À André Falconet, le 4 juin 1666
Note [7]

Jeanne la Folle, Juana la Loca en espagnol (L’Esprit de Guy Patin, pages 24‑25) :

« Jeanne de Castille, fille de Ferdinand et Isabelle [v. note [4], lettre 692], conçut une si violente douleur de la mort de son mari que personne ne put la lui faire oublier, quoique tout le monde s’empressât de la consoler. Elle ne sortait que la nuit ; jamais elle ne vit depuis cette mort la lumière du soleil, mais seulement celle des flambeaux et des étoiles ; elle ne cherchait que des objets lugubres pour nourrir son affliction. Je connais une femme qui, depuis trente ans qu’elle est veuve, conserve encore son appartement tendu de noir. La police devrait à la fin terminer ces monstrueuses douleurs ; mais si elle ne le fait pas, c’est parce qu’elles sont rares et qu’on ne craint pas qu’elles tirent à conséquence. En effet, on ne voit que trop de femmes que la mort de leurs maris réjouit ouvertement : les plus affligées se consolent bientôt ; le grand nombre des secondes noces ou la dissipation des veuves encore en état de plaire montre qu’il n’y a plus parmi les hommes de douleurs immortelles ni de vrai désespoir. »

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 4 juin 1666. Note 7

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(Consulté le 16.04.2021)

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