblable à un quadrupède. Quand a-t-il la marche d’un homme ? quand la voix ? quand sa bouche est-elle capable de broyer les aliments ? combien de temps ne sent-on pas des battements au haut de sa tête, indice de la plus grande faiblesse entre tous les animaux ?] {a}


  1. v. infra note [54], pour la fontanelle qui cesse de battre chez le petit enfant.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Annexe : Une thèse de Guy Patin : « L’homme n’est que maladie » (1643). Note 51

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(Consulté le 03.12.2020)

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