À André Falconet, le 1er mars 1658
Note [6]

Le livre vii de l’Histoire naturelle de Pline contient la génération des hommes, leurs institutions et l’invention des arts. De longs passages, illustrés de maints exemples, traitent des vicissitudes de la destinée humaine.

Sans doute Guy Patin voulait-il faire allusion à ce que Pline dit de l’homme dans le chapitre i (§ 5 et  6, Littré Pli, volume 1, pages 279‑280) :

Uni animantium luctus est datus, uni luxuria, et quidem innumerabilibus modis, ac per singula membra : uni ambitio, uni avaritia, uni inmensa vivendi cupido, uni superstitio, uni sepulturæ cura atque etiam post se de futuro. Nulli vita fragilior, nulli rerum omnium libido major, nulli pavor confusior, nulli rabies acrior. Denique cætera animantia in suo genere probe degunt : congregari videmus et stare contra dissimilia. Leonum feritas inter se non dimicat : serpentium morsus non petit serpentes : ne maris quidem belluæ ac pisces, nisi in diversa genera sæviunt. At Hercules homini plurima ex homine sunt mala.

[À lui seul entre les animaux a été donné le deuil ; à lui le luxe, et le luxe sous mille formes et sur chaque partie de son corps ; à lui l’ambition, à lui l’avarice, à lui un désir immense de vivre, à lui la superstition, à lui le soin de la sépulture, et le souci même de ce qui sera après lui. Aucun n’a une vie plus fragile, aucun des passions plus effrénées pour toute chose, aucun des peurs plus effarées, aucun de plus violentes fureurs. Enfin, les autres animaux vivent honnêtement avec leurs semblables ; nous les voyons se réunir et combattre contre des espèces différentes ; les féroces lions ne se font pas la guerre entre eux ; la dent des serpents ne menace pas les serpents ; les monstres même de la mer et les poissons ne sont cruels que pour des espèces différentes. Mais certes c’est de l’homme que l’homme reçoit le plus de maux].

Le livre vii de l’Histoire naturelle est celui qui a le plus inspiré Patin dans sa thèse « L’homme n’est que maladie » (1643).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 1er mars 1658. Note 6

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(Consulté le 15.08.2020)

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