À Charles Spon, le 7 mars 1653
Note [9]

L’Anatome pneumatica [Anatomie pneumatique] est un court et curieux traité qu’on trouvait déjà en latin dans la deuxième série des Opuscula anatomica (1652, pages 167‑173 ; v. note [30], lettre 282). Jean ii Riolan y proclame tout l’intérêt qu’il faut prêter aux études anatomiques utilisant les injections d’air dans les vaisseaux et autres viscères creux (tube digestif, uretères). Détaillant par le menu la technique à employer, mais ignorant que cette méthode expose largement aux artifices (car l’air poussé sous pression peut forcer son passage par des déchirures qui n’ont rien de naturel), Riolan prétend qu’elle permet de connaître « les voies de la circulation du sang dans les diverses parties du corps, sur lesquelles on est encore en doute », et de « convaincre de mensonge et d’imposture les nouveaux circulateurs du sang quand ils parlent des ridicules retours du sang vers la veine cave ». Hippocrate avait donc raison : toutes les parties de l’arbre vasculaire communiquent les unes avec les autres à plein canal ; il n’y a qu’un seul et unique compartiment où le sang va et vient, et non point deux, le veineux et l’artériel, où, comme le prétendent William Harvey et ses partisans, la masse entière du sang exécuterait un mouvement circulaire partant du cœur gauche par l’aorte et revenant au cœur droit par les veines caves.

Un peu plus haut, dans le le Discours contenant le jugement général du sieur Riolan touchant le mouvement du sang, tant aux brutes qu’aux hommes, tiré de la réponse qu’il a faite à Schlegel, et les utilités de la circulation, se lit la poétique rêverie de Riolan sur le mouvement du sang (v. note [18], lettre 192).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 7 mars 1653. Note 9

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(Consulté le 02.04.2020)

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