Annexe : L’ultime procès de Théophraste Renaudot contre la Faculté de médecine de Paris, perdu le 1er mars 1644
Note [68]

Les deux libelles de Théophraste Renaudot en 1641 sont sa Réponse… au libelle fait contre les consultations charitables pour les pauvres malades (v. supra note [17]) et les Remarques sur l’Avertissement… par Maschurat compagnon imprimeur (v. note [11], lettre 57).

Gilles de La Tourette a soigneusement analysé et relaté les faits que Guy Patin se remémorait (pages 161‑164). Le doyen Guillaume Du Val accompagné de son prédécesseur, Simon Bazin, et du censeur de la Faculté, René Chartier, avaient été convoqués au Palais Cardinal le 14 mai 1661. Richelieu les reçut avec son médecin, François Citois, et les tança d’importance pour l’obstination de la Faculté à refuser le doctorat à Isaac et Eusèbe Renaudot. Du Val promit d’arranger la querelle et assembla la Compagnie le 17 mai :

« Mais toutes ses tentatives de conciliation échouèrent car les docteurs présents décrétèrent :

“ Qu’on poursuivrait le procès intenté à Renaudot, le calomniateur de la Faculté ; qu’on adresserait des félicitations à Me René Moreau et à Me Jean Riolan, médecin de la reine mère, {a} qui avaient écrit des libelles apologétiques pour l’École ; {b} que celle-ci ferait les frais de leur impression ; qu’il était permis à tout docteur d’écrire contre Renaudot et de réfuter ses écrits. ”

L’effervescence des esprits monta si haut que Richelieu, à qui Moreau avait osé dédier son libelle, se crut obligé d’intervenir et défendit qu’on n’écrivît plus rien sur ce sujet. » {c}


  1. Marie de Médicis, exilée hors de France depuis 1631.

  2. V. supra note [36].

  3. Gilles de La Tourette a puisé son récit dans les Comment. F.M.P (tome xiii, dernières lignes du fo 116 vo) ; en voici la transcription exacte (qui présente quelques difficultés) et une traduction plus fidèle :

    Ann. Dom. 1641. Die 17. Maij Comitia maiora habita sunt in quibus Decretum fuit 1o Agendum contra Theoph. Renaudotum Calumniatorem 2o Laudandos M. Renatum Moreau, Doctorem Medicum, et M. Ioannem Riolan, Doct. Med. et Archiatrum Reginæ Matris, qui libellos apologeticos Gallico idiomate scripserant pro Facultate contra Renodautum, imo typographiæ impensas de Facultatis ærario esse persolvendas 3o Licere Doctori cuilibet scibere adversus Theoph. Renaudot eumque confutare. Verum effervescentibus in dies animis et paulatim incandescentibus atque tandem exacerbatis, vetuit Cardinalis Eminentissimus quod a quovis de ea re scriberetur.

    [En l’assemblée générale du 17e de mai 1641, il a été décrété qu’il fallait : 1o poursuivre en justice le calomniateur Théophraste Renaudot ; 2o louer M. René Moreau, docteur en médecine, et M. Jean Riolan, docteur en médecine et premier médecin de la reine mère, qui ont écrit des libelles en langue française pour défendre la Faculté contre Renaudot, et même de régler les dépenses de leur impression aux frais de la Compagnie ; 3o permettre à tout docteur qui le voudra d’écrire contre Renaudot et de le réfuter. Mais les esprits s’échauffant de jour en jour et s’embrasant peu à peu, jusqu’à s’emporter, l’éminentissime cardinal a interdit à quiconque d’écrire quoi que ce fût sur ce litige].


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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Annexe : L’ultime procès de Théophraste Renaudot contre la Faculté de médecine de Paris, perdu le 1er mars 1644. Note 68

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(Consulté le 15.07.2020)

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