Lieux d'histoire et de soins


par Jacques Brunier
Directeur d'hôpital honoraire
Contact :
sfhh@orange.fr 

Cette rubrique a pour objet de mettre en exergue les sites où l'histoire des soins a trouvé une place particulière - et réciproquement -, en nous rapportant aux lieux où des professionnels de la santé ont oeuvré les premiers pour soigner, enseigner, chercher. Nous nous sommes limité, dans ce voyage hospitalier, aux travaux élaborés dans les territoires français. La présentation par activités est suivie d'un sommaire alphabétique par lieux de soins et d'un index des principaux praticiens ou soignants cités dans les rubriques.

Malgré toute l'application que nous avons apportée, des oublis ou des erreurs ont pu se glisser. Toutes suggestions pour corriger ou enrichir cette rubrique qui figure désormais sur notre site internet seront donc les très bienvenues. Le cas échéant, nous remercions nos correspondants d'indiquer, si possible, par activité originelle un nom de lieu et de personne.

Amphithéâtres d'anatomie

Les premiers amphithéâtres furent construits en Italie, en tout premier lieu à Padoue où celui qui fut édifié en 1594 est toujours conservé, puis à Bologne où celui que l'on peut encore voir dans l'édifice de l'Archiginnasio fut somptueusement aménagé entre 1639 et 1649 (il fut anéanti par une bombe en 1944, mais depuis reconstitué). Hors l'Italie, un des plus anciennement bâti se trouve en Suède à Uppsala, ville siège de l'Université.

Les autorisations de dissection accordées avec parcimonie aux médecins et aux chirurgiens nourrissaient leur âpre rivalité à Paris dès le début du 16e siècle, ce qui donna lieu à plusieurs constructions successives rue de la Bûcherie, siège de l'ancienne faculté de médecine, et près de l'église Saint-Côme détruite en 1836 (rue Racine, à l'angle du boulevard Saint-Michel), siège de l'ancien collège de chirurgie.

Les premiers amphithéâtres d'anatomie, au 16e siècle, étaient des constructions provisoires en charpenterie que l'on montait à l'automne et que l'on démontait au printemps ; la période des dissections correspondant naturellement à la saison froide.

Aujourd'hui, demeurent visibles dans Paris des amphithéâtres d'anatomie et de chirurgie :

  • au 13 de la rue de la Bûcherie (5e) (amphithéâtre dit de Winslow de 1745), bâti sur les plans de l'architecte Louis Barbier de Blignière pour l'ancienne faculté de médecine ;
  • au 5 de la rue de l'École de Médecine, celui de l'ancien collège de chirurgie, parfaitement restaurée, mais siège maintenant d'un institut de langues (inauguré en 1694, architecte Charles Joubert) ;
  • au 12 de la rue de l'École de Médecine (6e) dans la faculté de médecine, l'amphithéâtre de l'Académie royale de chirurgie construit par Jacques Gondouin en 1775.
  • au muséum d'histoire naturelle, rue Buffon (5e), où l'amphithéâtre forme un pavillon isolé dans le jardin ; il fut érigé au crépuscule de l'Ancien Régime par l'architecte Edme Verniquet à la demande de l'intendant du jardin des plantes, le comte de Buffon, qui mourut avant d'en voir l'achèvement.
  • Toujours en activité, l'amphithéâtre de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris au 17 de la rue du Fer à Moulin (5e). Sur ce terrain fut élevé l'amphithéâtre d'anatomie des hôpitaux de Paris en 1832 : malgré son nom, c'était en fait un vaste ensemble de salles de dissection couplé avec un petit amphithéâtre de démonstration. Les bâtiments furent reconstruits en 1982 : ce lieu demeure un centre important d'enseignement, d'apprentissage et de recherche pour les chirurgiens.

En province, l'amphithéâtre d'anatomie pouvait se trouver dans les locaux du collège de chirurgie ou dans ceux de la faculté de médecine ; à Montpellier chacune des deux institutions avait le sien propre à l'instar de la capitale ; subsiste notamment :

  • à Montpellier celui de l'ancien collège de chirurgie, siège actuel de la chambre de commerce, qui fut érigé en 1752 sur les plans de l'architecte Antoine Giral grâce à un legs considérable du Premier chirurgien du roi, François Gigot de la Peyronie ; c'est sans doute le plus spectaculaire qui existe en France par son aspect extérieur ;
  • à Bordeaux, celui de l'ancienne faculté de médecine, devenu par la suite amphithéâtre de la nouvelle école de pharmacie (il a brûlé il y a quelques années, mais devait être restauré).
  • à Perpignan, celui de la faculté de médecine de l'ancienne université dont les bâtiments furent construits entre 1760 et 1763, à l'instigation du gouverneur du Roussillon, Augustin-Joseph de Mailly, sur les plans d'un ingénieur des Ponts et Chaussées, Lescure ;
  • à Strasbourg, l'amphithéâtre est, fait exceptionnel sinon unique, compris dans l'enceinte de l'hôpital civil dit hôpital des bourgeois ; il fut aménagé dans une ancienne chapelle datant du 15e siècle.
Anesthésie

cf. infra : Service de santé des Armées

Anorexie

Le 17 novembre 2004, une maison des adolescents, appelée Maison de Solenn en souvenir de Solenn Poivre d'Arvor, a été ouverte au sein de l'hôpital Cochin à Paris. Solenn Poivre d'Arvor souffrait d'anorexie-boulimie et s'est suicidée à l'âge de 19 ans.

Cette maison, considérée comme la première du genre en France, se veut « une porte ouverte sur les petits et grands problèmes des adolescents ».

Anthropologie

Paul Broca (1824-1880) fut un pionnier en anthropologie physique. Il fonda la Société d'Anthropologie de Paris en 1859, dont le siège social fut fixé au 22, rue Saint- Ambroise (11e), la Revue d'anthropologie en 1872 et l'École d'anthropologie de Paris en 1876.

Architecture

À Hautefort (Dordogne), nous trouvons une fondation hospitalière originale au pied du fameux château périgourdin Cet hôpital-hospice, fondé en 1669 par le châtelain du lieu, présente une architecture remarquable. Il est classé monument historique. Son plan est cruciforme comme celui d'une église avec, au centre, une coupole au dessus du maître-autel, une branche pour la nef voûtée de l'église, pour les trois autres branches, des salles de malades : jeunes garçons, femmes, vieillards.

Les bâtiments rajoutés respectent et soulignent l'originalité des constructions initiales.

Les sœurs de Nevers n'ont quitté le service de cette institution originale qu'en 1995.

Ce haut lieu de médecine à la campagne est devenu un musée, il présente toujours une salle de malades et des expositions permanentes et temporaires sur l'histoire de la médecine.

Le premier hôpital en hauteur construit en France est l'hôpital Beaujon à Clichy (AP-HP). Les années 1930 ont vu naître l'hôpital en hauteur et disparaître l'hôpital pavillonnaire. Les nouvelles techniques : maîtrise du béton armé, engins de levage, ascenseurs performants, permettent l'édification de l' « hôpital à pavillons superposés », plus économique en construction et exploitation et plus rationnel dans la gestion des personnels et des services. Commencé le 4 janvier 1932, l'hôpital Beaujon a ouvert le 15 février 1935.

Cancérologie

Léon Bérard (1870-1956) fut professeur de clinique chirurgicale à la faculté de médecine de Lyon. Pionnier de la lutte contre le cancer, son service à Lyon utilisa l'un des premiers le radium, rare à l'époque, notamment contre les cancers de la muqueuse buccale et le cancer du col utérin. Il fut le premier directeur du Centre contre le cancer de Lyon (Centre Léon-Bérard), entre 1923 et 1940, année de sa retraite.

E Marcel Dargent (1908-1972) prit en 1956 la tête du centre Léon-Bérard à Lyon. C'est dans le cadre de ce centre, à l'édification duquel il avait largement contribué, que s'épanouit l'essentiel de son œuvre scientifique et de ses idées sur la cancérologie. Son approche fut de privilégier la chirurgie face à une chimiothérapie encore balbutiante

En 1947, il participa, avec le Pr Léon Bérard, à la première opération en France d'exérèse du poumon. Il fut également l'un des premiers à mettre au point des techniques pour améliorer les suites opératoires et le confort des patients dans la chirurgie des cancers de la sphère ORL, notamment du cancer de la gorge et de la langue. Il fit partie aussi des pionniers des thérapeutiques non mutilantes et des gestes conservateurs, concernant en particulier les cancers de la femme (utérus et sein). Autre idée novatrice qu'il mit en application pour freiner le développement des cancers mammaires métastatiques : l'ablation des glandes surrénales.

C'est en grande partie grâce à lui que s'est installé à Lyon un autre grand bastion de la lutte contre le cancer : le Centre international de recherche sur le cancer, inauguré le 16 mars 1969.

En 1909, l'université de Paris et l'Institut Pasteur décidèrent de construire conjointement un grand laboratoire pour Marie Curie : l'Institut du radium. Celui-ci comprenait deux sections : le laboratoire Curie, dirigé par Marie Curie, entièrement consacré aux recherches en physique et chimie, et le laboratoire Pasteur sous la direction de Claudius Regaud, dédié à l'étude des effets biologiques et médicaux de la radioactivité. La lutte de Marie Curie et de Claudius Regaud pour obtenir des moyens supplémentaires déboucha sur la création de la Fondation Curie en 1920. Son but était de financer les activités de l'Institut du radium et de contribuer au développement de sa composante thérapeutique. La Fondation Curie devint alors un modèle pour les centres anticancéreux du monde entier. L'Institut du radium et la Fondation Curie fusionnèrent en 1970. La nouvelle fondation prit, en 1978, le nom d'Institut Curie. Celui-ci poursuit depuis une triple vocation : la recherche, l'enseignement et le traitement du cancer.

