À André Falconet, le 19 décembre 1660
Note [9]

« c’est un peuple [une famille] de comédiens » (Juvénal, v. note [25], lettre 487).

Guillot-Gorju est le surnom de Bertrand Hardouin de Saint-Jacques (1600-1648), successeur de Gaultier-Garguille sur les tréteaux de l’hôtel de Bourgogne. Avant de jouer la comédie, il avait été apothicaire à Montpellier pendant quelque temps. Émile Campardon (Les Comédiens du roi de la troupe française, 1879, pages 122-123) l’a dit médecin de Montpellier (assertion non confirmée par Dulieu) et fils de Philippe i Hardouin de Saint-Jacques, et donc frère de Gabriel et de Philippe ii. Il débuta à l’hôtel de Bourgogne en 1634 après avoir voyagé avec un charlatan. Pendant huit ans, Guillot-Gorju attira la foule à ce théâtre, il savait surtout contrefaire les médecins avec une verve extraordinaire. Sauval fait ainsi son portrait : « C’était un grand homme noir, fort laid ; il avait les yeux enfoncés, un nez de pompette [d’ivrogne], et quoiqu’il ne ressemblât pas mal à un singe et qu’il n’eût que faire d’avoir un masque sur le théâtre, il ne laissait pas d’en avoir toujours un » (G.D.U. xixe s.).

Il quitta la scène vers 1642. Dans son aveugle acharnement contre les tenants de l’antimoine, Guy Patin confondait ici sciemment ce comédien avec ses apparentés, les trois Hardouin de Saint-Jacques qui furent doyens de la Faculté de médecine de Paris (v. note [15], lettre 54) ; les dates de mort (1645 contre 1648) et la différence de taille (petit contre grand) suffisent à réfuter l’identification de Gabriel à Bertrand. Le masque que Bertrand portait toujours sur scène permettait sans doute aux imaginations de vagabonder.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 19 décembre 1660. Note 9

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(Consulté le 25.11.2020)

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