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Les enregistrements contenus dans cette base peuvent concerner toute personne ayant contribué à l’histoire de la santé, de tous les lieux, de toutes les époques.

On y trouve particulièrement :

  1. des médecins
  2. des pharmaciens
  3. des dentistes
  4. des étudiants dans l’une de ces disciplines
  5. des paramédicaux ou les membres de professions qui leur correspondaient à une époque antérieure : barbiers, matrones...
  6. des savants dont l'activité a un rapport avec la santé
  7. toute personne dont l'œuvre ou l'activité ont été significativement en rapport avec la santé
  8. des patients, des personnages célèbres ayant fait l'objet d'une étude bio-pathologique

La base biographiques contient 57474 enregistrements.

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Typologie des informations contenues dans la Base biographique

La Base biographique permet de chercher des informations de différents types :

  • des informations en texte intégral. Certaines proviennent de répertoires biographiques intégrés à la base de données ; d’autres sont la transcription de sources d’archive.
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  • des références bibliographiques, dont la quasi-totalité sont accessibles dans les collections de la bibliothèque (vous pouvez les consulter dans les salles de lecture, ou commander des reproductions à distance auprès du service de fourniture de documents de la bibliothèque).
  • des informations ponctuelles diverses : présence d’un portrait dans la Banque d’images et de portraits, appartenance de la personne à l’Académie de médecine, par exemple.

En outre, toute information de la Base biographique appartient à un « lot de sources », documenté ; cela permet aux usagers comme aux bibliothécaires de savoir quels dépouillements ont été effectués, et quelle est la source des informations qu’ils consultent.

Dans l’avenir, les informations contenues dans la vedette seront également sourcées : un indicateur signalera quelle est la source biographique qui a fourni le ou les noms de la personne, ses dates de naissance et de mort, etc.

Histoire de la Base biographique

L’origine de la Base biographique est un fichier entretenu par la bibliothèque au fil des décennies depuis une date inconnue du début du XXe siècle. On trouvait dans ce fichier :

  • des informations de base sur les personnes (nom, dates et lieux de naissance et de mort)
  • parfois quelques éléments biographiques sommaires
  • des références bibliographiques, qui renvoient à des documents de la colleciton de la bibliothèque et qui permettent de se documenter sur la personne.

Ce répertoire sur fiches a pris une assez grande extension, et il est devenu un outil très utile pour exploiter la collection.

Au début du XXIe siècle, les fiches ont été rétroconverties sous une forme informatique très simple, qui a permis leur diffusion sur Internet. Le dépouillement des nouvelles acquisitions de livres, ainsi que des articles de périodiques de nature biographique a été continué.

Mais la base ainsi constituée s’est également enrichie de très nombreuses informations nouvelles :

  • grâce à la coopération de l’Académie de médecine, elle a signalé les membres de l’Académie, ainsi que les dossiers biographiques présents à l’Académie
  • elle a été connectée à la Banque d’images et de portraits de la bibliothèque
  • elle a intégré la retranscription intégrale des fiches du « Fichier Laborde » (Ms 5503)
  • elle a intégré le dépouillement de dossiers d’étudiants en médecine effectué aux Archives nationales par Pierre Moulinier
  • des dépouillements systématiques ont été entrepris : données issues de la numérisation, mais aussi dépouillements de dictionnaires ou d’autres ressources qui ne se trouvent pas en ligne et peuvent être essentiels pour la recherche.
  • etc.

Ces enrichissements progressifs ont rendu la Base de plus en plus complexe et peu maniable pour les professionnels qui s’en chargeaient. Le dispositif avait par ailleurs plusieurs limitations techniques : une très faible visibilité extérieure (les moteurs de recherche n’avaient pas accès aux données) ; des données peu structurées, qui rendaient très difficile de fournir aux usagers des informations compréhensibles sur les sources dépouillées, et qui ne permettaient pas de connaître la source des informations de base ; l’impossibilité de connecter ces informations biographiques avec les « données d’autorité » utilisées dans le monde de la documentation.

Pour pouvoir poursuivre son enrichissement et la rendre plus adaptée aux nouvelles ressources documentaires, elle a été entièrement refondue entre 2015 et 2018. La version bêta de cette nouvelle Base biographique a été mise en ligne en mai 2018.

Nous espérons pouvoir poursuivre son évolution dans l’avenir, notamment en permettant sa connexion à d’autres ressources grâce à des identifiants normalisés.

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Lévy, Michel

Naissance 28/09/1809 à Strasbourg (Bas-Rhin)
Décès 13/03/1872 à Paris
Détails biographiques Professeur d'hygiène au Val-de-Grâce. Membre de l'Académie de médecine

Données biographiques dans Medica

Portraits

Répertoires ou dépouillements d'archives biographiques

Notices fournies par des correspondants de la bibliothèque

Michel Lévy
Médecin-Inspecteur dans la France du XIXe siècle
(1809-1872) Essai biographique
par Annie Léon
23 novembre 2019
Tous droits réservés à l'auteur

 

Michel Lévy est né à Strasbourg le 28 septembre 1809 au sein d'une famille de 11 enfants (il est le 7e). Ses parents mènent une vie financièrement difficile et il sera appelé très jeune à coopérer à l'économie du foyer.
Il donnera des cours à ses camarades de classe pour contribuer au financement de sa scolarité. Cette implication dans la vie concrète se retrouve tout au long de sa carrière et de sa vie. Immergé tôt dans les réalités de l'existence, il deviendra plus tard un pionnier de l'hygiène privée et publique, la « médecine sociale », et un remarquable organisateur.
La mort de ses parents dès 1830 et 1831 éveillera chez lui un grand sens de la responsabilité familiale et il restera toujours très attentif aux besoins matériels et moraux de ses frères et sœurs.