Sur l'action de Claudius Regaud, voir aussi : Service de santé des Armées

En 1958, Georges Mathé (1922-2010) réalise les premières greffes de moelle osseuse chez l'homme et développe l'immunothérapie adoptive en complément de l'immunothérapie active sur laquelle il travaillait. En 1961, il devient chef du service d'hématologie de l'Institut Gustave-Roussy à Villejuif et fonde l'Institut de cancérologie et d'immunogénétique (INSERM-CNRS) en 1964.

Cardiologie. Chirurgie cardiaque

Chacun sait que la première transplantation cardiaque a été faite par Christiaan Barnard (1922-2001), cardio-chirurgien, au Cap en Afrique du Sud le 3 décembre 1967. Le patient, Louis Washansky survécut dix-huit jours.

En France, les pionniers en sont les professeurs Christian Cabrol, Gérard Guiraudon et Maurice Mercadier à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris), le 27 avril 1968. Leur patient, Clovis Roblain, 66 ans, n'a survécu que 53 heures à la transplantation effectuée selon la méthode Barnard pour les sutures et une méthode inédite du professeur Cabrol pour la préservation du cœur prélevé chez le donneur par perfusion des artères coronaires.

En 1986, les professeurs Alain Carpentier et Gilles Dreyfus procédèrent à la première transplantation d'un patient sous cœur artificiel en Europe. Le 28 octobre 2008, le professeur Cabrol, exerçant au département de chirurgie cardio-vasculaire et de transplantation d'organes de l'hôpital européen Georges-Pompidou (Paris) a mis au point le premier cœur artificiel intégralement implantable.

Paul Santy (1887-1970) osa le premier se lancer dans l'opération des « enfants bleus » (300 opérés en 10 ans), pratiquer la résection de l'aorte (1956) et, enfin, avec son élève Paul Marion l'opération à cœur ouvert. Et c'est pourquoi, pendant des années, les regards admiratifs des Français se tournèrent plus d'une fois vers le célèbre pavillon O de l'hôpital Grange-Blanche, à Lyon, (aujourd'hui hôpital Édouard-Herriot), celui du professeur Santy, où fut généralisé le port des tenues bleues.

E Lorsque le 4 août 1761, un arrêt du Conseil d'État du Roi institua l'École vétérinaire de Lyon, personne ne se doutait que de cet arrêt allaient naître des découvertes parmi les plus importantes concernant la cardiologie moderne. Jean-Baptiste Nicolas Chauveau (1827- 1917) fut professeur, puis directeur de cette école, titulaire de la chaire de médecine expérimentale et de pathologie comparée à la faculté de médecine de Lyon. Son titre de gloire fut, à partir de l'observation du cœur du cheval - aux battements lents malgré sa puissance - de créer la cardiologie intracardiaque, autrement dit de mettre à jour la description exacte de la circulation du sang à l'intérieur du cœur et de révéler sa physiologie telle que nous la connaissons encore aujourd'hui dans ses points essentiels.

Chirurgie douce. Lutte contre la douleur

René Leriche (1879-1955) fut titulaire, en 1924, d'une chaire à l'université de Strasbourg où il introduisit la notion de chirurgie douce. À Lyon, il exerça à l'Hôtel-Dieu. Sensibilisé par les nombreux mutilés de la première Guerre mondiale, il fut l'un des premiers à s'intéresser à la douleur et à mettre en pratique une chirurgie douce, économe en sang et aussi atraumatique que possible. Deux syndromes portent son nom, l'algoneurodystrophie et l'oblitération aorto-iliaque.

Chirurgie générale. Asepsie

Claude Pouteau (1724-1775), inventeur de procédés opératoires, apporta de nombreuses observations sur le cancer, sur le feu dans le traitement des rhumatismes, sur les propriétés des pores de la peau, sur la phtisie pulmonaire et sur le rachitisme. Il crée une méthode de soin contre la fistule lacrymale. Un siècle avant Semmelweiss, il comprit que, dans les hôpitaux, la « pourriture d'hôpital », ancêtre des infections nosocomiales, ne se transmet pas seulement par l'air mais par le contact direct avec les mains, les pansements et les instruments du chirurgien et il en déduisit des mesures d'asepsie. À l'Hôtel-Dieu de Lyon où il domina en son temps la chirurgie lyonnaise, il fut le premier à décrire la fracture de l'extrémité inférieure du radius avec bascule postérieure. Après qu'Abraham Colles en eut complété la description, cette fracture fut appelée la fracture de Pouteau-Colles.

Joseph Gensoul fut chirurgien-major de l'Hôtel-Dieu de Lyon en 1822, à l'âge de 26 ans ! Il s'y distingua, durant son majorat, en réalisant pour la première fois au monde la résection d'un maxillaire supérieur, l'extirpation d'une parotide cancéreuse et la désarticulation d'une épaule avec résection partielle d'une omoplate.

Mathieu Jaboulay (1860-1913) fut le dernier chirurgien-major de l'Hôtel-Dieu de Lyon, où il fut le maître d'Alexis Carrel. Sa carrière commença sous l'égide de l'asepsie, dont il fut à Lyon le premier représentant. Le sublimé, l'acide phénique, l'iodoforme n'ont jamais paru dans son service hospitalier. Seuls furent utilisés les instruments, les liquides, les objets de pansements stérilisés par la chaleur la plus élevée, capable seule de détruire les agents infectieux sans altérer la résistance de l'organisme. Il fut le premier à pratiquer les opérations abdominales. La chirurgie du grand sympathique, dérivant d'une idée physiologique, fut son plus beau titre de gloire. Il fut par ailleurs pionnier de la greffe du rein en 1906, réalisant deux transplantations de reins pour des patients insuffisants rénaux, qui se soldèrent hélas par un échec.

Cœlioscopie

Philippe Mouret (1938-2008) est l'inventeur de la cœlioscopie chirurgicale, parfois appelée seconde révolution française. Dès 1968, il a eu l'idée d'utiliser la cœlioscopie, initialement réservée à la gynécologie, pour pouvoir écarter un diagnostic d'appendicite sans ouvrir l'abdomen, technique de référence à l'époque en l'absence de scanner et d'échographie. C’est en 1972 qu’il réalise la première intervention par cœlioscopie (libération d'une occlusion intestinale en sectionnant une bride. Cette technique a ouvert la voix à la chirurgie mini-invasive qui permet de réduire le stress chirurgical en permettant de recourir à des incisions beaucoup plus réduites que la chirurgie "classique" par laparotomie. En 1983, il réalise la première appendicectomie sous cœlioscopie. En 1987, il réalise une première mondiale, une cholécystectomie par cœliochirurgie.

Peu encouragé par ses collègues qui préfèrent alors pratiquer de larges incisions, il décide de s'installer comme chirurgien libéral à la Clinique de la Sauvegarde à Lyon en 1970.

Malgré une forte opposition de certains confrères, la technique a fini par connaître un développement spectaculaire.

Dermatologie

L'hôpital Saint-Louis édifié à Paris au début du 17e siècle sur décision de Henri IV, suite aux graves épidémies de 1562, 1596 et 1606, a joué un rôle significatif dans le développement de la dermatologie au 19e siècle. Jean-Louis Alibert (1768-1837) fonda à l'hôpital Saint-Louis la première école de dermatologie du monde. En 1879, s'installa la chaire de clinique des maladies cutanées et syphilitiques de la faculté de médecine de Paris confié à Jean-Alfred Fournier (1832-1914). Fournier décrivit la syphilis congénitale en 1883. En 1889, s'y créa la Société française de dermatologie.

Il a fallu attendre le 20e siècle pour que la médecine trouve enfin une thérapeutique simple et efficace contre la teigne, véritable « peste de la tête ». À l'hôpital Saint-Louis, le docteur Charles Lailler (1822-1893) avait déjà créé une école spécifique pour les enfants teigneux qui fonctionna jusqu'en 1886. Mais c'est à partir de 1902 que le docteur Raymond Sabouraud (1864-1938) utilisa la radiothérapie, « solution rêvée » qui permit de se passer de la longue et douloureuse épilation à la pince. Cette méthode ne fut abandonnée qu'en 1960 au profit des premiers antimycosiques inaugurés avec la griséofulvine.

Aujourd'hui, le centre de santé Sabouraud implanté au sein de l'hôpital Saint-Louis est spécialisé dans les traitements de la peau et du cheveu.

Sur la teigne, lire l'article (illustré) du docteur Karl Feltgen : Le remède secret des frères Mahon. Quand les médecins abandonnaient la prise en charge des teigneux à une famille d'empiriques, publié dans la Revue de la Société française d'histoire des hôpitaux, n° 141, novembre 2011.

Saint-Louis abrite un musée des moulages reconnu par la communauté des dermatologues comme un haut lieu de mémoire et de patrimoine, fréquenté chaque année par plus d'un millier de visiteurs.

Sur ce musée, lire l'article (illustré) de Gérard Gilles et Françoise Durand : Quel avenir pour le musée des moulages de l'hôpital Saint-Louis ?, publié dans la Revue de la Société française d'histoire des hôpitaux, n° 141, novembre 2011.

Éthique

En 1983, Jean Bernard devient à Paris le premier président du Comité consultatif national d'éthique pour les sciences de la vie et de la santé. Il est l'auteur de la phrase : « Tout ce qui n'est pas scientifique n'est pas éthique ».

