À Claude II Belin, le 2 juin 1643
Note [8]

Marie de Hautefort, duchesse de Schomberg (1616-1691) avait été l’une des rares favorites de Louis xiii. Tôt orpheline, elle avait été élevée par sa grand-mère, Mme de La Flotte-Hauterive qui mena la jeune Marie à Paris où elle fut attachée au service de la reine mère, Marie de Médicis (1628). Louis xiii l’avait remarquée pour sa candeur et sa grâce, et l’avait attachée en 1630 à la reine Anne d’Autriche afin de la voir souvent et engager avec elle une liaison qu’on a dite platonique, sous l’œil bienveillant de Richelieu. Soumise à la concurrence de Mlle de La Fayette, la faveur de Mlle de Hautefort n’avait pas duré. Elle s’était alors résolument rangée du côté d’Anne d’Autriche, l’assistant dans ses menées suspectes avec le parti espagnol (1637). Cela lui avait valu la haine de Richelieu qui, une fois le roi passé sous l’emprise de Cinq-Mars, avait écarté Marie de la cour (novembre 1639).

Les décès consécutifs du cardinal et du roi autorisaient son rappel auprès de la reine pour peu de temps : Mazarin la jugea impliquée dans la cabale des Importants (v. note [15], lettre 93) et exigea qu’elle fût de nouveau renvoyée en 1644 (v. note [33], lettre 104). Mlle de Hautefort se retira au couvent des filles Sainte-Marie de la rue Saint-Antoine. En 1646, elle épousa le maréchal de Schomberg, gouverneur de Metz, qu’elle perdit après dix ans de mariage. Alors elle vint habiter rue de Charonne un hôtel où, jusqu’à sa mort, elle se consacra à toutes les pratiques de la charité. Quand elle mourut à l’âge de 75 ans, elle était généralement connue sous le nom de la Mère des pauvres (G.D.U. xixe s. R. et S. Pillorget).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude II Belin, le 2 juin 1643. Note 8

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(Consulté le 06.12.2022)

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