En dépit de leurs difficultés financières, ses parents avaient souhaité que certains de leurs fils puissent bénéficier d'une bonne éducation. Sa scolarité au Collège royal de Strasbourg est brillante. Le 26 Août 1827, Mr. Stievenart signe ce témoignage : « C'est un plaisir pour moi d'attester que Mr Michel Lévy, dans le courant de l'année scolaire 1826-1827, où il a suivi mon Cours de Rhétorique au Collège Royal de Strasbourg, s'est constamment distingué par la conduite la plus exemplaire, la plus grande assiduité, une capacité peu commune et des progrès remarquables ». L'inspecteur d'Académie, proviseur, « joint son témoignage à celui de Mr Stievenart, professeur de Rhétorique ».

Michel Lévy, aussi doué en sciences qu'en lettres, avait été proposé vainement pour une bourse d'études à l'Ecole Normale. Il est bachelier es-Lettres en juin 1828 et es-Sciences le 16 mars 1830.

Entre-temps, Michel Lévy s'est tourné vers la médecine militaire et il entre le 4 mars 1830 comme élève chirurgien à l'Hôpital de Strasbourg. Il sera intégré à partir du 14 juin 1831 à la Brigade d'intervention en Morée. S'il laisse entendre dans une lettre de Calvi en juin 1835 à sa sœur Clara qu'il a connu « le mal du pays » à « Navarin, à 500 lieues des côtes de France », il a laissé des poèmes enthousiastes qui témoignent de son amour de la culture classique : « Les Dieux de la Grèce (d'après Schiller) », en plusieurs versions.

Un texte intitulé « lettre » dans un cahier dont les pages suivantes sont arrachées témoigne de son état d'esprit :
« C'est de la Morée que je t'écris ; après 14 jours de traversée, j'ai salué aux lueurs de l'aurore les rochers de Navarin ; pieux voyageur, j'ai recueilli tous les souvenirs du collège, toutes mes classiques sympathies et j'ai posé le pied sur le rivage de la Messénie. Mon jeune pied dans la poussière de la Grèce, dans cette poussière qui fut Démosthène, Léonidas ou Socrate, car depuis tant de siècles que ces grands hommes sont morts, les vents ont pu disséminer leur cendres sur toute la surface du pays ! Ce soleil, ces monts, ces plaines, cet horizon inspirateurs, toute cette nature mythologique qui respire dans les écrits de l'antiquité et dont la lumière féconde la pensée, la voilà, telle que les siècles l'ont faite. Navarin avec ses rocs arides et ses misérables cabanes, ne détruit pas nécessairement les antiques illusions du voyageur ; on dirait une nouvelle colonie, venue d'Egypte pour réclamer ses destinées d'une terre plus amie ; quelques felouques éparses dans la rade, quelques terres défrichées récemment, sur la montagne voisine, un temple surmonté d'une croix, annoncent que la naissante cité a déjà son commerce, une agriculture et surtout un culte.
Ainsi commença Athènes et pourquoi Navarin ne serait-il pas un jour l'Athènes d'une nouvelle Grèce, le centre d'une nouvelle civilisation ? Cette petite croix de fer, qui domine la montagne, répond à ce peuple de son avenir ; l'avenir d'une nation est dans sa foi...C'est du sein du Christianisme que jaillira la nouvelle Hellade ; le Christianisme jusqu'ici a scellé de son signe le drapeau de vainqueur du peuple ; mais il n'a pu encore se verser dans son esprit. Toute religion commence à naître par l'imagination, par le symbolisme ; un temple, un autel, un prêtre debout dans le sanctuaire, s'inclinant devant un signe sacré, se tournant vers la foule, bénissant d'un geste harmonieux, puis les flots d'encens, les sons de la cloche... ».

Mais Michel Lévy aura très peu de temps pour admirer la Grèce : la mort de son père le 17 juillet le ramène très vite à Strasbourg et il prend ses fonctions de chirurgien sous-aide à l'Hôpital de Strasbourg dès le 7 novembre 1831.
Le 23 septembre 1832, il est chirurgien aide-major à l'Armée du Nord, et lors de la Campagne de Belgique, il participe au siège d'Anvers dans les tranchées boueuses où il retrouve son contemporain et ami Félix Hippolyte Larrey (1808-1895)  qui est à l’ambulance du quartier général, travaillant avec le chirurgien en chef Zunck et opérant dans la sacristie de l’église Saint Laurent à Berchem.
Michel Lévy est « aide-major des parcs d'artillerie et du génie au siège d'Anvers, puis de l'ambulance de Boom, et, au retour du siège, [il est] chargé du soin des prisonniers hollandais à Béthune ». [extrait de : Titres et travaux scientifiques de M. Michel Lévy].

Il précise, dans le même document, qu'il est « envoyé, en 1832, au secours des cholériques de l'hôpital et de la ville de Bourbonne-les-Bains ». Nous apprenons également qu'en 1849, il a traité 900 cas de choléra au Val-de-Grâce et 6 000 cas pendant la Guerre de Crimée.

Il sera affecté en 1833, successivement au 24e puis au 11e régiment de Ligne qu'il a « accompagnés dans leurs nombreuses migrations », dit-il, et il soutient sa thèse le 20 avril 1834 à la Faculté de Médecine de Montpellier.

