Annexe : Deux lettres de Guy Patin à ses fils
Note [63]

Consultation de Panurge (v. note [4], lettre 132), pour sa fiancée, auprès du médecin Rondibilis (Guy Patin n’a jamais mis le titre de docteur devant le nom d’un médecin, cette manière de faire date du xixe s.), au Tiers Livre, chapitre xxxiv :

« “ J’en voudrais voir l’urine (dit Rondibilis), {a} toucher le pouls, et voir la disposition du bas-ventre et des parties ombilicales, comme nous commande Hippo. Apho. 35 avant outre procéder ”. “ Non, non (dit Panurge), cela ne fait à propos. C’est nous autres légistes qui avons la rubrique, De ventre inspiciendo. {b} Je lui apprête un clystère barbarin. {c} Ne laissez d’ailleurs vos affaires plus urgentes. Je vous enverrai du rislé {d} en votre maison. Et serez toujours notre ami. ” Puis s’approcha de lui, et <Panurge> lui mit en main sans mot dire quatre nobles à la rose. {e} Rondibilis les prit très bien, puis lui dit en effroi, {f} comme indigné : “ Hé, hé, hé, Monsieur, il ne fallait rien. Grand merci toutefois. De méchantes gens jamais je ne prends rien. Rien jamais des gens de bien je ne refuse. Je suis toujours à votre commandement. ” “ En payant ”, dit Panurge. “ Cela s’entend ”, répondit Rondibilis. »


  1. Pour son Rondibilis, Rabelais s’était inspiré de Guillaume Rondelet (v. note [13], lettre 14), qui avait été un de ses maîtres en médecine à l’Université de Montpellier.

  2. « Sur la manière de constater la grossesse. »
  3. Violent, drastqiue.

  4. Des rillettes.

  5. Ancienne monnaie d’or anglaise.

  6. Avec emportement.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Annexe : Deux lettres de Guy Patin à ses fils. Note 63

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(Consulté le 23.10.2019)

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