À Adamus Stevartus, le 26 décembre 1653
Note [6]

Plusieurs passages de la Doctrine curieuse de François Garasse (Paris, 1623, v. note [1], lettre 58) parlent de Vanini (qu’il appelle Lucile Vanin), dont ce récit de son exécution (pages 146‑147) :

« Aussitôt après sa condamnation, il leva le masque et voyant qu’il n’y avait plus d’espérance pour lui, dit et publia que pour lui il était en cette créance qu’il n’y avait point d’autre Dieu au monde que la Nature ; proféra plusieurs impiétés contre Jésus-Christ ; avoua qu’il était sorti de Naples avec onze compagnons, lesquels, comme douze apôtres de Satan, s’étaient départis en divers endroits de l’Europe pour introduire cette nouvelle créance, et que la France lui avait échu pour quartier ; qu’il avait composé des livres touchant les principes de sa doctrine, qui étaient comme l’introduction à l’athéisme ; que pour lui, il ne pouvait se repentir ni modifier aucune de ses propositions. Quant à l’amende honorable que la Cour demandait de lui suivant la forme ordinaire, à Dieu, au roi et à la Justice : “ Pour Dieu, dit-il, je n’en crois point ; pour le roi, je ne l’ai point offensé ; pour la Justice, que les diables l’emportent, si toutefois il y a des diables au monde. ” Étant sur le gibet, il proféra encore trois ou quatre notables impiétés, et mourut enragé. »

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Adamus Stevartus, le 26 décembre 1653. Note 6

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(Consulté le 27.05.2020)

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