Autres écrits : Traité de la Conservation de santé (Guy Patin, 1632) : Chapitre VIII
Note [8]

Michel Vérin (Michaël ou Miguel Verino, Florence 1468-Salamanque 1487), fils de l’humaniste italien Ugolino di Vieri (1438-1516) est un poète latin précoce qui passa la plus grande partie de sa courte vie en Espagne. Il a dû sa célébrité aux De puerorum moribus Disticha [Distiques sur les mœurs des enfants] (Florence, 1497) qui connurent un très grand succès. La 318e de ces pièces atteste de sa chasteté (et de sa maturité littéraire) :

Promittunt medici Venerem ferre salutem :
Non tanti vitæ sit mihi certa salus
.

[Les médecins promettent que l’amour charnel me guérira ; mais telle manière de vivre ne fera pas mon salut].

Guy Patin citait les vers 5‑6 de l’épitaphe qu’Ange Politien (v. note [7], lettre 855) a écrite en l’honneur du jeune Vérin :

Verinus Michaël florentibus occidit annis,
Moribus ambiguum major, an ingenio.
Disticha composuit docto miranda parenti,
Quæ claudunt gyro grandia sensa brevi.
Sola Venus poterat lento succurrere morbo
Ne se pollueret maluit ipse mori.
Hic jacet, heu ! patri dolor et decus, unde juventus
Exemplum, vates materiam capiant
.

[Michel Vérin mourut dans la fleur de l’âge, illustre tant par ses mœurs que par son génie. Pour son docte père, il a composé d’admirables distiques, qui concentrent beaucoup de sens en peu de mots. Vénus seule pouvait le guérir d’une opiniâtre maladie, mais il a préféré mourir que se souiller. Fierté et chagrin de son père, il repose ici, hélas ! Qu’il soit un exemple pour la jeunesse et que les poètes imitent son talent].

Le style du paragraphe qui précède est spécialement confus, faute sans doute d’avoir été attentivement relu par Patin ; à moins que la délicate matière dont il traitait ne l’ait trop poussé aux circonlocutions et ne lui ait quelque peu troublé les idées. On y comprend néanmoins qu’il tenait la semence des femmes pour bien plus dangereuse que celle des hommes dans la transmission de la vérole (syphilis).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Autres écrits : Traité de la Conservation de santé (Guy Patin, 1632) : Chapitre VIII. Note 8

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(Consulté le 28.10.2021)

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