À Jean-Baptiste de Salins, le 28 mars 1651
Note [6]

« La division des médicaments purgatifs en cholagogues, phlegmagogues et mélanagogues {a} est tout à fait insensée et inepte. Quoi que cela promette en effet, c’est complètement faux : l’humeur va à obéir {b} à sa propre nature et se prépare à l’excrétion, non pas en étant tirée par un médicament, mais en ayant été mise en mouvement et emportée par une irritation ; ainsi elle poussera les premiers résidus du ventre qui bouchaient les premiers passages et le canal des intestins ; après quoi, les humeurs séreuses s’écoulent et se ruent par l’issue qui leur est offerte ; tandis que sont rejetées les humeurs épaisses et visqueuses qui sont expulsées par les conduits des viscères, et celles épaisses et muqueuses qui le sont ou par le pancréas, ou par le mésentère ; et c’est là ce qu’on appelle vulgairement des glaires ; avouez cependant qu’en toute cette affaire, extrêmement embrouillée et difficile, demeure quelque chose d’ineffable et qu’on ne peut expliquer de prime abord. »


  1. Médicaments qui purgent respectivement la bile, la pituite et l’atrabile ; v. note [9] de la lettre de Caspar Hofmann, datée du printemps 1646.

  2. Avec sequari pour sequi.

Le passage où Galien commente la distinction des purgatifs entre eux selon l’humeur qu’ils drainent principalement se trouve au chapitre i de son traité De purgantium medicamentorum Facultate [Faculté des médicaments purgatifs] (Kühn, volume 11, pages 325‑326) : il réfute l’idée qu’existe un médicament purgatif universel, considérant que cette qualité appartient à la seule saignée par phlébotomie.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Jean-Baptiste de Salins, le 28 mars 1651. Note 6

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(Consulté le 01.12.2022)

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