Annexe : Une thèse de Guy Patin : « L’homme n’est que maladie » (1643)
Note [65]

Sénèque (Lettres à Lucilius, livre xvii, épître cviii) :

Quod fugit occupandum est. Hæc non cogitat ille qui grammatici oculis carmen istud legit, ideo optimum quemque primum esse diem quia subeunt morbi, quia senectus premit et adhuc adulescentiam cogitantibus supra caput est, sed ait Vergilium semper una ponere morbos et senectutem. Non, mehercules, immerito : senectus enim insanabilis morbus est.

[Il faut saisir ce qui fuit. Telle n’est pas la pensée de celui qui lit ce poème avec des yeux de grammairien : combien le début est ce qu’il y a de meilleur dans la vie ; parce qu’après viennent les maladies, parce que la vieillesse nous serre de près et plane sur nos têtes encore pleines des rêves de l’adolescence ; mais il observe que Virgile place toujours ensemble les maladies et la vieillesse, {a} et non sans raison bien sûr, car la vieillesse est une maladie incurable].


  1. Référence de Sénèque à la description des Enfers (Orcus) par Virgile (Énéide, chant vi, vers 273-277) :

    Vestibulum ante ipsum, primisque in faucibus Orci
    luctus et ultrices posuere cubilia curæ ;
    pallentesque habitant morbi, tristisque senectus,
    et metus, et malesuada fames, ac turpis egestas,
    terribiles visu formæ, letumque, labosque
    .

    [Devant l’entrée même, aux premières bouches d’Orcus, les pleurs et les soucis vengeurs ont posé leurs couches ; les pâles maladies et la triste vieillesse y habitent, et la crainte, et la faim, mauvaise conseillère, et l’indigence honteuse, figures effrayantes à voir, et le trépas et la peine].

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Annexe : Une thèse de Guy Patin : « L’homme n’est que maladie » (1643). Note 65

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(Consulté le 28.11.2020)

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