Nous le retrouvons à Calvi à partir du 17 décembre 1834, médecin adjoint à l'Hôpital. Sa lettre si attentive et affectueuse à sa sœur Clara ne laisse pas percer son désarroi et sa solitude.
Toutefois, dans sa lettre du 19 septembre 1851, lorsqu'il revient à Calvi pour son Inspection, il écrit à Adèle, sa femme :  « Je t'écris...de Calvi : 1835-1851, je viens d'opérer le trait d'union entre ces deux dates, je viens de montrer le chapeau à plumes de l'Inspecteur à cette localité qui a vu la misère du jeune médecin-adjoint, payé à 132 fr par mois. Et j'ai revu ce rocher de granit, cette plage inculte et sillonnée de marais, cet amas de maisons délabrées, ce site presque navrant  où j'ai vécu un an replié sur mes études et mes tristesses... l'aspect de Calvi me donne seulement aujourd'hui la mesure de ma résignation d'autrefois...».

Cette situation misérable ne se prolongera pas très longtemps : à la suite d'un brillant Concours du professorat, il a le réconfort d'être nommé médecin professeur à l'Hôpital du Val-de-Grâce à la Chaire d'Hygiène et de Médecine légale le 24 décembre 1836. Sa carrière se déploie à partir de ce moment-là :
le 27 avril 1838, il est nommé médecin ordinaire à l'Hôpital du Val-de-Grâce.
Son activité de médecine sociale l'amène à se pencher sur le travail des enfants dans les industries, qui n'était pas encore réglementé en France à cette époque.
La première loi date en effet du 22 mars 1841 : les dispositions ne concernent que les entreprises ayant plus de 20 salariés. Elle interdit le travail des enfants de moins de 8 ans et pour les autres fixe un maximum de durée journalière, à savoir 8 heures jusqu'à 12 ans et 12 heures jusqu'à 16 ans. Elle interdit le travail de nuit (entre 21 h et 5 h du matin) pour les moins de 13 ans.
La durée de travail est aussi réglementée en principe par la scolarisation obligatoire jusqu'à 12 ans.

D'après la tradition familiale, Michel Lévy aurait été plaider la cause du travail des enfants à Metz, auprès d'Auguste Dupont, maître de forges fortuné, et le hasard aurait voulu que sa fille Adèle soit entrée dans son bureau à cet instant.
Séduite immédiatement par l'aspect de ce jeune médecin énergique, elle aurait imposé ensuite son mariage à ses parents, fait rare à cette époque et dans ce milieu.

Les lettres inédites à ce jour, qui sont conservées pour partie aux archives du Val-de-Grâce et dans sa famille,  couvrent  la vie de Michel Lévy et d'Adèle Dupont, de leur mariage en 1840 à 1872, date de la mort de Michel Lévy. Elles sont la chronique de leurs périodes de séparation (Inspections en France ou à l'étranger, cures à Vichy de Michel Lévy, vacances non partagées lorsque les enfants doivent aller à Metz, chez leurs grands-parents, à la campagne ou au bord de la mer...). Quelques lettres d'Adèle (trop peu nombreuses) viennent compléter celles de Michel Lévy.

A travers cette correpondance, nous suivons également le développement de sa carrière : ses différents postes au Val-de-Grâce, à Metz, puis à nouveau au Val-de-Grâce, ses Inspections dont l'extraordinaire voyage de 1851 en Corse, en Algérie (où il a été « le premier inspecteur titulaire qui ait poussé, en Afrique, ses explorations jusqu'à Biskara ») et à Rome.

Certaines lettres permettent aussi d'établir un récit de première main d'événements que les historiens n'avaient pu interpréter auparavant de manière exacte.
Par exemple, on trouve dans la lettre du 7 mars 1856, les conditions de la création de l'Ecole Impériale de Médecine militaire de Strasbourg. Il apparaît clairement que Strasbourg n'a pas été choisie comme ville d'implantation pour satisfaire Michel Lévy, originaire de la ville, mais qu'il était totalement hostile à ce projet universitaire.

Il avait élaboré dès 1848 [Gazette Médicale de Paris, 15 avril 1848] des plans de réforme de la formation des médecins militaires qui avaient eu un commencement d'exécution par la création de l’Ecole d’application du Service de santé militaire au Val-de-Grâce [Décret du 9 août 1850] que Michel Lévy avait rédigé. Il avait ensuite soumis un projet de loi au Conseil de Santé le 7 février 1851 qui n'incluait nullement une formation dans les universités...Il fut toutefois mandaté par les autorités pour établir le projet du décret du 12 juin 1856, qui réorganisait l'ensemble de la formation à Strasbourg et au Val-de-Grâce [Décret relatif aux élèves du Service de santé militaire. Bulletin administratif de l'instruction publique. Tome 7, N° 78, juin 1856, p.97-106.
En ligne:
https://www.persee.fr/doc/baip_1254-0714_1856_num_7_78_5325].
La formation des médecins militaires serait désormais de 5 ans : 2 années dans une Faculté de médecine, un concours d'entrée suivi de 2 années d'études à la Faculté de Strasbourg, se terminant par le doctorat, et enfin une année au Val-de-Grâce. L'encadrement militaire et le casernement occupaient une place importante ; le traumatisme des événements de 1848 étant toujours dans les esprits, et la lettre du 6 août 1866 témoigne encore de la turbulence des « carabins rouges ».

