Autres écrits : Ana de Guy Patin :
Borboniana 1 manuscrit
Note [46]

« le malheur seul fait les tyrans. […] ».

  • Cette sentence n’a pas de relation bien claire avec le propos qui la précède. Guy Patin l’a reprise, à propos d’Oliver Cromwell, dans sa lettre à Charles Spon du 1e décembre 1654 (v. sa note [7]).

  • J’ai transféré la suite du latin depuis la page 6 du Borboniana manuscrit : il s’agit de la copie fragmentaire des extraits de l’Histoire Auguste transcrits et traduits dans la note [45] supra et sa notule {b}. Elle se termine par un renvoi :

    « Voyez Flavius Vopiscus, page 364, in‑4o, avec les notes de Casaubon. »

  • V. notule {a}, note [32], lettre 503, pour les annotations d’Isaac Casaubon sur l’Histoire Auguste (Paris, 1603, in‑4o), mais la page 364 se réfère au texte d’Ælius Lampridius sur la vie d’Alexandre Sévère. {a} Ce sont les pages 556‑557 qui correspondent aux commentaires sur la vie de Bonosus écrite par Vopiscus. Seul ce passage de sa note 6 sur Bonosus homo Hisp. [Bonosus, homme d’origine espagnole] a retenu mon attention, car il illustre son érudition philologique :

    Non infrequens eo seculo nomen Bonosus : quod Barbarum non est, sed Latinum. nam ut a canus fecerunt canosus, quo usus Valerianus Augustus in epistola ad Probum : sic a bonus, novum nomen ea etas fecit bonosus. Bonosi cuiusdam mentio habetur in epistola Hieronymi ad Chromatium : Bonosi Episcopi in lxxix. Ambrosii. in antiquis inscriptionibus et Bonosus invenies et Bonosa.

    [En ce temps-là, {b} Bonosus n’était pas un nom rare. Il n’est pas barbare, mais latin : de même que de canus, ils ont dérivé canosus, {c} mot qu’a employé Valerianus Augustus dans une lettre à Probus, {d} de même ce siècle a dérivé de bonus le mot nouveau bonosus. {e} Une lettre de Jérôme à Chromatius {f} fait mention d’un certain Bonosus, et la lettre lxxix d’Ambroise, d’un évêque Bonosus. {g} Dans les inscription antiques, vous trouverez et Bonosus et Bonosa]. {h}


    1. V. notule {a}, note [43] du Faux Patiniana II‑2.

    2. Au xviie s. de l’ère chrétienne.

    3. Adjectifs signifiant « blanc » et « blanc de cheveux ».

    4. L’empereur Valérien a régné de 253 à 260, et Probus, de 276 à 282 (v. première notule {d}note [43] du Faux Patiniana II‑6.

    5. Tous les dictionnaires latins attestent bien sûr bonus, « bon », mais je n’y ai trouvé Bonosus que comme un nom de personne. L’explication fournie par Casaubon me semble donc à ne recevoir qu’avec prudence.

    6. Saint Jérôme tenait saint Chromace, évêque d’Aquilée au iiie s., en très haute estime.

    7. Le numéro ne correspond pas, mais le volume 3, page 53‑64 (édition de Paris, 1746) des Lettres de saint Ambroise (v. note [24], lettre 514) contiennent plusieurs mentions de Bonose, évêque macédonien du ive s. qui niait la virginité de la vierge (ce qui ne devait pas déplaire au calviniste Casaubon), et fut condamné pour hérésie (dite bonosiaque ou bonosienne par Trévoux et Littré DLF).

    8. Tout cela pouvait bien être ce que le Borboniana souhaitait faire découvrir à son interlocuteur.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Autres écrits : Ana de Guy Patin :
Borboniana 1 manuscrit. Note 46

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(Consulté le 09.12.2022)

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