À Claude II Belin, le 20 juillet 1656
Note [7]

Pierre Jeannin (Autun 1540-vers 1622), dit le président Jeannin, était fils d’un tanneur qui avait été échevin d’Autun. Pierre étudia à Paris et à Bourges, sous Jacques i Cujas, fut reçu avocat à Dijon en 1569 et mena dans sa jeunesse une vie fort débauchée. Conseiller de la province de Bourgogne, il réussit à empêcher le massacre des protestants à Dijon (1572) : deux envoyés du roi ayant apporté des ordres d’exécution, Jeannin, malgré sa jeunesse, sut persuader les conseillers d’attendre de nouveaux ordres qui n’arrivèrent pas. Il fut en 1575 nommé gouverneur de la chancellerie de Bourgogne. L’année suivante, député du tiers aux états de Blois (1576), il soutint avec la majorité de son ordre le parti de la tolérance envers les protestants et n’en fut pas moins créé par Henri iii conseiller au parlement de Dijon, puis président. Conseiller intime du duc de Mayenne, il le suivit à Paris en 1589, entra dans le parti de la Ligue, fut chargé de diverses missions, rédigea le traité de son parti avec l’Espagne, mais fit cependant des efforts persévérants pour s’opposer aux projets ambitieux du roi Philippe ii sur la France et pour ramener la concorde entre les partis. Il négocia la paix entre Mayenne et Henri de Navarre.

Après la victoire de Fontaine-Française (Côte-d’Or), qui mit fin à la huitième et dernière guerre de Religion, le 5 juin 1595, Henri iv s’attacha Jeannin et le nomma conseiller d’État puis intendant des finances. Jeannin eut part à la paix de Vervins (2 mai 1598), à la préparation de l’édit de Nantes (13 avril 1598), au traité de 1601 avec la Savoie, au rétablissement des jésuites (1604, ce que Sully lui a reproché, non sans raison), et négocia la trêve de Douze Ans entre l’Espagne et la Hollande (1609-1621, v. notes [6], lettre 453, et [10], lettre 529). L’inquiète jalousie de Sully ne fut pas étrangère à ces missions qui éloignaient momentanément son rival. La paix, qu’il sut faire signer sous le nom de trêve, lui valut de la part des Provinces-Unies une très vive reconnaissance : on peut le considérer comme le fondateur de cette république. Henri iv avait pour lui la plus haute estime et l’avait recommandé à Marie de Médicis qui, après la mort de son époux, chargea le président Jeannin de l’administration des finances et de la direction des affaires les plus importantes. Éloigné un instant par les intrigues du maréchal d’Ancre, il fut bientôt rappelé (G.D.U. xixe s.).

Guy Patin signalait ici la parution des Négociations de Monsieur le président Jeannin (Paris, Pierre Le Petit, 1656, in‑fo), publiées par l’abbé de Castille, son petit-fils, et dédiées « à Messire Nicolas Fouquet, chevalier, vicomte de Melun et de Vaux, conseiller du roi en tous ses Conseils, ministre d’État, surintendant des finances de France, et procureur général de Sa Majesté ».

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude II Belin, le 20 juillet 1656. Note 7

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(Consulté le 28.10.2021)

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