À André Falconet, le 18 mars 1650
Note [9]

« Bien mal acquis tourne toujours à mal » : proverbe cité, ut est apud poetam nescio quem « de je ne sais quel poète », par Cicéron (Philippiques, discours ii, chapitre xxvii). Érasme (Adages, no 682) attribue l’expression à Plaute : male partum, male disperit [ce qui est mal acquis périt mal] (Pœnulus [Le Petit Carthaginois], acte iv, scène 2, vers 844). C’est aussi le titre de l’Emblème cxxviii d’Alciat (Les Emblèmes de André Alciat, de nouveau traduits en français par M. Claude Mignaut… Paris, J. Richer, 1583, in‑12o, page 178) :

« Male parta male dilabuntur
Milvus edax, nimiæ quem nausea torserat escæ,
Hei mihi, mater, ait, viscera ab ore fluunt.
Illa autem, Quid fles ? Cur hæc tua viscera credas,
Qui rapto vivens sola aliena vomis ?

Les biens mal acquis se perdent aussi mal
Le milan était en grand’peine,
Pour avoir la panse trop pleine,
Et à sa mère se montrait,
Comme si ses boyaux jetait.
Elle lui dit : Tu te tourmentes,
Et bien en vain tu te lamentes ;
Ce que tu vomis aussi bien
Est de l’autrui, et rien du tien. » {a}


  1. Avec ce commentaire :

    « C’est une fable de Gabrias, contre ceux qui perdent à grand regret ce qu’ils ont amassé par fraude et larcin, comme si c’était leur bien. Nos Français ont coutume de dire Celui qui perd le sien, perd le sens ; mais ces grands larrons, comme sont ces pillards et tire-argent de chicaneurs, qui sont ici dépeints sous le nom du milan, ne doivent porter si impatiemment quand ils viennent à perdre quelque chose, vu que ce qu’ils perdent n’est pas du leur. »


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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 18 mars 1650. Note 9

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(Consulté le 13.12.2019)

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