À Charles Spon, le 25 novembre 1653
Note [69]

v. note [3], lettre 314, pour la Favilla ridiculi muris… de François Bernier et le traité De varia Aristotelis Fortuna… de Jean de Launoy publiés sous la même couverture.

François Bernier (Joué, aujourd’hui Valanjou en Maine-et-Loire, 1620-Paris 1688) avait été reçu docteur en médecine de l’Université de Montpellier en 1652. Il quitta la France en 1654 pour aller parcourir l’Orient : il passa d’abord en Syrie puis se rendit en Égypte pour séjourner au Caire pendant un an ; après y avoir été atteint de la peste, il s’embarqua à Suez et fit voile vers les Indes où il résida pendant 12 ans ; l’empereur Aureng-Zeyb l’honora du titre de son médecin. Bernier revint en France en 1670 et 15 ans après, alla visiter l’Angleterre. De retour à Paris, il s’y fixa définitivement. Ses excursions lointaines l’ont plus fait connaître que son savoir en médecine et lui ont valu le surnom de Mogol, qu’on lui a donné pour le distinguer de ses homonymes. Il a donné la description de plusieurs contrées, du pays de Cachemire, par exemple, qu’aucun Européen n’avait encore parcourues, et de grandes lumières sur l’histoire de l’Inde à une de ses plus brillantes époques. Forster l’a placé avec raison au premier rang des historiens de l’Inde. Il eut le mérite d’avoir fait connaître un des premiers les maladies et la médecine de l’Indoustan (J. in Panckoucke).

Sa Favilla ridiculi muris [Cendre chaude d’une ridicule souris… (1653)] avait été précédée d’une Anatomia ridiculi muris, hoc est Dissertatiunculæ I.B. Morini, astrologi, adversus expositam a P. Gassendo Epicuri philosophiam. Itemque obiter, prophetiæ falsæ a Morino ter evulgatæ de morte eiusdem Gassendi… [Anatomie d’une ridicule souris, c’est-à-dire du minable petit discours de l’astrologue Jean-Baptiste Morin contre la philosophie d’Épicure exposée par P. Gassendi. Avec aussi, au passage, les fausses prophéties que Morin a prononcées par trois fois sur la mort du même Gassendi] (Paris, Michel Soly, 1651, in‑4o). Pour se moquer de Morin, qui s’était ridiculisé en prédisant la mort imminente de Gassendi, Bernier disait que son nom venait de mus, muris, la souris en latin. Bernier fut ami d’enfance de Molière durant leurs études au Collège de Clermont.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 25 novembre 1653. Note 69

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(Consulté le 24.11.2020)

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