À Charles Spon, le 2 juin 1657
Note [7]

Joseph Scaliger a aussi parlé de son projet dans trois lettres à Charles Labbé (v. note [5], lettre 487) écrites en 1606.

  • Ép. lat. livre iv, cccli (14 novembre julien, sans lieu, page 675‑677) :

    Scribis mihi, luculenta Iosephi exemplaria, extare in Bibliotheca. Oro te, ut in libris in Apionem videas, an historia extet, quæ in excusis Græcis deest : in Rufino autem tota extat. Locus est paginæ 942 ubi lacuna relicta est. Utinam eam nobis explere possis ! Deinde libro ιδ. cap. 15. της αρχαιολογ. multa desiderantur dogmata, quæ Latina Rufini editio habet. Si exemplaria illa haberem, Iosephum meliorem dare possem. Sed senectus longinquum iter instituere prohibet.

    [Vous m’écrivez qu’il existe de remarquables copies de Josèphe dans la Bibliothèque royale. Je vous prie de regarder si dans les livres Contre Apion il n’y a pas l’histoire qui manque dans les éditions grecques ; mais on la trouve tout entière dans celle de Ruffin. C’est à la page 942 où il subsiste une lacune. Dieu fasse que vous puissiez la combler pour nous ! Ensuite, au livre 14, chap. 15, des Antiquités, on déplore l’absence de plusieurs maximes qui se trouvent dans l’édition latine de Rufinus. Si j’avais ces copies, je pourrais donner un meilleur Josèphe, mais la vieillesse et la longueur du chemin à parcourir m’empêchent de l’entreprendre].

  • Ép. lat. livre iv, ccclii (de Leyde, le 13 décembre julien, page 677‑678) :

    Si locorum Iosephi, quorum alteris literis memini, ope tua copia mihi fiat, unde lacunæ in editionibus expleantur, magnam a me inibis gratiam.

    [Je vous serais très reconnaissant si par votre entremise on me donnait accès aux passages de Josèphe dont j’ai fait mention dans d’autres lettres, d’où s’expliqueraient les lacunes de ce qu’on a édité].

  • Ép. lat. livre iv, cccliii (sans date ni lieu, page 679‑681) :

    Mirum vero, de tot Iosephi Codicibus, ne unum quidem absolutum reperiri. Quia vero characterem antiquum omnium esse dicis, fieri non potest, quin multa ex illis corrigi possint, quæ depravata in editione circumferuntur. Unum velim affirmanti mihi credas, infinita esse in Iosephi vulgata illa editione, quæ nemo intelligit. Quædam, ut puto, feliciter eruimus. Sed si varias omnium codicum lectiones nancisceremur, non pigeret, etiam de illo præstantissimo scriptore mereri.

    [Il est vraiment étonnant qu’on n’ait pas retrouvé un seul des originaux de Josèphe. Vous affirmez l’authenticité de tout ce qu’on a, mais c’est impossible car l’édition corrompue qui circule regorge d’erreurs à corriger. Je voudrais que vous me croyiez quand je dis que dans cette édition courante de Josèphe il y a quantité de choses que personne ne comprend. Nous en avons heureusement, je pense, découvert certaines. Si nous retrouvions des transcriptions différentes de tous les textes, on n’aurait pas à s’en plaindre et ce serait rendre honneur à cet auteur si éminent].

Je n’ai pas trouvé dans les lettres de Scaliger l’épithète grecque, philalêthestaton, et le jugement flatteur que Guy Patin lui attribuait sur Flavius Josèphe.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 2 juin 1657. Note 7

Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0483&cln=7

(Consulté le 06.02.2023)

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