Formation des professionnels de santé

Si la France ne s'inscrit pas dans la liste des pays ayant créé les premières écoles de santé publique, en revanche elle peut revendiquer, à travers la haute figure de l'abbé Charles-Michel de l'Epée (1712-1789), l'initiative du premier centre de formation de professionnels de santé. Amené à s'occuper de deux jeunes filles sourdes et muettes, l'abbé de l'Epée avait fondé à Paris en 1760, dans sa propre demeure (ancienne rue des Moulins, aujourd'hui au 28 rue Thérèse dans el 1er arrondissement) et sur sa fortune personnelle, une école pour sourds-muets, après avoir mis au point une méthode de communication très efficace et s'être préparé à la tâche difficile de formation des formateurs. En effet, dès la création de son école, il avait compris l'intérêt de préparer des maîtres spécialisés et transformé sa maison afin d'accueillir, pour des travaux pratiques, des visiteurs – nous dirions aujourd'hui des stagiaires. Cette formation de personnel enseignant dans le domaine de la santé est à l'origine de la plus ancienne section de l'École nationale de la santé publique (cf. infra). Puis l'abbé fut invité à étendre son activité au-delà des frontières nationales. L'esprit qu'il avait initié se propagea et s'affermirent, de par le monde, les principes de programmes de formation pour les différentes professions de santé, comme de contrôle par les examens professionnels.

Au titre de la formation des professionnels de santé, il est impossible de ne pas mentionner l'École nationale de la santé publique devenu École des hautes études en santé publique. À l'origine, l'ordonnance du 19 octobre 1945 créa au sein du ministère de la santé l'Institut national d'hygiène (futur INSERM). Son objet n'était pas de concurrencer l'enseignement donné dans les établissements traditionnels, mais de le parfaire, en complétant, avec un objet propre, la formation scientifique des médecins, pharmaciens et techniciens sanitaires et en assurant leur perfectionnement. Ce dernier objectif fut étendu aux médecins conseils de la sécurité sociale (mars 1946), aux inspecteurs de la population et de l'aide sociale ainsi qu'aux cadres du service social (avril 1949), au personnel enseignant des institutions de jeunes sourds (juillet 1949) et à la formation des directeurs économes d'établissements hospitaliers publics (août 1960). L'école s'installa à Paris, au numéro 1 de la rue Tilsitt. La loi n° 60-732 du 28 juillet 1960 réorganisa la structure en créant l'École nationale de la santé publique (ENSP) qui ouvrit ses portes à Rennes en 1966. L'évolution des objectifs de santé publique, l'accroissement des besoins, la modernisation des techniques, la transformation des établissements, conduisent naturellement au changement des pratiques professionnelles, à la mutation des métiers, à l'amélioration des profils, au renforcement des compétences et, partant, au renouvellement des formations. Pour prendre en compte ces évolutions et donner à l'École un rayonnement international, l'École des hautes études en santé publique, toujours à Rennes, se substitua à l'ENSP par la loi n° 2004-806 du 9 août 2004. L'École comprend six départements d'enseignement et de recherche :

  • sciences de l'information et de biostatistiques ;
  • épidémiologie et recherche clinique ;
  • santé, environnement et travail ;
  • institut du management ;
  • sciences humaines, sociales et comportements de santé ;
  • sciences infirmières et paramédicales.
Génétique

Le professeur Jean Dausset (1916-2009) a initié la première coopération internationale de cartographie du génome humain qui a conduit au lancement du programme international de séquençage du génome en 1990 et à la connaissance de la séquence complète du génome humain en 2003. Pour réaliser ces travaux, Jean Dausset a créé à Paris, en 1984, le laboratoire du Centre d'étude du polymorphisme humain (CEPH – Hôpital Saint-Louis), devenu Fondation Jean- Dausset-CEPH en 1993. Aujourd'hui ses activités principales sont la constitution, la conservation et la distribution de collections d'échantillons d'ADN pour l'identification de facteurs génétiques de susceptibilité aux pathologies complexes. En 1991, le CEPH et l'AFM (Association Française contre les Myopathies) ont créé le Généthon, un organisme à but non lucratif, destiné à fournir à la communauté scientifique des outils de localisation et de clonage de gènes impliqués dans des maladies génétiques.

Le Téléthon, par ailleurs, est organisé en France depuis 1987 pour financer des projets de recherche sur les maladies génétiques neuromusculaires essentiellement (myopathies, myotonie de Steinert), mais aussi sur d'autres maladies génétique rares. L'argent est également utilisé pour aider et accompagner les malades essentiellement atteints de myopathie. Il y a eu à l'origine une volonté du professeur Jean Frézal, pionnier mondial de la génétique médicale, fondateur du Centre de génétique médicale de l'hôpital Necker-Enfants Malades et découvreur du gène de l'amiotrophie spinale, de pouvoir collecter des dons pour la recherche sur les maladies génétiques.

Certains relais locaux du téléthon se sont mis en place. Exemple : l'Appaméthon, à Pamiers (Ariège), animé par les Appaméens…

E François Jacob (né en 1920), André Lwoff (1902-1994), Jacques Monod (1910-1976), chercheurs à l'institut Pasteur de Paris ont obtenu le Prix Nobel de médecine en 1965 pour leurs découvertes concernant le contrôle génétique des synthèse enzymatiques et virales. Ils ont démontré que l'ADN est le point de départ des réactions biochimiques qui, par l'intermédiaire de l'ARN, produisent les protéines nécessaires à la vie des cellules.

Greffes

Jean-Michel Dubernard, né en 1941, a travaillé dans le service d'urologie et chirurgie de la transplantation de l'hôpital Edouard-Herriot du CHU de Lyon. En 2005, il a participé à la première greffe partielle du visage réalisée par Bernard Devauchelle au CHU d'Amiens (greffe du triangle formé par le nez et la bouche) sur une femme de 38 ans défigurée par son chien.

Le professeur Dubernard a dirigé la première allogreffe d'une main en septembre 1998 à Lyon. L'opération avait été réalisée pour une seule main coupée à hauteur du poignet sur le Néo-Zélandais Clint Hallam. Cependant, durant six mois, le patient a refusé de poursuivre son traitement immunosuppresseur anti-rejet. À sa demande, il s'est fait amputer la main greffée, en février 2001, à Londres.

Le 13 janvier 2000, J-M Dubernard a franchi une nouvelle étape en réalisant la première double greffe bilatérale des mains et des avant-bras à Lyon sur Denis Chatelier, âgé de 33 ans. Peintre en bâtiment, Denis Chatelier avait perdu ses deux mains en 1996 en manipulant une fusée artisanale. Depuis lors, il portait des prothèses myoélectriques ne lui permettant de réaliser que des gestes simples. Début 2005, le professeur Dubernard avait annoncé que la greffe avait "définitivement pris".

Bien avant la réalisation de ces dernières prouesses médico-chirurgicales, le professeur Dubernard avait été un pionnier de la transplantation d'organe à Lyon, en développant en particulier une technique originale de greffe du pancréas.

Hématologie

En 1950, Jean Bernard (1907-2006) décrivit la première leucémie chimiquement induite chez l'homme : l'hémopathie benzénique observée chez les sujets travaillant dans les industries qui utilisent le benzène. Cette étude permettra d'aborder le traitement curatif de la leucémie. En 1957, Jean Bernard fut nommé médecin chef de service à l'hôpital Saint-Louis. En 1961, il devint professeur de clinique des maladies du sang et prit la direction de l'Institut de recherche sur les leucémies et les maladies du sang, installé à Saint-Louis. En 1962, il isola la rubidomycine, dont il réussit à démontrer l'efficacité contre la leucémie. Il décrira aussi en 1967 le syndrome de l'asthénie de Ferjol. C'est encore à Saint-Louis que sera instituée la première prise en charge psychologique des enfants leucémiques et le premier hôpital parental

Grâce à ces recherches, l'hématologie, qui était jadis une discipline unifiée, se répartit en domaines spécialisés. C'est ainsi que Jean Bernard orienta Marcel Bessis vers la cytologie et Jean Dausset vers l'immunologie (cf. supra : Génétique).

Le docteur William Vainchenker (né en 1947), directeur de recherche à l'Institut Gustave Roussy de Villejuif, fut lauréat en 1994 du prix de l'association européenne d'hématologie (EHA) et du prix de la ligue nationale contre le cancer. Il est considéré comme le grand spécialiste de l'hématopoïèse. Son équipe a mis en évidence la mutation génétique à l'origine de la maladie de Vaquez.

Hospitalisation à domicile

À partir de 1950, plusieurs études menées par l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris jusqu'aux Etats-Unis, notamment par le professeur Séguier (hôpital Tenon) et madame Spadoni, infirmière, aboutirent à la première admission en hospitalisation à domicile en janvier 1957. Les malades habitaient près des hôpitaux Tenon et Saint-Louis pendant la phase d'expérimentation qui dura jusqu'en 1959 et concerna essentiellement des patients d'urologie, d'hématologie et chirurgie générale suivis par quatre-vingts médecins généralistes.

Pendant la même période, l'Institut Gustave Roussy (Villejuif) mit à l'épreuve le même concept de prise en charge avec l'appui de la Ligue contre le cancer.

D'autres institutions (Curie, René-Huguenin et Saint-Michel) demandèrent bientôt à bénéficier de cette alternative.

En 1960, le service de l' « HAD de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris » fut officiellement créé comme celui de « Santé Service ». Aujourd'hui encore, ces deux importants services HAD poursuivent le développement de la prise en charge de nombreuses pathologies.

Hygiène et médecine légale. Criminalistique

Alexandre Lacassagne (1843-1924) créa à Lyon la première chaire d'hygiène et de médecine légale en 1874, chaire qu'il occupa jusqu'en 1823. Il y fonda en 1914 le musée d'Histoire de la médecine et de la pharmacie. Il fut le cofondateur avec Gabriel Tarde de la première revue française de criminologie en 1895. Si de 1885 à 1914, Lyon fut la capitale de la criminologie française, c'est à Alexandre Lacassagne qu'elle le doit. Lacassagne fut l'un des premiers à utiliser les techniques de l'autopsie en criminologie. En s'appuyant sur la philosophie positiviste et la pensée hygiéniste, il fonda ainsi une méthode expérimentale particulière à la criminologie qui fera école (Edmond Locard en sera le principal continuateur) et qui postulait que le crime est toujours l'interaction entre l'individu et son milieu.

Le docteur Edmond Locard (1877-1966) est le fondateur du premier laboratoire de police scientifique à Lyon en 1910. C'est aussi le créateur de la criminalistique (forensic sciences) qui a servi d'expertise auprès de la police française et de ce qui allait devenir Interpol.

