À Charles Spon, le 16 septembre 1653
Note [6]

Jean-Baptiste Damascène (qu’on ne doit pas confondre avec Jean Damascène, médecin perse du ixe s. assimilé à Mésué ou à son fils, v. note [25], lettre 156) pratiquait et professait la médecine hermétique. Ses œuvres sont composées de cinq livres, publiés de 1661 à 1663, tout emprunts d’ésotérisme et d’astrologie, fondés sur des commentaires d’Hippocrate, de Galien et de l’obscur Hermès Trismégiste (v. note [9], lettre de Thomas Bartholin le 18 octobre 1662). À titre d’exemple démonstratif de sa production délirante, voici le titre complet du dernier de ces ouvrages :

Flagellum medicorum astronomiæ imperitorum sive dies iuditii de diebus decretoriis opus tertium. A Galeno præclaris medicis scriptum contra medicos vulgares stollide Medicinam exercentes cuius doctrinæ nec verbum quidem intelligentes, itaut Medici nomine decorari non mereantur ; tamquam Theoriæ et practicæ (secundum authores celeberrimos) inscii. Ce présent livre est la base de toute la médecine, sans l’intelligence duquel il est défendu aux médecins par les lois divines et humaines de pratiquer ladite science, sous peine de punition corporelle. Par Messire I.B. Damascène, conseiller du roi en ses Conseils d’État et médecin ordinaire de Sadite Majesté. Secundum Seriem nostram, liber quintus [Le Fouet des médecins ignorants en astronomie, ou le jour du jugement sur les jours critiques, troisième ouvrage. Écrit par Galien contre les médecins ordinaires qui exercent stupidement la médecine et ne comprennent pas même un mot de sa doctrine, au point qu’ils ne méritent pas d’être honorés du nom de médecin ; tout comme ils n’ont aucune connaissance de la théorie et de la pratique (selon les auteurs les plus célèbres)… Cinquième livre dans l’ordre de notre série] (Paris, chez l’auteur, 1663, petit in‑fo de 42 pages).

On y trouve d’abord un Factum contra medicos astronomiæ ignaros et cælestibus virtutibus haud deditos [contre les médecins ignorants de l’astronomie et qui ne sont pas inspirés par les vertus célestes] (adressé aux membres du Conseil royal) (six pages). Le corps de l’ouvrage est une pure et simple transcription en latin avec traduction française des 13 chapitres du livre troisième de Galien des Jours critiques (35 pages). À la fin se trouvent deux épigrammes de dix vers chacune (signées A. de Lionne et N. de Fargues), dont la seconde fait un rapprochement étymologique entre Damascenum et domas cænum [tu domptes la fange].

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 16 septembre 1653. Note 6

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(Consulté le 17.11.2019)

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