À André Falconet, le 24 septembre 1660, note 7.
Note [7]

La Pratique de Jean i Riolan est sa Methodus medendi… [Méthode pour remédier…] (Paris, 1598, v. note [5], lettre 116). Dans ses Opera omnia [Œuvres complètes] (Paris, 1610, v. note [9], lettre 22), le chapitre De Apoplexia [L’Apoplexie] (revu et augmenté) correspond au xiie du livre ii (première section de la Méthode particulière, page 427). Riolan y distingue deux sortes d’apoplexie (v. note [5], lettre 45), sanguine et pituiteuse :

Sed cur tam studiose apoplexia sanguinea a pituitosa disdingui debet ? quia in sanguina unicum et singulare remedium a phlebotomia expectandum est, incidenda mox, etiam non iniecto enemate, utraque cephalica, deinde venæ frontis, et temporum : jugulares aussi sunt quidam secare pro extremo remedio. In pituitosa licet-ne venam aperire ? non videtur, ne cerebrum privatione sanguinis magis magisque refrigescat […]. Propterea Ætius : phlebotomia, inquit, aut apoplecticos servat, aut cito perimit : servat si fuerit sanguinea, perimit si pituitosa. Et Celsus, si a venæ sectione non redeant apoplecticis sensus, motus, mens, vox aut spiratio liberior, desperatum est, nihilque ab alijs auxilijs sperandum : verum si venæ sectione aliquantum levatus videatur, iteretur.

[Mais pourquoi doit-on si soigneusement distinguer l’apoplexie sanguine de la pituiteuse ? Parce que dans la sanguine la saignée est le seul et unique remède dont on puisse espérer un effet. Il faut la pratiquer sans perdre de temps, pas même pour un lavement, au niveau des deux veines céphaliques {a} et ensuite, des veines du front et des tempes. En ultime recours, certains se sont osés à saigner les jugulaires. Ne peut-on pas se permettre de saigner dans l’apoplexie pituiteuse ? Il semble qu’il ne le faille pas, pour éviter que la soustraction de sang ne refroidisse de plus en plus le cerveau […]. C’est pourquoi Aétius a dit que la phlébotomie soit sauve, soit achève rapidement les apoplectiques : elle les sauve si l’apoplexie est sanguine, elle les achève si elle est pituiteuse. Pour Celse, le cas est désespéré si la saignée ne fait pas recouvrer le sens, le mouvement, la parole ou la respiration aux apoplectiques, il n’y a alors rien à attendre des autres secours ; mais s’ils en tirent le moindre profit, alors il faut répéter la phlébotomie]. {b}


  1. Aux bras.

  2. V. notes [4], lettre de Charles Spon, datée du 21 novembre 1656, pour Aétius, et [13], lettre 99, pour Celse.

La distinction conserve un sens aujourd’hui si on assimile l’apoplexie pituiteuse à l’infarctus ou ramollissement cérébral, par arrêt prolongé de l’irrigation sanguine d’une partie du cerveau, et l’apoplexie sanguine à l’hémorragie cérébrale, par rupture d’un vaisseau.

Imprimer cette note
Citer cette note
x
Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 24 septembre 1660, note 7.

Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0639&cln=7

(Consulté le 20/05/2024)

Licence Creative Commons