Michel Lévy avait décidé de « mettre loyalement la main à cette œuvre, la faire aussi bonne, aussi solide que possible » et il donnait un récit enthousiaste de l'inauguration de l'Ecole, le 15 novembre 1856 :  « Pour mon amour-propre, disons mieux, pour mon cœur alsacien ce jour a été le plus beau de ma vie ».
Michel Lévy était très attaché à l'Alsace, un touchant poème de jeunesse l'atteste :

A l'Alsace
...
Salut, fille du Rhin, salut robuste Alsace,
Tes monts, où la vigne est en festons purpurins,
Tes moissons, tes forêts où retentit la chasse,
Les villages semés sur les larges chemins,

Et qui mènent au soir, dans la vapeur obscure,
Leurs amours, leurs plaisirs, leur prière et leur chant,
Tes clochers, dessinant leur svelte dentelure
A l'horizon rougi des lueurs du couchant,

Tes canaux, ignorés de la gondole oisive,
Qui balance au soleil les langueurs du salon
Mais où le batelier plonge une rame active
Et trace à l'industrie un fertile sillon ;

Tes ateliers vibrant du long bruit des machines,
Que la vapeur tourmente, esclave ingénieux ;
Au sommet des coteaux les gothiques ruines,
Fragments de la légende et des récits pieux ;

Tes manoirs comme une aire appendue à la roche,
Et que le roc fidèle encor aime et retient,
Sépulcre verdoyant dont le pâtre s'approche,
Sans frémir au contact des siècles qu'il contient ;

Tous ces tableaux, qu'au fond de mon âme endormie,
Le souvenir fait luire et berce avec amour,
Versant sur mon exil une lueur amie,
Sont présents à ma nuit, sont encore là le jour.
…... 
Michel Lévy

Dans ses lettres, on trouve souvent des comparaisons avec d'autres régions de France, même si d'anciens souvenirs d'Alsace lui sont désagréables .
Dans sa lettre de Strasbourg du 29 mai 1859, il avoue : « Tu vas trouver, mon Adèle aimée que je suis en liesse et en train ; rassure-toi ; je me laisse aller à ce mouvement, parce qu'il m'est impossible de le décliner ; cela m'empêche de retomber sur mes pénibles souvenirs d'enfance et de jeunesse ».

Les lettres couvrant la campagne de Crimée dans la période 1854-1855 avaient été publiées par sa famille en 1905 et seront prochainement disponibles dans Medic@.

Cette mission qui débutait le 15 juin 1854 et ne devait durer que quelques semaines, s'est prolongée plus de 10 mois, contre son gré, jusqu'au 1er mai 1855. Toutefois, Michel Lévy a réalisé à cette occasion une œuvre humanitaire considérable qui a fait évoluer les hôpitaux de guerre et qui reste attachée à son nom.

Il était parti avec un ordre de mission, signé du Ministre secrétaire d'Etat à la guerre, le Maréchal Vaillant, pour l'Inspection de l'Armée d'Orient, en date du 15 juin 1854 qui lui donnait des pouvoirs exceptionnels et extrêmement étendus :
« ...Vous aurez donc, en réalité, plutôt à diriger et à organiser, qu'à contrôler, et c'est bien là, en effet, le but principal que j'assigne à votre envoi en Orient. J'entends, d'après cela, que pendant tout le temps de votre présence à l'armée, vous réunissiez en vos mains, les doubles fonctions d'Inspecteur médical et de Directeur du Service de santé des hôpitaux, ambulances et corps de troupe. La première de ces fonctions vous confère les privilèges spécifiés dans l'instruction sur les inspections médicales et vous investit du droit de correspondance directe avec moi ; la deuxième vous substituant aux officiers de santé-chefs de l'armée auprès de Mr le Maréchal Commandant en chef et de Mr L'Intendant militaire de l'Armée, vous donne le droit de centraliser les opérations de ces deux officiers de santé-chefs qui, dès lors, reçoivent vos ordres et vous doivent compte de leurs actes...
En ce qui concerne l'art de guérir et l'hygiène, vous serez le chef direct et immédiat de tous les officiers de santé de l'armée, y compris même ceux des corps de troupe...Sous la réserve de l'approbation de Mr le Maréchal Commandant en chef de l'armée ou de Mr L'Intendant militaire de l'armée, vous assignerez les destinations, emplois et missions. Vous userez, le cas échéant, en matière d'avancement et de récompenses, de l'initiative qui vous est dévolue...et vous aurez, au besoin, droit de punition directe et effective à charge d'informer immédiatement le chef du corps ou le fonctionnaire de l'Intendance sous les ordres duquel se trouve placé l'officier de santé puni, et de rendre compte au Chef d'état major Général ou à l'Intendant militaire de l'armée... ». Suivent des recommandations pour la conduite à tenir devant les épidémies et lui demandant de coopérer avec les armées anglaise et ottomane. [Archives du Val-de-Grâce, Carton 44, dossier 22].

Michel Lévy va alors développer une activité intense. Confronté à l'incurie de l'Intendance (les médecins militaires n'étaient pas encore affranchis de sa tutelle), et à de terribles épidémies de typhus et de choléra, il a mis au point les hôpitaux sous tente pour éviter la contagion et a créé 13 hôpitaux à Varna et à Constantinople.

Evoquant, dans ses lettres au Ministre, les énormes difficultés rencontrées, notamment les mauvaises conditions du transport des blessés de Crimée à Constantinople, les demi-portions de nourriture que l'Intendance fournit aux malades, Michel Lévy se plaint de ne pas obtenir les aides demandées.

La lettre du 29 novembre 1854 du Ministre Vaillant lui demande « de ne pas se laisser aller à un demi-découragement et à ce petit mouvement de mauvaise humeur. C'est tout simplement une injustice de votre part. Pour ce qui me concerne, je crois vous avoir fait entendre de toutes les manières et en toute occasion combien je me félicitais de vous avoir là-bas. Mon approbation et l'assurance que vous devez avoir d'être apprécié comme vous le méritez par celui que l'Empereur a placé à la tête de l'armée, pourront vous consoler des quelques petites contrariétés que vous rencontrez...point de récriminations qui pourraient ressembler à des mesquineries...Je compterai toujours sur vous. Croyez à mon affection». [Archives du Val-de-Grâce, Carton 1046, dossier 24].

