À Charles Spon, le 25 novembre 1653
Note [8]

« dont la vapeur maligne le tua sur-le-champ, et enivré par l’antimoine, il a bu les eaux du Styx [v. note [28], lettre 334]. »

On trouve l’origine et l’explication de l’expression employée par Guy Patin dans Francis Bacon (v. note [21], lettre 352), de Euthanasia exteriore [de l’Euthanasie extérieure] (De Dignitate et augmentis scientiarum, libri ix [Neuf livres sur la Dignité et l’avancement des sciences], Paris, Pierre Mettayer, 1624, in‑4o ; livre iv, page 222) :

Scribitur etiam de Epicuro, quod hoc ipsum sibi procuraverit, cum enim morbus eius haberetur pro desperato. Ventriculum et sensus, meri largiore haustu, et ingurgatione obruit, unde illud in Epigrammate, Hinc Stygias ebrius hausit aquas. Vino scilicet stygii laticis amaritudinem sustulit.

[On a aussi écrit qu’Épicure y a lui-même recouru, quand on tint sa maladie pour désespérée. Il s’est gorgé de vin pur, et noyé l’estomac et les sens ; dont on fit cette épigramme, Hinc Stygias ebrius hausit aquas. {a} Le vin lui a sans doute permis de supporter l’amertume de la liqueur stygienne].


  1. « Ainsi enivré, il a bu les eaux du Styx », qu’on a plus librement traduit en « Il ne fut pas assez sobre pour sentir le goût amer des eaux du Styx ».

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 25 novembre 1653. Note 8

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(Consulté le 22.01.2020)

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