Maladies tropicales

Charles-Louis-Alphonse Lavéran (1845-1922) était un médecin militaire et parasitologiste français, pionnier de la médecine tropicale. Agrégé du Val de Grâce en 1874, il fut envoyé en 1878 dans le département français de l'Algérie, d'abord à l'hôpital militaire de Bône, puis à Biskra et enfin à Constantine. Pendant ce séjour, il commença à suspecter l'origine parasitaire des anomalies histologiques rencontrées dans le sang des paludéens. En novembre 1880, il eut confirmation de ses hypothèses en décrivant l'hématozoaire du paludisme. Ces travaux lui valurent le prix Nobel de médecine de 1907]. La moitié de ce prix fut consacré à l'installation du laboratoire des maladies tropicales, à l'Institut Pasteur de Paris, où s'effectuèrent par la suite ses recherches. En 1908, il fonda la Société de pathologie exotique, dont le siège est à l'Institut Pasteur.

NB 1. Une grande attention a été portée à la médecine tropicale dans les armées coloniales. Il existait, par exemple, en France un service de santé des troupes coloniales, disposant déjà à Marseille d'une école d'application, dite "Ecole du Pharo". Au 19e siècle, les domaines en plein développement de l'hygiène et la santé publique s'y intéressèrent aussi, mais ce furent les hôpitaux militaires qui disposèrent le plus de moyens pour travailler sur ce sujet.

NB 2. L'Institut Pasteur de Paris, créé en 1887, est un lieu d'histoire de la médecine par excellence si l'on en juge par les nombreuses découvertes qui s'y firent et continuent à s'y produire. Il reste notamment l'un des berceaux de la microbiologie, de l'immunologie et de la biologie moléculaire (cf. site web de l'Institut Pasteur, page histoire).

Maladies vénériennes

Parmi les pionniers il faut citer Paul Diday (1813-1895). Il prit son poste à l'hôpital de l'Antiquaille de Lyon en 1843. Ses travaux scientifiques sont entièrement consacrés aux maladies vénériennes et en particulier à la syphilis. À l'aube de la médecine scientifique et à la naissance de la microbiologie, il isola sur des arguments cliniques la blennorragie de la syphilis, avant qu'Albert Neisser n'isole le gonocoque.

Maternité. Obstétrique

La première maternité de Paris se situe à l'Hôtel-Dieu dont le registre des délibérations fait état en 1348 d'une ventrière des accouchées et d'un département spécialement réservé aux femmes en couches. Des lettres patentes de 1478 en font l'Office des accouchées.

Voir de Scarlett Beauvalet L'Office des accouchées. La première maternité de Paris, dans la Revue de la Société française d'histoire des hôpitaux, n° 127-128, décembre 2007, p. 58 et S.

L'Hôtel de Clagny construit entre 1566 et 1569 au faubourg Saint-Jacques à Paris accueillit au 17e s. le couvent de Port-Royal afin de décongestionner la maison mère de Port-Royal-des-Champs à Magny-les-Hameaux dans la vallée de Chevreuse. En 1795, l'Hospice de la Maternité, hôpital public, fut ouvert dans ses bâtiments et ceux de l'Oratoire voisin. En 1814, les services d'accouchement et l'école y furent transférés, et l'établissement prit le nom de Maternité Port-Royal. En 1890, la clinique Baudelocque fut construite sur les terrains de la maternité ; son nom rappelle le rôle de Jean-Louis Baudelocque, professeur d'obstétrique de la fin du XVIIIe siècle (cf. infra). En 1966, la Maternité Port-Royal a été installée dans de nouveaux bâtiments. Le cloître, la chapelle et la salle capitulaire de l'ancienne abbaye ont été conservés et intégrés sur le campus de la Faculté de médecine de l'hôpital Cochin.

Jean Louis Baudelocque (1745-1810), chirurgien de l'hôpital de la Charité (Paris) fut l'un des pionniers de l'obstétrique qui a permis à l'art des accouchements de réaliser de très importants progrès. Il a introduit la mensuration de la ceinture pelvienne (méthode dite du compas de Baudelocque). On lui doit aussi la description du mode de délivrance naturel, auquel il a donné son nom. Son extrême minutie et sa grande précision l'ont conduit à décrire 93 variétés de positions du fœtus, que son élève Marie-Louise Lachapelle ramènera
à 22. Il a indiqué la conduite à adopter par l'accoucheur dans chacune des présentations. Il a précisé les indications des forceps, celles des interventions sur la ceinture pelvienne (pubiotomie, symphyséotomie) et celles de la césarienne.

Baudelocque a développé un enseignement structuré des élèves sages-femmes et fondé, en 1802, l'École de Port-Royal chargée d'appliquer son programme pédagogique.

Médecine expérimentale

Claude Bernard, né le 12 juillet (1813-1878) fut un médecin et physiologiste français qui exerça à Paris. Considéré comme le fondateur de la médecine expérimentale, il a en particulier laissé son nom au syndrome de Claude Bernard-Horner. On lui doit les importantes notions biologiques de milieu intérieur et d'homéostasie.

Claude Bernard fut actif dans d'autres nombreux domaines. Il découvrit le rôle de la sécrétion pancréatique dans la digestion des graisses (1848), le rôle du foie dans la sécrétion interne du glucose dans le sang (1848), l'induction du diabète par piqûre au niveau du plancher du 4e ventricule (1849), l'augmentation de la température cutanée après section du nerf sympathique cervical (1851). Il démontra la libération de sucre par le foie lavé après excision (1855) et l'isolation du glycogène (1857), la spécificité du curare dans la paralysie de jonction neuro-musculaire (1856). Il démontra également que le monoxyde de carbone bloque la respiration dans les érythrocytes (1857).

Médecine physique et de réadaptation

L'histoire de la médecine physique et de réadaptation peut se décomposer en trois grandes séquences :

  • avant la première guerre mondiale,
  • entre les deux guerres avec émergence de la réadaptation médicale,
  • la période contemporaine caractérisée par le développement institutionnel et formel des différents aspects de la rééducation.

1. La dimension de réadaptation médicale fut développée grâce à des praticiens comme le neurologue Désiré-Magloire Bourneville (1840-1909), médecin de l'hôpital Bicêtre (Val-de-Marne) où il fut nommé en 1879 à la tête d'un service spécialisé qui accueillait des enfants "polyhandicapés". Il coordonnait une prise en charge multidisciplinaire médicale et éducative (certains le considèrent comme le précurseur de la rééducation).

2. En 1924, le docteur Gabriel Bidou préalablement directeur du service de mécanothérapie à l'Institut orthopédique de Berck, puis directeur de l'institut de physiothérapie de Grenoble, créa au sein de l'hôpital de la Salpêtrière le premier service dit de "récupération fonctionnelle", puis de "rééducation fonctionnelle" à partir de 1956.

3. Période contemporaine : époque du renforcement et de l'institutionnalisation de la rééducation médicale.

Le centre national spécialisé dans le traitement de patients souffrant de poliomyélite a ouvert ses portes à Garches (Hauts-de-Seine) en février 1949. Le nom d'André Grossiord (1909-1997) est attaché à la création du centre de traitement des séquelles de poliomyélite à l'hôpital-Raymond Poincaré à Garches, et du pôle universitaire de la spécialité médicale en France, un tournant essentiel dans le développement de la MPR.

Pour mémoire : l'Hôtel national des Invalides fut créé par Louis XIV en 1677 à Paris pour abriter les invalides de ses armées. L'hôtel des Invalides accueille encore aujourd'hui une centaine de retraités et invalides des armées françaises.

Il est considéré comme l'une des grandes institutions pour la médecine physique et de réadaptation.

Néphrologie

Gabriel Richet (né en 1906) fut un des pionniers de la néphrologie à l'hôpital Tenon (Paris) où il exerça à partir de 1960. Il a contribué au progrès des connaissances cliniques, thérapeutiques et physiopathologiques des maladies rénales. Ses travaux, notamment consacrés à l'identification et au traitement des désordres humoraux de l'urémie aiguë par différents types de dialyse, ont marqué le début de la néphrologie moderne. En 1952, Gabriel Richet avait effectué la première transplantation rénale de mère à fils. En 1954, adjoint de Jean Hamburger à l'hôpital Necker (Paris), il mit en marche un rein artificiel importé et traita des malades venant souvent de loin. Sa renommée grandissante attira des médecins de toute l'Europe. Les travaux de Jean Hamburger, Gabriel Richet et Jean Crosnier sur la réanimation médicale révélèrent, en 1955, l'importance de la correction des troubles humoraux en médecine d'urgence, ouvrant ainsi un nouveau secteur des soins intensifs.

Néphrectomie chez l'enfant : cf. infra chirurgie pédiatrique.

Neurochirurgie

Thierry de Martel (1875-1940) fut le pionnier de la neurochirurgie française qu'il développa en France avec son collègue Clovis Vincent (1879-1947). Chirurgien réputé à Paris durant les années 1920-1930, on lui doit de très nombreux travaux spécialisés qui ont contribué à faire de la neurochirurgie une branche autonome de la chirurgie. Il porta un grand intérêt à l'amélioration des techniques opératoires dans cette spécialité naissante et inventa notamment un instrument permettant une trépanation sûre et à bords nets, le trépan à débrayage automatique de Martel.

Pierre-Léon Wertheimer (1892-1982), professeur de médecine, a été le fondateur à l'hôpital Édouard-Herriot de Lyon de l'école de neurochirurgie. En 1932, le doyen Jean Lépine l'autorisa à développer la neurochirurgie avec douze lits ce qui lui permit de créer en France la première structure neurochirurgicale hospitalière.