Suit une lettre plus administrative de décembre, pour refuser la demande de retour en France de Michel Lévy pour raisons de santé.
Enfin, le 9 janvier 1855 : « je vous informe que votre mission à l'armée d'Orient est terminée en tant que Directeur du Service médical. Vous reprendrez purement et simplement vos fonctions d'Inspecteur auprès de M. le général en Chef de l'armée d'Orient et de M. l'Intendant de cette armée. M. le général Canrobert vous fera connaître mes ordres et mes instructions. Vous aurez à compléter tous les travaux de l'Inspection normale des établissements hospitaliers de l'armée d'Orient.
Il vous restera encore, Monsieur l'Inspecteur, de grands devoirs à remplir ; j'en attends les meilleurs résultats pour tout ce qui concerne le bien-être de l'armée. Je me plais à vous redire combien j'ai été satisfait du concours que vous avez prêté à l'administration pendant la première partie de votre mission.
Je n'ai perdu aucune occasion de témoigner de vos efforts, de votre zèle et de vos talents ; il m'a été souvent très agréable de mettre sous les yeux de l'Empereur les rapports que vous m'avez adressés et que S.M. a appréciés à toute leur valeur... ».
Michel Lévy cite un courrier du 22 janvier du Ministre Vaillant au Général Canrobert qui « supprime le titre de directeur et me laisse à sa disposition pour remplir les missions qu'il jugera utile de me donner ».
Ses rapports avec le Général Canrobert sont bons. En témoigne une photo du Général avec la dédicace : « affectueux et respectueux souvenir du Maréchal Canrobert » ainsi que la lettre du 23 février 1855 : « Mon cher Docteur, vous trouverez dans ma correspondance officielle de ce jour les éloges que je suis heureux de devoir à votre éminente expérience et à votre dévouement éclairé qui ont été si utiles à mes pauvres blessés et malades ! Je veux aussi vous exprimer officieusement, mais bien sincèrement, mes sentiments particuliers d'estime et d'affectueux dévouement ». [Archives du Val-de-Grâce, Carton 1046, dossier 17].
Dans les « Lettres d'Orient », il indique quels sont ses ennemis à l'Intendance. Maintenu de force  à Constantinople et privé de l'essentiel de ses attributions, il cherche des appuis pour rentrer en France pendant plusieurs mois, notamment auprès du Prince Napoléon (Napoléon-Jérôme Bonaparte, cousin de l'Empereur) avec lequel il est en termes d'amitié réciproque, mais il ne pense pas que son influence puisse suffire. Il dit à Adèle qu'il est la victime d'une cabale bien organisée et il cite des noms.
Développer les tribulations administratives de Michel Lévy en Crimée nous permet de mettre en lumière cet épisode à la fois essentiel et traumatisant de sa carrière.

Des documents d'archives nous permettent aussi de retracer sa vie quotidienne de médecin à Paris et dans ses Inspections en province, avec son rythme effréné. Le dépouillement que nous avons réalisé de son Agenda de 1851-1852 [Archives du Val-de-Grâce, Carton 2003, dossier 6] est placé en document annexe.
Pour rendre justice à l'activité multiple de Michel Lévy, il faudrait évoquer aussi sa vie (et sa mort) dans l'appartement de fonction de Directeur du Val-de-Grâce (1856-1872), la création de locaux nouveaux (laboratoires, bibliothèque, musée, amphithéâtres de cours). Il eut à édifier des programmes d'enseignement pour les professeurs, des plans de travail pour les stages hospitaliers, pour les travaux pratiques...Il eut également à assurer la mise en marche des concours d'agrégation et les concours de médecins et de chirurgiens des hôpitaux militaires qui venaient d'être créés.
On peut lui reconnaître aussi le mérite d'avoir attribué un laboratoire qui, quoique très modeste, a permis à Jean-Antoine Villemin de découvrir et de démontrer la contagiosité de la tuberculose en 1865, soit bien avant les travaux de Pasteur.

Dans sa « Note sur les hôpitaux-baraques du Luxembourg et du Jardin des Plantes » parue en 1871, Michel Lévy indique qu'avant même la déclaration de guerre de 1870, il a suggéré de préparer des installations temporaires, ce qui donna lieu, selon ses prescriptions strictes, à la construction de chalets hospitaliers sur des terrains libres en dehors du Jardin du Luxembourg et sur un emplacement du Jardin des Plantes, compris entre les serres et une des allées principales. Il a veillé ensuite jusqu'à leur achèvement sur la construction des baraques du Jardin du Luxembourg.
Dans le même temps, il proposait « d'affecter à l'organisation des ambulances la promotion des médecins-stagiaires du Val-de-Grâce, tous pourvus du doctorat et les deux divisions les plus avancées de l'école de Strasbourg... ».
Vers le 15 juillet 1870, des épreuves d'aptitude furent organisées qui rencontrèrent un vif enthousiasme des candidats, dont des médecins, pharmaciens et élèves civils.
Sur 2 000 candidats, 1 292 ont été retenus, depuis le grade de chef de service jusqu'à celui d'aide-major. Il y avait des sommités de la médecine et même des septuagénaires.
Du 25 juillet au 12 septembre 1870, il visita avec l'Intendant général Bosc, une multitude de locaux susceptibles d'accueillir des blessés (palais de l'Etat, écoles, maisons de retraite et hôpitaux, séminaires et institutions de toutes confessions...). Dans Paris, 546 lits pour officiers et 12 398 lits pour sous-officiers et soldats furent préparés ainsi.
Le Val-de-Grâce et les « ambulances » parisiennes furent également un maillon essentiel de la répartition des blessés provenant des hôpitaux militaires de province, comme le montre l'article de Roland-Paul Delahaye sur le rôle de l'hôpital de Versailles.
Le récit du Dr. A. Motet donne aussi une description intéressante de l'Ambulance militaire de Reuilly, annexe du Val de Grâce.
Lors du Siège de Paris et pendant la Commune, déjà très atteint par la maladie, Michel Lévy ne quitte pas son poste au Val-de-Grâce, en dépit des menaces qui pèsent sur sa vie et sur celle d'Adèle ; ils risquent de subir le même sort qu'un certain nombre de personnalités, dont l'Archevêque de Paris, Mgr Darboy.
Défendus par le personnel du Val-de-Grâce, ils sont exfiltrés par les carrières de Paris à l'initiative de leur fils Auguste, du « Bataillon des mineurs auxiliaires du génie ».

