De Christiaen Utenbogard, le 21 août 1656
Note [58]

Equitis Poloni Apologia adversus Edictum Illustr. et Præpotent. D.D. ordinum Hollandiæ et West-Frisiæ, de 19. Sept. A.D. clɔ lɔc liii. quo Socinianæ Doctrinæ Propagatio coerceretur : Examinata a Johanne Coccejo, S.S. Theol. in Acad. Lugd. Bat. Professore.

[Apologie du chevalier polonais contre le décret des très illustres et tout-puissants MM. des États de Hollande et de Frise-Occidentale, daté du 19 septembre 1653, qui interdit la propagation de la doctrine socinienne, examinée par Johannes Cocceius, {a} professeur de très sainte théologie en l’Université de Leyde]. {b}


  1. Johannes Cocceius (Johannes Koch ou Cock, Brême 1603-Leyde 1699) est le fondateur du coccéianisme, à partir d’une lecture rénovée de la Bible. Voetius l’accusa d’hérésie et de complaisance socinienne.

    Le Dictionnaire de Trévoux (1743-1752) a résumé les convictions des coccéiens :

    « Nom de nouveaux sectaires qui sont répandus dans toute la Hollande et dans les pays voisins. Ils tirent leur nom de Jean Cocceius, professeur en théologie dans l’Académie de Leyde, qui était très savant dans la langue hébraïque. Les autres professeurs calvinistes lui donnèrent le nom de Scripturarius parce que, lisant continuellement l’Écriture, il y avait découvert plusieurs choses qui n’étaient point connues auparavant : il trouvait entre autres choses presque dans toutes les prophéties de l’Ancien et du Nouveau Testament le règne de Jésus-Christ et celui de l’Antéchrist qui lui est opposé. On dit de lui, qu’il voyait partout le Messie et que Grotius, {i} au contraire, qu’il combat ordinairement, ne le voyait en aucun endroit. […] Il croit qu’il doit s’élever dans le monde un règne de Jésus-Christ qui abolira le règne de l’Antéchrist ; que quand le règne de Jésus-Christ sera aboli, avant la fin du monde, après la conversion des Juifs et de toutes les nations, l’Église sera alors fort éclatante : selon lui la Jérusalem céleste qui est décrite dans l’Apocalypse, représente la condition de l’Église telle qu’elle doit être glorieuse sur la Terre, et non celle qui doit triompher dans le Ciel. Les Coccéiens font aujourd’hui un grand parti dans les Provinces-Unies. Voetius et Desmarets {ii} condamnèrent plusieurs opinions de Cocceius comme hérétiques ; et ils prétendirent même qu’il était socinien {iii} en beaucoup de choses ; ils le traitaient de novateur et d’homme qui s’attachait trop à l’Écriture ; pour ce qui est du socinianisme, il serait aisé de l’en justifier : il a combattu avec force les sociniens dans ses commentaires sur l’Écriture. Tout ce qu’on peut dire de lui, c’est qu’il a avancé quelques visions et qu’il a eu des pensées trop particulières. »

    1. Hugo Grotius, v. note [2], lettre 53.

    2. Samuel Desmarets, v. note [14], lettre 76.

    3. V. note [13], lettre 127.
  2. Leyde, Johannes Elsevier, 1656, in‑4o. Ce livre contient :

    • la traduction en latin du décret prononcé à Leyde en 1653.

    • l’Apologia du chevalier polonais écrite en 1654 (pages 1‑312), entrecoupée par l’examen ligne à ligne qu’en ont fait les magistrats hollandais.

Imprimer cette note
Citer cette note

x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – De Christiaen Utenbogard, le 21 août 1656. Note 58

Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=9065&cln=58

(Consulté le 27.09.2022)

Licence Creative Commons