Neurologie

Jean-Martin Charcot (1825-1893), neurologue français à Paris, fut professeur d'anatomie pathologique. Après s'être consacré à l'étude des maladies des vieillards, il s'orienta vers 1870 sur la neurologie. Il est reconnu avec Guillaume Duchenne (1806-1875), de Boulogne, comme le fondateur de la neurologie moderne. Il fut le précurseur de la psychopathologie et l'un des plus grands cliniciens français. Il est également connu comme chef de file de l'École de la Salpêtrière pour ses travaux sur l'hypnose et l'hystérie. Il décrivit le premier la sclérose en plaques, avec son collègue et ami Alfred Vulpian (1826-1887) et la sclérose latérale amyotrophique, une maladie dégénérative, à laquelle son nom restera attaché.

En 1882, la première chaire mondiale des maladies du système nerveux fut créée pour lui et il fonda une école de neurologie à la Salpêtrière. Ces travaux seront poursuivis par Richer et Babinski. La Salpêtrière était alors le siège de la neurologie française qui rayonna dans le monde entier en cette fin du 19e siècle. Aujourd'hui, sur ce site hospitalier devenu le plus important d'Europe, l'Institut du cerveau et de la moelle épinière (ICM), fondation privée reconnue d'utilité publique en 2006, est un centre de recherche international. La recherche conduite à l'ICM est multidisciplinaire, fondamentale et clinique : elle permet de raccourcir le délai de mise au point des traitements pour le plus grand bénéfice des patients.

Neurosciences

Paul Broca (1824-1880), entré à 17 ans à la faculté de médecine de Paris, obtint son diplôme à 20 ans ! À 24 ans, il était déjà couvert de médailles et de récompenses. Ce qui lui assura une place dans l'histoire de la médecine fut sa découverte du « centre de la parole » dans le cerveau (connue comme l'aire de Broca) situé dans la troisième circonvolution du lobe frontal, découverte qu'il présenta à la Société d'anthropologie de Paris à partir de 1861 au cours d'un débat passionné avec les tenants du holisme cérébral. Il était parvenu à ses conclusions en étudiant les cerveaux de patients aphasiques (incapables de parler), en particulier celui de son premier patient à l'hôpital du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne), M. Leborgne, surnommé « Tan » parce que c'était la seule syllabe qu'il parvenait à prononcer et qu'il répétait. Broca montra que celui-ci souffrait d'une lésion neurosyphilitique du lobe frontal gauche. Il en inféra que cette zone était fortement impliquée dans la production de la parole.

Ophtalmologie

L'hospice des Quinze-Vingts
Il a été fondé à Paris vers 1260 par saint Louis pour accueillir quinze fois vingt aveugles (soit 300 personnes). Le but était de recevoir les aveugles de Paris en forte détresse. Le fait que, lors de la septième croisade que le roi mena, des Croisés eurent les yeux crevés joua certainement un rôle dans cette fondation. L'histoire donne à de cet hôpital un rôle précurseur en ophtalmologie. Il continue aujourd'hui avec la création de l'Institut de la vision, véritable pôle d'excellence européenne, qui a ouvert ses portes en mars 2008 sur le site actuel du centre hospitalier national d'ophtalmologie des Quinze-Vingts. Il a été labellisé comme projet structurant du pôle de compétitivité d'envergure mondiale Médicen.

Hôtel-Dieu de Marseille
Jacques Daviel (1693-1762) fut le premier à y réussir une opération de la cataracte. En 1734, il réalisa sa première intervention ophtalmologique, avant d'acquérir la célébrité le 21 avril 1745 grâce à l'utilisation de la technique d'extraction du cristallin qui lui permit de réussir la première opération de la cataracte.

Illustration : tableau d'Eugène Mein (1924) représentant Jacques Daviel effectuant sur l'ermite d'Eguilles la première opération de la cataracte par extraction du cristallin, dans la Revue de la Société française d'histoire des hôpitaux, n° 142, décembre 2011, p 14 (conservatoire du patrimoine médical de Marseille).

Hôpital Édouard-Herriot, Lyon
Louis Paufique (1899-1981) y fut le maître de l'ophtalmologie moderne. Le professeur Paufique était, dans le milieu médical, « la référence » et, pour beaucoup de malades, la dernière chance, l'espoir ultime de recouvrer la vue, ou de regagner un peu du précieux capital perdu. Pionnier, entre autres, des greffes de cornée, dès 1935, ce qui l'a amené, très vite, à organiser une banque des yeux, il a réalisé les premières interventions traitant du décollement de la rétine et les premières implantations de cristallins artificiels pour soigner les cataractes dès 1954.

Orthopédie. Oxygénothérapie hyperbare

Charles-Gabriel Pravaz (1791-1853), après avoir exercé à Paris, vint dans le Rhône en 1835 pour diriger à La Mulatière l'Institut orthopédique et pneumatique Bellevue (dont il ne reste qu'une inscription sur son ancien emplacement), bientôt qualifié de première clinique orthopédique de France. Il s'attaqua aux scolioses et pratiqua la correction dynamique de la colonne vertébrale grâce à la gymnastique. La kinésithérapie moderne lui doit beaucoup. Le gymnase qu'il installa n'avait pas d'équivalent en France. On y accourut de l'Europe entière.

Le terme pneumatique, dans la méthode de Pravaz, procédait des bains d'air comprimé. Dans un pavillon destiné à cette thérapeutique, les patients pouvaient se mouvoir dans un réservoir de fer de 9 m3, tandis qu'une pompe refoulante mue par une machine à vapeur provoquait une hyperpression. Ces appareils étaient destinés au traitement des surdités catarrhales et de la cachexie…De nos jours, l'oxygénothérapie hyperbare s'inspire de cette formule.

Mais Pravaz est aussi connu pour avoir créé la seringue qui porte son nom (voir infra : seringue).

Pédiatrie. Chirurgie pédiatrique

Citons en tout premier lieu le nom de Robert Debré (1882-1978) considéré comme l'un des fondateurs de la pédiatrie.

Hôpital Necker-Enfants malades : Paris
L'hôpital des Enfants malades fut officialisé par l'arrêté du 18 floréal an 10 (8 mai 1802) et ouvrit au mois de juin 1802, à Paris, sur l'emplacement de la Maison de l'Enfant-Jésus, orphelinat-hôpital. Fort de 250 lits, il s'agit du premier hôpital pédiatrique au monde.

Hôpital Robert-Debré : Paris
L'hôpital, inauguré en 1988, est né de la fusion de l'hôpital Hérold (dans le 19e arrondissement) et de l'hôpital Bretonneau (dans le 18e). Son programme médical a pour originalité d'offrir pour la première fois en France un ensemble de disciplines coordonnées autour de la prise en charge de la mère et de l'enfant. Par ailleurs, et là aussi de manière novatrice, ce programme fait une large part à l'activité d'hôpital de jour, particulièrement adaptée au domaine de la pédiatrie, que ce soit dans le domaine de la médecine ou dans celui de la chirurgie ambulatoire.

Depuis le début des années 1990, l'hôpital Robert-Debré a été pionnier pour la chirurgie mini-invasive, celle « qui vise à faire le moins de délabrement possible », ayant grandement participé à son développement national et international, en particulier pour la chirurgie digestive, thoracique et pour la néphrectomie qui, sans complications, ne demande plus que 24 à 48 heures d'hospitalisation.

C'est encore à Robert-Debré qu'a été installé le premier centre d'investigation clinique en pédiatrie en France.

En 1992, l'équipe d'Etienne Vilmer a tenté et réussi sur Guillaume, 5 ans et demi, atteint de leucémie aiguë, la première greffe de sang de cordon ombilical : des cellules de sang du cordon de sa petite sœur ont été prélevées à la naissance de celle-ci, congelées, puis greffées et transférées sur Guillaume.

En juin 1996, l'hôpital a ouvert un centre pédiatrique des pathologies du sommeil (CPPS) qui regroupe des médecins des services de physiologie et psychopathologie. Trois box permettent l'enregistrement de neuf polysomnographies par semaine : trois enfants en simultané, trois nuits par semaine. En dehors de cette activité nocturne, le CPPS peut, en journée, enregistrer des tests de latence d'endormissement, ou encore des sommeils de courte durée chez les nouveau-nés et nourrissons. Deux centres de référence mondiale pour les maladies rares sont adossés au CPPS : l'une consacré au syndrome d'Ondeline, l'autre à la narcolepsie et aux troubles hypersomniques de l'enfant et de l'adolescent.

Le CPPS est la seule structure dédiée aux pathologies du sommeil de l'enfant et de l'adolescent à Paris…

Périnatalité

Reconnu comme centre de référence dans le domaine de la périnatalité et de la prise en charge de la stérilité et des maladies thrombo-emboliques, l'hôpital Antoine-Béclère à Clamart a accueilli la naissance du premier bébé-éprouvette, Amandine, en 1982, dans le service du professeur Émile Papiernik (1936-2009), avec une équipe comprenantRené Frydman.

Pneumologie

René Laennec (1781-1826), fut nommé à l'hôpital Necker (Paris) en 1816. Il s'intéressa aux maladies pulmonaires et examinait ses malades en utilisant la technique de percussion qui renseigne sur l'état d'un organe par l'écoute du bruit rendu par la frappe des doigts au niveau de cet organe.

Par un après-midi d'octobre, il passait sous les guichets du Louvre où jouaient des enfants. L'un grattait l'extrémité d'une poutre avec la pointe d'une épingle. À l'autre extrémité, l'oreille collée à la poutre, les enfants recueillaient les sons, se bousculaient pour entendre et riaient de la découverte. Laennec s'arrêta devant les enfants qui venaient de lui donner la réponse au problème qu'il se posait depuis longtemps. Parvenu au chevet d'une jeune cardiaque, il demanda une feuille de papier à lettre, la roula en cylindre, appuya une extrémité contre la poitrine de la patiente et l'autre contre sa propre oreille. Et voici que le double bruit du cœur et celui de la respiration lui parvint avec netteté. L'auscultation était inventée. Il appela pectoriloque ce simple rouleau de papier ficelé qu'il perfectionna et baptisa stéthoscope, du grec stethos signifiant poitrine. En vingt-deux mois, Laennec découvrira toute la sémiologie pulmonaire et impulsera à la médecine un bond prodigieux. Sa classification des bruits d'auscultation (rhonchus, râles crépitants…) est toujours utilisée par les médecins.