Mort au Val-de-Grâce le 13 mars 1872, il a laissé des instructions strictes pour ses funérailles :
« Mon Adèle aimée, tu consacreras aux aumônes les frais qui auraient pu être faits pour mon enterrement ; j'exige qu'il soit de la dernière ou tout au moins de l'avant-dernière classe.
Point de discours sur ma tombe. Les honneurs militaires seront le seul appareil de cette dernière et triste démonstration en ce monde de vanité ».

Dans la Gazette des Hôpitaux du 16 mars 1872, M. Brochin écrit : « Nous avions reçu, il y a 3 jours, de notre excellent et éminent confrère et ami, M. Michel Lévy, l'invitation à assister au mariage de son fils, M. Auguste Michel-Lévy, l'un de nos jeunes et de nos plus distingués ingénieurs des mines.
Nous avons reçu hier  de sa famille l'invitation à assister à ses obsèques.
M. Michel Lévy, Grand Officier de la Légion d'Honneur, Inspecteur du service de santé militaire, Directeur de l'Ecole d'application de médecine et de pharmacie militaires, membre et ancien président de l'Académie de médecine, etc. est mort le 13 mars dans sa 63e année.

Nous venons, au moment où nous écrivons ces lignes, de lui rendre les derniers devoirs. Un long cortège dont faisait partie ses collègues de l'Inspection, tout le personnel de l'Ecole et de l'hôpital militaire du Val-de-Grâce, et presque tous les médecins militaires faisant partie de l'armée de Paris, des officiers généraux et supérieurs de l'Intendance et de l'Armée, et un grand nombre de membres de l'Académie de Médecine, de médecins civils et d'amis, a accompagné le corps de notre regretté confrère du Val-de-Grâce au cimetière du Père-Lachaise.
D'après les dernières volontés exprimées par M. Michel Lévy, il n'a été prononcé aucun discours sur sa tombe. Mais sa modestie ne pourra pas empêcher qu'on dise publiquement un jour, soit à l'Académie de Médecine ou ailleurs, quels sont les titres qui recommandent la mémoire de M. Michel Lévy, comment par ses seuls mérites, par sa haute intelligence, ses merveilleuses aptitudes, et un travail incessant, il était arrivé de bonne heure à la position la plus élevée de notre médecine militaire, et il avait acquis, jeune encore, sa grande autorité scientifique qui lui avait assigné depuis longtemps la place qu'il occupait dans nos premiers corps savants. Nous ne voulons, pour le moment, qu'exprimer les profonds regrets de l'ami ».

 

 

 

Documents annexes :

Agenda personnel du Médecin Inspecteur Michel Lévy de 1851-1852

1. Inspection 1851 Corse, Algérie, Rome

(Corps et établissements à inspecter, nombre approximatif d'officiers de santé)
Bastia                
Hôpital : 5
53e de ligne : 2
gendarmerie mobile : 1
Corte                 
Hôpital: 2
Détachement du 53e : 2
Bonifaccio        
Hôpital militaire en entreprise : 1
Détachement du 53e
Sartène              
Hospice civil : 1
Ajaccio              
Hôpital militaire : 6
53e de ligne : 1
Calvi                 
Hôpital : 3
53e de ligne : 3
Bougie              
Hôpital : 7
tirailleurs indigènes
8e et 9e compagnies de fusil. de discipline
Sétif                   
Hôpital : 10
8e de ligne : 3
3e Bataillon d'Inf. Lég. d'Afrique : 1
Gigelli                
Hôpital : 4
Philippeville       
Hôpital : 4
10e de ligne : 2
16e léger : 2
2e régt. Légion étrangère : 3
Jemmapes          
colonie agricole : 1
Gastonville       
idem : 1
Robertville         
idem : 1
El-Arrouch        
Hôpital : 3
Constantine      
Hôpital : 45
20e de ligne : 2
2e Bataillon de chasseurs à pied : 1
3e de chasseurs d'Afrique : 3
3e de spahis : 3
Bathna               
Hôpital : 9
Biskara              
idem : 4
Guelma              
idem : 6
Héliopolis, Petit,  Millesimo, Guelma    
3e pionniers de discipline, colonies agricoles : 1
Barral                 
colonie agricole : 1
Mondovi             
idem : 1
Bône                   
Hôpital : 14
détachement d'artillerie du train des équipages militaires
La Calle              
Hôpital : 4
Civita Vecchia     
Hôpital : 9
Etats romains      
Hôpit. de Rome : 23
32e de ligne : 2
36e de ligne : 2
13e léger : 2
21e léger : 2
7e Bataillon de chasseurs à pied :1
11e dragons : 2
artillerie : 1


