Annexe : Le manuscrit 2007 de la Bibliothèque interuniversitaire de santé (recueil Peÿrilhe)
Note [68]

Dans la phrase précédente, Pierre Suë a rayé « mouvements » pour le remplacer par « manies ». Une manie (Littré DLF) était une « aliénation caractérisée par un délire général avec agitation, irascibilité, penchant à la fureur ». Cependant, je ne garantis pas l’exactitude du mot que j’ai transcrit car il n’est pas distinctement écrit.

La neurologie distingue aujourd’hui trois catégories d’affections (syndromes) touchant la moitié du visage (si on écarte l’épilepsie localisée, dite bravais-jacksonienne, spasme indolore de l’hémiface qui intéresse aussi ordinairement le membre supérieur du même côté) :

  • l’algie vasculaire de la face s’apparente à la migraine, crise douloureuse, qui s’accompagne de larmoiement et d’obstruction nasale, sans spasme ;

  • la névralgie du trijumeau (ve nerf crânien) , éclair atrocement douloureux de l’hémiface parfois accompagnée de spasme (tic douloureux) ;

  • l’hémispasme facial, indolore (v. note [1] de l’Observation 20).

L’observation relatée dans le ms BIU Santé 2007 correspondait à ce dernier diagnostic.

Le spasme cynique proprement dit, ou rire sardonique, contracte en même temps les deux côtés du visage, comme l’entendait Cælius Aurelianus (v. supra notes [66] et [67]). Apparenté au trismus (dont les causes sont locales ou générales), c’est une contracture qui touche principalement les muscles masticateurs (masséters) et n’évolue pas par accès intermittents (crises). Il est généralement douloureux.

La définition du spasme cynique dans Trévoux est à oublier aujourd’hui car elle le confond avec l’hémispasme facial véritable : « convulsion particulière des muscles maxillaires qui tirent de côté la bouche, le nez et l’œil, et par conséquent la moitié du visage. On la nomme aussi contorsion de bouche. Il vient de kunikos, de chien, parce que cette convulsion imite la contorsion de gueule que les chiens font quand ils sont irrités. »

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Annexe : Le manuscrit 2007 de la Bibliothèque interuniversitaire de santé (recueil Peÿrilhe). Note 68

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(Consulté le 25.10.2020)

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