Psychiatrie

L'hôpital de Bicêtre (Val-de-Marne) fut le lieu de libération, en 1793, des aliénés de leurs chaînes par une décision de Philippe Pinel (1745-1826). On doit à cet éminent psychiatre la première classification des maladies mentales. Il a exercé une grande influence sur la psychiatrie et le traitement des aliénés en Europe et aux États-Unis.

Jean-Étienne Esquirol (1772-1840) travailla à La Salpêtrière (Paris) à partir de 1801. Il est considéré comme le père de l'hôpital psychiatrique français : il fit en effet voter la loi du 30 juin 1838 obligeant chaque département à se doter d'un hôpital spécialisé. Entre autres travaux novateurs, il fit la première description médicale de la trisomie 21 en 1838.

Jules Baillarger, (1809-1890), directeur de la Maison de santé privée Esquirol à Ivry (Val-de-Marne), fut co-fondateur de la revue les Annales médico-psychologiques. Il fut, avec Jean-Pierre Farlet (1794-1870), le co-inventeur, en 1854, de la « folie à double forme », appelée psychose maniaco-dépressive ou trouble bipolaire dans les classifications américaines. La même année, tous deux formulèrent la même idée : « Folie à double forme » pour l'un, « Folie circulaire » pour l'autre.

Le premier service psychiatrique carcéral en France a ouvert le 18 mai 2010 à Bron (Rhône), au centre hospitalier Le Vinatier. Il s'agit d'une unité d'hospitalisation spécialement aménagée (UHSA).

Radiologie. Imagerie

Antoine Béclère (1856-1939), virologue, immunologue, fut un des pionniers de la radiologie et le père de la radiologie française. Il sut voir immédiatement, dans la découverte des rayons X par Wilhelm Röntgen, en 1895, des applications possibles en médecine et se fit un ardent défenseur de la radiologie à l'échelon international. Il mit sur pied l'enseignement de cette discipline en France et créa, en 1897 à Paris, le premier laboratoire de radiologie à l'hôpital Tenon.

Paul Broca (Bicêtre) fut aussi un pionnier de l'imagerie cérébrale fonctionnelle en inventant une "couronne thermométrique" avec laquelle il pensait pouvoir mesurer les variations de température de la surface du crâne dues à des changements de l'activité du cerveau.

SAMU

Le SAMU, service d'aide médicale urgente, situé dans un centre hospitalier dit de référence, est le siège du centre de régulation médicale des urgences d'un secteur sanitaire, généralement un département. Il est doté d'un numéro d'appel unique : le 15. Pour chaque zone d'intervention dans son champ d'action, il dispose d'antennes locales dites SMUR (service médical d'urgence et de réanimation) basées chacune dans un centre hospitalier de proximité, équipé de véhicules médicalisés qui interviennent à la demande du médecin régulateur du SAMU.

Un premier service mobile de réanimation fut créé à Paris en 1956 par Maurice Cara (1918-2009) de l'hôpital Necker, pour le transport inter-hôpitaux de patients sous assistance respiratoire lors d'une épidémie de poliomyélite. À cette époque, il n'y avait qu'une ambulance médicalisée pour tout le pays, basée à l'hôpital Necker et dotée
d'appareils de réanimation.

Dans les années suivantes, furent créées plusieurs autres équipes médicalisées hospitalières mobiles (unités mobiles hospitalières, UMH, ou unités de traitement intensif mobiles, UTIM), capables aussi bien d'intervenir dans les cas de détresse grave à l'extérieur de l'hôpital que d'effectuer des transferts dans d'autres capitales régionales. Ces SMUR interhospitaliers, dont la création est due au professeur Louis Serre, de Montpellier, furent officialisés en 1965.

Le premier SAMU officiel qui s'occupa de l'intervention préhospitalière des UMH fut créé en 1968 à Toulouse par le professeur Louis Lareng, afin de coordonner les efforts médicaux entre les équipes préhospitalières et les services d'urgence hospitaliers.

L'adoption de la loi no 86-11 du 6 janvier 1986, défendue par le professeur et député Louis Lareng, a étendu le principe du SAMU aux autres départements français et les a dotés du numéro d'appel unique, le 15.

Seringue

C'est dans le but d'injecter du perchlorure de fer dans les anévrismes artériels que Charles-Gabriel Pravaz (1791-1853) conçut à Lyon la seringue qui porte son nom et, simultanément, l'aiguille creuse sans laquelle la seringue ne serait rien. L'idée n'était pas nouvelle : on connaissait le clystère du temps de Molière. Mais le mérite de Pravaz fut de miniaturiser ce qui existait. Son trait de génie fut d'adapter une aiguille creuse sur le seringue. Ce n'est qu'en 1878 qu'on eut l'idée de biseauter la pointe l'aiguille creuse.

Illustration : trousse contenant la première seringue hypodermique de Pravaz, modèle unique en argent, avec aiguilles creuses fabriquées par Charrières en 1852, dans la  Revue de la Société française d'histoire des hôpitaux, n° 142, décembre 2011, p 32 (musée des Hospices civils de Lyon).

Service de santé des Armées

Si la médecine militaire a beaucoup fait pour l'étude des maladies tropicales (cf. supra), elle a pris aussi une part déterminante dans les avancées de la chirurgie maxillo-faciale, la neurochirurgie, le traitement des grands brûlés, les techniques de sutures de plaies, la bactériologie. On lira à cet égard avec beaucoup d'intérêt, dans l'ouvrage publié aux éditions du Cherche-Midi en 2008 : Les hôpitaux dans la guerre, le chapitre consacré à l'évolution des services, des techniques et des soins sous l'influence de la guerre. De véritables percées scientifiques ont été rendues possibles du fait des nécessités qu'imposaient les situations de guerre, lesquelles appelaient des réponses immédiates et globales. C'est ainsi que la chirurgie du champ de bataille réussit à combiner les techniques d'anesthésie, d'opérations chirurgicales et répandit l'usage des antiseptiques. Elle développa des techniques nouvelles : la transfusion sanguine, l'ablation des tissus endommagés pour lutter contre la gangrène, la détection par rayons X. De même, par leur double formation de médecin et de militaire, les praticiens sur les théâtres d'opération se trouvaient à même de s'adapter aux situations les plus extrêmes.

La médecine militaire s'est également distinguée par d'autres activités novatrices.

L'école de médecine navale de Rochefort
Lors de la création, en 1666, de l'arsenal de Rochefort voulu par Colbert, il fut décidé d'y installer un hôpital. Mais la décision de créer une école d'anatomie et de chirurgie ne fut prise que sous la Régence (1715-1720). La réputation de l'école de Rochefort, ainsi que son rayonnement, devinrent considérables au cours du 18e siècle au point de servir de modèle à l'ensemble des autres écoles du royaume (Toulon et Brest). L'école d'anatomie et de chirurgie navale, encore appelée École de chirurgie du port de Rochefort, fut inaugurée en 1722. Sa mission était de former les chirurgiens confrontés aux pathologies spécifiques de la marine royale et à l'hygiène navale. Elle fut la première au monde de ce genre et constitua un foyer scientifique remarquable tant par son enseignement théorique et pratique que par son organisation. Sur ce modèle en avance sur son temps, la marine ouvrit deux autres établissements, à Toulon en 1725 et à Brest en 1731. Y furent enseignées notamment la dissection, la cautérisation, l'amputation et la trépanation. Ceci représentait un avantage certain sur les écoles de chirurgie civiles de Paris et de Montpellier (pratiques interdites).[] C'est à Rochefort que fut pratiquée la première vaccination française, quelques mois après sa mise au point par Edward Jenner. C'est l'un des directeurs de l'École, Amédée Lefebvre, qui découvrit les causes du saturnisme. Tout aussi significatif, de nombreux instruments de chirurgie y furent créés ou améliorés par les médecins de l'École.

Le bâtiment, sa bibliothèque et ses collections ont été maintenus en l'état par la Marine nationale jusqu'à la fermeture de l'hôpital naval, en 1983. Le Pavillon de l'École de médecine fut cédé à l'Établissement public administratif du Musée national de la Marine en 1986, qui entreprit sa rénovation. Lieu unique en France, l'École de médecine navale présente aujourd'hui la bibliothèque et les collections anatomiques, zoologiques, botaniques et ethnographiques rassemblées dès le 17e siècle pour servir à la formation des chirurgiens embarqués à bord des navires. Il s'agit tout à la fois d'un musée (ses collections sont de première importance), d'un monument historique (c'est aujourd'hui la seule partie de l'ancien hôpital de la Marine de 1789 accessible au public), d'une bibliothèque scientifique (ses 25 000 ouvrages, parmi lesquels plusieurs imprimés antérieurs à 1500, sont accessibles à tous sur simple rendez-vous) et d'un lieu de mémoire (espace de découvertes, d'apprentissage et de guérison, profondément inscrit dans l'histoire des Rochefortais et de la Marine).

Voir du Dr Michel Sardet : L'école de chirurgie du port de Rochefort (1722-1789) : un modèle sous l'Ancien Régime, in Revue de la Société française d'histoire des hôpitaux,
n° 111, 2003, p. 28 et s.

Claudius Regaud est à l'origine de la création en 1917, dans le cadre de la réorganisation du service de santé des Armées, de la « Faculté de médecine sur le front » installée à Bouleuse, près de Reims, où les médecins venaient se perfectionner. Il y fit naître « l'indispensable collaboration de spécialistes de toutes disciplines » qui doit présider à l'organisation des centres de soins et de recherches. Claudius Regaud s'en inspirera quand, en 1921, il adjoindra à l'institut du radium un département d'applications médicales dénommée Fondation Curie. L'ensemble fut ainsi le premier centre moderne de recherche et lutte contre le cancer (voir Cancérologie).