2. Inspections 1852 : Itinéraire d'Inspection (nombre d'officiers de santé)

St Germain          
63e de ligne (fraction)
12e dragons (complet) : 2
Hospice civil
Vernon                 
train des équipages militaires : 1
Hospice civil
Evreux                   
6e de ligne (dépôt) : 1
Hospice civil
Rouen                    
24e de ligne (complet) : 3
11e chasseurs (2 escad.) : 1
Hospice civil
Dieppe                       
2e de ligne (dépôt) : 1
Hospice civil
Le Havre                    
2e de ligne : 2
Hospice civil
Caen                           
41e de ligne (2 bat.) : 2
Hospice civil
La Hougue                  
69e de ligne (fraction) : 1
Cherbourg                   
69e de ligne : 2
Canonniers vétérans
Hospices civils
St Brieuc                     
30e de ligne : 1
Brest                            
30e de ligne : 1
Hospice civil
34e de ligne : 3
Hôpital
Quimper                     
30e de ligne (fraction)
Hospice civil
Lorient                        
22e de ligne : 1
30e de ligne : 1
Hospice civil
Belle-Isle-en-Mer        
22e ligne (fract.) : 1
Hôpital militaire
Vannes                         
22e ligne : 1
Hospice civil
Napoléonville             
12e chasseurs (3 escad.) : 1
Hospice civil
Rennes                         
3e ligne : 2
10e d'artillerie : 3
4e escadron des parcs d'artillerie : 3
4e comp. d'... d'artillerie
Hôpital militaire : 10
Laval                            
3e de ligne (1 bat.) : 1
Hospice civil
Alençon                        
4e de ligne (1 bat.) : 1
Hospice civil
Chartres                         
6e lanciers : 1.3
Hospice civil
Rambouillet                  
1er carabiniers : 1
2e carabiniers : 1
Hospice civil
Ecole de St Cyr : 3
Versailles                       
63e de ligne (2 bat.): 2
6e léger (dépôt):1       
1er carab. (4 escad.) : 1
2e carab.(id.) : 1
6e cuirassiers (id.): 1
7e cuirassiers (id.): 1
Hôpital milit. : 13
Paris
Meaux                           
6e cuirassier (dépôt) : 1
7e cuirassier (id.) : 1
Hospice civil
Compiègne                   
7e chasseur (complet) : 2
Hospice civil
Péronne                          
49e de ligne (dépôt) : 1
Hospice civil
Cambrai                          
38e de ligne : 1
3e lanciers (4 escadr.) : 2
Hôpital milit.
Beauvais                         
11e chasseurs : 2
Paris                              
Hospice civil
Melun                            
27e de ligne (fract.)
3e léger (Dépôt) : 1
9e Dragons : 2
Hospice civil
Fontainebleau                
43e de ligne (Dépôt) : 1
6e Hussards : 2
Hospice civil
Provins                           
4e chasseurs (4 esc.) : 1
Hospice civil
Troyes                             
27e de ligne (fract)
12e léger (Dépôt) : 1
Hospice civil
Joigny                              
1er lanciers (Dépôt)
7e lanciers (id.)
Hospice civil
Auxerre                            
27e de ligne (fract.)
15e léger (Dépôt) : 1
Hospice civil
Orléans                             
27e de ligne (2 bat.) : 2
58e de ligne (Dépôt) : 1
Hospice civil

du 24 au 27 septembre à Maubeuge
du 28 septembre au 1er octobre à Douai
du 2 au 4 octobre à Dunkerque
du 5 au 10 octobre à Amiens
du 10 au 15 octobre à Lille
V de G [Val-de-Grâce].

Inspection :
Calais 28 septembre à 1h.½
St Omer 29 septembre à 11h.½
Dunkerque 30 septembre à midi ½.

Inspections parisiennes (très détaillées) :

  • sapeurs pompiers (797 hommes répartis sur 5 casernes), 1 médecin-major, 2 aides-major...
  •  l'Ecole Polytechnique

Verdun, 1er cuirassiers

Samedi 20 novembre 1852
10h1/2 sapeurs-pompiers rue de la Paix
11h état-major de la Place
11h1/2 assomption 1er bat. Garde mobile
midi ¼ Ecole d'Etat-major
1h Pharmacie centrale
2h magasin central
vers 3h 2e Bat. Gendarmerie mobile Babylone

Lundi
à 7h1/4 Inspect. du Roule
Mercredi
à midi, visite des locaux du Roule
à 1h1/2.............................du Gros-Caillou

Remarques :
-Le rythme des Inspections est très rapide et on recense un grand nombre d'établissements ou de structures pour chaque ville.
-Le nombre des médecins semble dans l'ensemble très faible et inégal, et on remarque les plus gros effectifs à Rennes et à Versailles.
-Les Hospices civils font partie des Inspections militaires depuis les Ordonnances du 12/08/1836 et du 17/12/1840. La Circulaire du 16 juin 1841 relative à l'inspection médicale des salles militaires dans les Hospices civils, prévoit une inspection médicale annuelle en France et en Algérie par des inspecteurs membres du Conseil de Santé pour les hôpitaux militaires, les postes sédentaires, les corps de troupes, les établissements civils qui reçoivent des militaires malades.
Voir Législation charitable, 1841, Recueil des lois, arrêtés...de France, 1814-1848, Paris, Librairie de Jurisprudence de Cotillon, 1847, p. 640. [https://books.google.fr/books?id=yylTAAAAcAAJ&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false]
-L'agenda de Michel Lévy donne aussi quelques ordonnances médicales personnalisées.

C'est le  témoignage extrêmement vivant et concret de sa vie trépidante de médecin, et si pour les Inspections de 1851, nous disposons de ses lettres à sa femme Adèle, pour 1852, ne subsistent que 2 lettres de Paris (31 juillet et 10 août). Nous pouvons ainsi avoir une idée de son activité.