Henri Laborit (1914-1995) chirurgien de la Marine, alors en poste au Val-de-Grâce (Paris), a mené des recherches depuis la Guerre, sur le choc ou maladie post-opératoire. Ces travaux permettront la mise au point d'antihistaminiques pour le traitement de certaines maladies mentales.

Pour l'anesthésie, après l'éther vint le chloroforme. Le chirurgien Gaspard-Léonard Scrive (1815-1861), médecin en chef du corps expéditionnaire français durant la Guerre de Crimée, en généralisa l'usage dans le cadre de la médecine de guerre à cette occasion.

L'hôpital d'instruction des armées (HIA) Percy à Clamart (Hauts-de-Seine), près de Paris, géré par le Service de santé des Armées, accueille l'ensemble des assurés sociaux, même sans lien avec le ministère de la défense, adressés par leur médecin traitant dans le cadre du parcours de soins coordonnés. Lorsque ces patients arrivent en urgence de province ou de l'étranger, l'établissement présente l'avantage sur l'HIA du Val-de-Grâce d'être proche de la base aérienne militaire de l'escadron de transport, d'entraînement et de calibration à Villacoublay.

C'est ainsi qu'outre ce service d'urgences, l'hôpital Percy dispose de l'un des tous premiers services de traitement des grands brûlés et de traitement de blessés contaminés par la radioactivité (avec service hématologique).

L'hôpital Percy dispose également d'un service spécialisé dans la prise en charge psychologique des blessés de guerre.

C'est pour pallier un manque de ressources de plasma et dans un souci permanent d'adaptation aux besoins des armées que le centre de transfusion sanguine de l'hôpital d'instruction des armées Percy a mis au point en 2012 le plasma lyophilisé. Concrètement, le plasma en poudre contenu dans un flacon se mélange avec de l'eau contenue dans un autre flacon. Le mélange ainsi obtenu constitue le plasma pouvant être instantanément transfusé. La manipulation ne prend que quelques minutes. Le procédé est donc avantageux à la fois pour sa facilité d'emport et sa rapidité d'utilisation. En effet, le plasma lyophilisé ne requiert pas la mobilisation de congélateurs contrairement au plasma classique dont la décongélation nécessite au moins quarante cinq minutes. Se conservant à température ambiante pendant deux ans, il a également l'avantage d'être transfusable à tout être humain quelque soit son groupe sanguin.

Ce plasma lyophilisé a été utilisé en 2012 sur les théâtres d'opérations, notamment en Afghanistan.

Siamois (enfants)

L'équipe du professeur Yann Révillon, a réussi une véritable prouesse en février 2009 à l'hôpital Necker (Paris) : la séparation d'Imahagaga et Imahalatsa, siamois malgaches de 8 mois. Les siamois étaient accrochés par le thorax et l'abdomen, partageant un foie pour deux ! L'intervention n'était pas réalisable à Madagascar.

L'opération a duré six heures, mobilisé quatre anesthésistes, six chirurgiens, des panseurs, soit une équipe d'une vingtaine de personnes. Le cas des petits Malgaches était le quatrième en plus de dix ans, sur un total d'une douzaine à Necker depuis 1975, selon Yann Révillon.

Le Figaro observait que : si Necker a été choisi, c'est du fait du poids de l'histoire. Deux pédiatres, le Pr Duhamel et le Pr Maurice Lamy, ainsi que le généticien Jean Frézal y avaient agrégé dans ce lieu unique (un hôpital public) toutes les spécialités chirurgicales et médicales pédiatriques.

Sourds-muets

cf. supra : Formation des professionnels de santé

Statistiques médicales

Daniel Schwartz (1917- 2009) fut un statisticien français de grand renom ayant introduit les méthodes de la statistique dans le monde médical français.

Il fut chef des services statistiques à l'Institut Gustave-Roussy de Villejuif et maître de recherches à l'INSERM de 1959 à 1962, avant de devenir directeur de recherche à l'Institut national d'hygiène. Il fonda le Centre d'enseignement de la statistique appliquée à la médecine et à la biologie médicale. Son oncle maternel était le célèbre pédiatre Robert Debré.

Télémédecine

La télémédecine regroupe les pratiques médicales permises ou facilitées par les télécommunications. C'est un exercice de la médecine par le biais des télécommunications et des technologies qui permettent la prestation de soins de santé à distance et l'échange de l'information médicale s'y rapportant.

La télémédecine est pratiquée officiellement depuis 1920, année de la première licence pour radio de service médical aux bateaux publiée à New-York

Le professeur Louis Lareng est à l'origine de l'Institut européen de télémédecine, qui a démarré en 1989 entre l'hôpital Rangueil à Toulouse et l'hôpital Combarel à Rodez, permettant aux patients une meilleure prise en charge des spécialités médicales.

La téléradiologie est une application de la télémédecine. Elle consiste en la consultation et l'interprétation d'images radiologiques ou échographiques à distance.

Tuberculose

Rappelons d'abord, pour l'histoire, que le traitement de la tuberculose pulmonaire dans les établissements spécialisés, dénommés sanatoriums, du latin sanatus, participe passé de sanare (« guérir »), a été initié en Allemagne et en Suisse dans la deuxième moitié du XIXe siècle. Rappelons également que la tuberculose peut revêtir différentes formes selon la localisation du foyer infectieux : pulmonaire, extra-pulmonaire, osseuse, ganglionnaire, méningée…

Premier sanatorium de France, l'hôpital maritime de Berck a été construit près de Calais, en 1861, initialement pour les enfants scrofuleux, rachitiques et «lymphatiques», dénominations qui recouvraient à un ensemble de tuberculoses extra-pulmonaires (la scrofule étant une atteinte tuberculeuse ganglionnaire et cutanée), ainsi que d'autres pathologies liées à la malnutrition, aux pollutions et aux mauvaises conditions d'hygiène et d'habitat qui régnaient dans cette région industrielle minière. La tuberculose était alors un véritable fléau et il n'existait pas de traitements efficaces.

Le premier hôpital entièrement dédié aux phtisiques (tuberculose pulmonaire) fut en France celui de Sainte-Marie-de-Villepinte (Seine-Saint-Denis) achevé en 1880, sur initiative de l'« œuvre des jeunes filles poitrinaires » créée en 1878. Un second hôpital de phtisiques fut achevé huit ans plus tard (1888) à Ormesson (Val-de-Marne) uniquement destiné à soigner de jeunes garçons de 2 à 16 ans, géré par l'« Œuvre des enfants tuberculeux » également créé en 1888. Une succursale en sera ouverte à Villiers-sur-Marne en 1893[

Le premier sanatorium en France pour le traitement des tuberculoses pulmonaires en climat de montagne (sanatorium Mangini) fut créé sur le plateau de Hauteville-Lompnes (Ain). Un médecin du plateau, Jean-François Dumarest, avait remarqué les effets bénéfiques du climat sur ses patients, la montagne et l'éloignement de la pollution des villes comme des industries contribuant aux bienfaits de la santé. Son fils, le docteur Frédéric Dumarest, décida de se consacrer à la lutte anti-tuberculeuse et à la création d'un sanatorium à Hauteville. Il présenta son projet à Félix Mangini, maire de Saint-Pierre-la-Palud (Rhône), qui avait créé en 1897 l'Œuvre lyonnaise des tuberculeux indigents, reconnue d'utilité publique. Le sanatorium, d'une capacité de 120 lits, dépendra des Hospices de Lyon. En 1919, la loi Honnorat imposera la création d'un sanatorium par département.

En 1919, Alfred Boquet et Léopold Nègre démontrèrent que l'extrait méthylique du bacille tuberculeux pouvait ralentir la marche de l'infection tuberculeuse. Connu sous le nom d'antigène méthylique, cet extrait fut utilisé en laboratoire pour déceler et titrer les anticorps tuberculeux. Il sera aussi utilisé dans le traitement de certaines formes de tuberculose humaine. Cette méthode a été adaptée au traitement de la tuberculose chez l'homme par Henri Nouvion (1900-1982) du sanatorium de Champrosay (Hôpital Joffre-Dupuytren, Essonne).

Typhus

Charles Nicolle (1866- 1936) fut un médecin et microbiologiste français. En 1903, il prit la direction de l'Institut Pasteur de Tunis (protectorat français jusqu'en 1954). Il effectua des recherches sur diverses maladies infectieuses, dont le typhus et la brucellose. Il démontra en 1909 que l'agent vecteur du typhus est le pou. Il reçut le prix Nobel de médecine en 1928 pour ses travaux sur le typhus.

Urologie

Louis Michon (1892-1973), d'abord chirurgien de l'hôpital Saint-Louis pendant la Seconde Guerre mondiale, poursuivit sa carrière à la tête du service d'urologie de l'hôpital Necker (Paris) où, sous l'impulsion du néphrologue Jean Hamburger, il prit la responsabilité chirurgicale de la première greffe de rein réalisée sur le jeune Marius Renard dans la nuit de Noël 1952. Le patient survivra 21 jours. Jean Hamburger, assurant les suites néphrologiques de l'intervention, endossera la paternité de cette première médico-chirurgicale.

À noter une particularité : père de famille nombreuse, Louis Michon termina sa vie en oblat dans l'ordre bénédictin.

Joaquín Albarrán (1860-1912), médecin français d'origine cubaine, professeur à la faculté de médecine de Paris, fut l'un des pionniers de la chirurgie urologique, ou endo-urologie. Devenu chef de clinique à l'hôpital Necker dans le service d'urologie en 1890, professeur agrégé en 1892, deux ans plus tard chirurgien des hôpitaux, il fut le premier en France à effectuer le cathétérisme de l'uretère qu'il simplifia en utilisant l'instrumentarium de Léopold Casper et de Max Nitze. Il développa une méthode expérimentale de l'exploration de la polyurie et améliora la cystoscopie en inventant le levier d'Albarrán. Cet instrument permit une plus grande précision des mouvements du cystoscope pendant le cathétérisme de l'uretère. Albarrán devint ainsi le créateur de l'exploration fonctionnelle rénale.

Il fut le premier chirurgien en France à pratiquer la prostatectomie par voie périnéale. En 1908, il publia une statistique de plus de cent cas avec une mortalité inférieure à deux pour cent. Les résultats éloignés restaient favorables et la guérison complète dans la totalité des cas. Cette technique a été abandonnée au profit des abords antérieurs ou des voies endoscopiques.

Guy Vallancien (né en 1946), après une activité à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière de 1979 à 1982, a rejoint l'équipe du Docteur Brisset au centre médico-chirurgical de la porte de Choisy à Paris, avant d'être nommé professeur des universités en 1992. Il est devenu chef du département d'urologie à l'Institut mutualiste Montsouris (Paris) []en 1996. Spécialisé dans le traitement des calculs du rein, il a développé en France la technique de la voie percutanée et de la lithotripsie extracorporelle ultrasonique. Son champ d'expertise s'est ensuite concentré sur le cancer et notamment sur la chirurgie coelioscopique et robotique du cancer de la prostate et de la vessie.

Sommaire alphabétique par lieux de soins

AMIENS CHU Greffes
BERCK Hôpital maritime Tuberculose
Institut orthopédique Médecine physique et réadaptation
BORDEAUX Ancienne faculté de médecine Amphithéâtre d’anatomie
BOULOGNE Non identifié Neurologie
BOULEUSE Faculté de médecine sur le front Service de santé des Armées
BRON Centre hospitalier Le Vinatier Psychiatrie
CONSTANTINE Hôpital Maladies tropicales
CHAMPROSAY Sanatorium Tuberculose
CLAMART Hôpital Antoine-Béclère Périnatalité
Hôpital des Armées Percy Santé militaire
GARCHES Hôpital Raymond-Poincaré Médecine physique et réadaptation
GRENOBLE   Médecine physique et réadaptation
HAUTEFORT Château Architecture
HAUTEVILLE-LOMPNES Sanatorium Tuberculose
IVRY Maison Esquirol Psychiatrie
LA MULATIÈRE Institut Bellevue Orthopédie
Oxygénothérapie hyperbare
LE KREMLIN BICÊTRE Hôpital Bicêtre Médecine physique et réadaptation
Neurosciences
Psychiatrie
LYON Centre Léon-Bérard Cancérologie
Centre international de recherche sur le cancer Cancérologie
Clinique de la Sauvegarde Coelioscopie
Hôpital de l’Antiquaille Maladies vénériennes
Hôpital Édouard-Herriot Cardiologie
Greffes
Neurochirurgie
Ophtalmologie
Hôpital Debrousse Pédiatrie
Hôtel-Dieu Chirurgie douce
Chirurgie générale. Asepsie
École vétérinaire Cardiologie
Non identifié Hygiène et médecine légale. Criminalistique
Seringue
MARSEILLE École du Pharo Maladies tropicales
Non identifié Ophtalmologie
MONTPELLIER Ancien collège de chirurgie Amphithéâtre d’anatomie
Non identifié SAMU
ORMESSON Hôpital Tuberculose
PARIS (AP-HP) Hôpital Beaujon Architecture
Hôpital Cochin Anorexie
Maternité obstétrique
Hôpital européen Georges-Pompidou Cardiologie
Hôpital Necker-Enfants Malades Génétique
Néphrologie
Pédiatrie. Chirurgie pédiatrique
Pneumologie
SAMU
Siamois (enfants)
Urologie
Hôpital Pitié-Salpêtrière Cardiologie
Médecine physique et réadaptation
Neurologie
Psychiatrie
Hôpital Robert-Debré Pédiatrie. Chirurgie pédiatrique
Hôpital Saint-Louis Dermatologie
Génétique
Hématologie
Hospitalisation à domicile
Hôpital Tenon Hospitalisation à domicile
Néphrologie
Radiologie
Hôtel-Dieu Maternité
5e arrondissement Amphithéâtre d’anatomie
Non identifié Médecine expérimentale
Non identifié Neurochirurgie
PARIS (hors AP-HP) CHNO des XV-XX Ophtalmologie
Hôpital des armées du Val-de-Grâce Santé militaire
Hôtel des Invalides Médecine physique et réadaptation
Institut Curie Cancérologie
Institut Montsouris Urologie
Institut Pasteur Génétique
Maladies tropicales (et autres recherches)
Rue St-Jacques (14e) Formation
Sourds-muets
5e et 6e arrondissements Amphithéâtres d’anatomie
22, rue Saint- Ambroise (11e) Sté d’anthropologie
PERPIGNAN Fac. médecine ancienne université Amphithéâtre d’anatomie
RENNES ENSP – EHESP Formation
ROCHEFORT École de médecine navale Santé militaire
RODEZ Hôpital Combarel Télémédecine
STE-MARIE-DE-VILLEPINTE Hôpital Tuberculose
STRASBOURG Hôpital civil Amphithéâtre d’anatomie
Université Chirurgie douce
TOULOUSE Hôpital Rangueil Télémédecine
Non identifié SAMU
TUNIS Institut Pasteur Typhus
VILLEJUIF Institut Gustave-Roussy Cancérologie
Hématologie
Hospitalisation à domicile
Statistiques médicales

Index des principaux noms cités

NOM ACTIVITE VILLE
ALBARRÁN Urologie Paris
ALIBERT Dermatologie Paris
BABINSKI Neurologie Paris
BAILLARGER Psychiatrie Ivry
BAUDELOCQUE Maternité. Obstétrique Paris
BÉCLÈRE Radiologie. Imagerie Paris
BÉRARD Cancérologie Lyon
BERNARD (Jean) Hématologie Paris
Éthique Paris
BERNARD (Claude) Médecine expérimentale (et autres domaines) Paris
BIDOU Médecine physique et de réadaptation Berck. Grenoble. Paris
BOURNEVILLE Médecine physique et de réadaptation Le Kremlin-Bicêtre
BRISSET Urologie Paris
BROCA Anthropologie Paris
Neurosciences Le Kremlin-Bicêtre
Radiologie. Imagerie Le Kremlin-Bicêtre
CABROL Cardiologie Paris
CARA SAMU Paris
CARPENTIER Cardiologie Paris
CHARCOT Neurologie Paris
CHAUVEAU Cardiologie Lyon
CROSNIER Néphrologie Paris
CURIE Cancérologie Paris
DARGENT Cancérologie Lyon
DAUSSET Génétique Paris
DAVIEL Ophtalmologie Marseille
DEBRÉ Pédiatrie Paris
DEVAUCHELLE Greffes Amiens
DIDAY Maladies vénériennes Lyon
DREYFUS Cardiologie Paris
DUBERNARD Greffes Lyon
DUCHENNE Neurologie Boulogne
DUMAREST Tuberculose Hauteville-Lompnes
ESQUIROL Psychiatrie Paris
FOURNIER Dermatologie Paris
FRÉZAL Génétique Paris
GENSOUL Chirurgie générale Lyon
GROSSIORD Médecine physique et de réadaptation Garches
GUIRAUDON Cardiologie Paris
HAMBURGER Néphrologie Paris
Urologie Paris
JABOULAY Chirurgie générale. Asepsie Lyon
JACOB Génétique Paris
LABORIT Service de santé des Armées Paris
LACASSAGNE Hygiène et médecine légale. Criminalistique Lyon
LACHAPELLE Maternité. Obstétrique Paris
NOM ACTIVITE VILLE
LACHAPELLE Maternité. Obstétrique Paris
LAENNEC Pneumologie Paris
LAILLER Dermatologie Paris
LARENG SAMU Toulouse
Télémédecine Toulouse. Rodez
LAVÉRAN Maladies tropicales Constantine. Paris
L’ÉPÉE (Abbé de) Formation. Sourds-muets Paris
LEFEBVRE Service de santé des Armées Rochefort
LÉPINE Neurologie Lyon
LERICHE Chirurgie douce Strasbourg. Lyon
LOCARD Hygiène et médecine légale. Criminalistique Lyon
LWOFF Génétique Paris
MARION Cardiologie Lyon
MATHÉ Cancérologie Villejuif
MERCADIER Cardiologie Paris
MARTEL de Neurochirurgie Paris
MICHON Urologie Paris
MONOD Génétique Paris
MOURET Cœlioscopie Lyon
NICOLE Typhus Tunis
NOUVION Urologie Champrosay
PAPIERNIK Périnatalité Clamart
PAUFIQUE Ophtalmologie Lyon
PINEL Psychiatrie Le Kremlin-Bicêtre
POUTEAU Chirurgie générale. Asepsie Lyon
PRAVAZ Orthopédie. Oxygénothérapie hyperbare La Mulatière
Seringue Lyon
REGAUD Cancérologie Paris
Service de santé des Armées Bouleuse
RÉVILLON Siamois (enfants) Paris
RICHER Neurologie Paris
RICHET Néphrologie Paris
SABOURAUD Dermatologie Paris
SANTY Cardiologie Lyon
SCHWARTZ Statistiques médicales Villejuif
SCRIVE Service de santé des Armées Guerre de Crimée
SEGUIER Hospitalisation à domicile Paris
SERRE SAMU Montpellier
SPADONI Hospitalisation à domicile Paris
VAINCHENKER Hématologie Paris
VALLANCIEN Urologie Paris
VILMER Pédiatrie. Chirurgie pédiatrique Paris
VULPIAN Neurologie Paris
WERTHEIMER Neurologie Lyon
 
     

 

Le site Web de la SFHH est une réalisation du Service informatique de la BIU Santé (Bibliothèque Interuniversitaire de Santé, Paris)
Textes et images © SFHH - Reproduction interdite sans autorisation.