Bibliographie:
Archives :
-Service Historique de la Défense, Château de Vincennes, dossier N° GR 4 YF 71118.
-Centre de Documentation du Musée du Service de Santé des Armées, Val-de-Grâce
     -carton N°43 : Expédition de Rome.
-carton N° 44 : Armée d'Orient (1854-1855).
-carton N° 70, dossier 38 : Inspection d'Algérie 1851.
-carton N° 141 : registre des cours de l'Ecole.
-carton N° 1046 : Michel Lévy, papiers ayant appartenu au Médecin Inspecteur Michel Lévy.
-carton N° 2002 : Michel Lévy, Fonds Kayser (correspondance).
     -carton N° 2003 : Michel Lévy, Fonds Kayser.

Oeuvres de Michel Lévy :

-Titres et travaux scientifiques de M. Michel Lévy, Inspecteur du Service de santé de l'armée, directeur de l'Ecole impériale d'application de médecine et de pharmacie de Paris (Val de Grâce). 1864. Paris : Imprimerie Simon Raçon, 16 p.[http://www.sudoc.fr/227137337]
et carton N° 1046, dossier 44 aux Archives du Val-de-Grâce].

-LEVY, Michel. 1905. Lettres d'Orient (1854-1855). Paris :Armand Colin, XX-256 p. Contient Bergeron...[http://www.sudoc.fr/096678453].

-LEVY, Michel. Traité d'hygiène publique et privée. Paris : J.B. Baillière et fils.
[pour les différentes éditions, voir : [http://www.sudoc.abes.fr.//DB=2.1/SET=2/TTL=11/CMD?ACT=SRCHA&IKT=1016&SRT=RLV&TRM=+%22michel+l%C3%A9vy%22+trait%C3%A9+hygi%C3%A8ne].

-LEVY, Michel. 1848. Remarques sur la réorganisation projetée du corps de la médecine militaire. Gazette médicale de Paris, N° 16 bis, 1848, Samedi 15 avril.
[en ligne : http://www.biusante.parisdescartes.fr/histoire/medica/resultats/index.php?cote=90182x1848x03&p=293&do=page ].

-LEVY, Michel. 1871. Note sur les Hôpitaux-baraques du Luxembourg et du Jardin des Plantes. Annales d'hygiène publique et de médecine légale, 2e série, 1871, T.XXXV. [en ligne: http://www.biusante.parisdescartes.fr/histoire/medica/resultats/index.php?cote=90141x1871x35&p=116&do=page ].

Articles de revues et chapitres de livres :

-BARUK, Henri. 1949. Le Grand hygiéniste Michel-Lévy, le savant, l'organisateur de la médecine militaire et de la médecine sociale en France, l'humaniste juif. Revue d'histoire de la médecine hébraïque, N°3, mai 1949, p. 4 -17. [http://www.sudoc.fr/037447009].

-BERGERON, Jules. 1893. Éloge de M. Michel Lévy, prononcé dans la séance annuelle de l'Académie de médecine, le 13 décembre 1892. Paris : G. Masson, 30 p. [http://www.worldcat.org/oclc/493591676]. Document inclus dans les Lettres d'Orient.

-CADIER-REY, Gabrielle. 1998. Les Aspects sanitaires de la Guerre de Crimée dans les armées française et britannique. In Les Entreprises et leurs réseaux: hommes, capitaux, techniques et pouvoirs XIXe-XXe siècles. Mélanges en l'honneur de François Caron. Paris: Presses de l'Université de Paris-Sorbonne, 1998, p.181-197. [http://www.sudoc.fr/011285877].

-DELAHAYE, Roland-Paul. 1994. Rôle fondamental de l'hôpital militaire de Versailles dans l'organisation de l'armée chargée de la reconquête de Paris au cours de l'insurrection de la Commune (mars-mai 1871). Histoire des sciences médicales, Tome XXVIII, N° 1, 1994. p. 63-71.
[en ligne : http://www.biusante.parisdescartes.fr/sfhm/hsm/HSMx1994x028x001/HSMx1994x028x001x0063.pdf ].

-ELGEY, Georgette.1997. Les Officiers israélites dans l'armée française du XIXe siècle: le médecin-général Michel Lévy. Revue historique des armées, N° 4, 1997, pp 73-78. [http://www.sudoc.fr/039228711].

-ELGEY, Georgette, JOB, Françoise. 2004. Michel Lévy, médecin-général (Strasbourg, 28 septembre 1809 – Paris, 19 mars 1872). Archives Juives, 2004/1 (Vol. 37), p.123 -127.
[en ligne https://www.cairn.info/revue-archives-juives1-2004-1-page-123.htm?try_download=1].

-FERRANDIS, Jean-Jacques. 2009. Michel Lévy (1809-1872) directeur de l'Ecole du Val-de-Grâce. Histoire des sciences médicales. Tome XLIII, N°3, p. 275-280.
[en ligne: https://www.biusante.parisdescartes.fr/sfhm/hsm/HSMx2009x043x003/HSMx2009x043x003x0275.pdf]

-FREDJ, Claire. 2007. Les médecins de l'armée et les soins aux colons en Algérie (1848-1851).  Annales de démographie historique, N° 113, p. 127-154. [en ligne https://www.cairn.info/revue-annales-de-demographie-historique-2007-1-page-127.htm?contenu=resume#].

-FREDJ, Claire. 2010. Compter les morts de Crimée : un tournant sur l'identité professionnelle des médecins de l'armée française (1865-1882). Histoire, économie et société, 2010/3, p. 95-108. [en ligne https://www.cairn.info/revue-histoire-economie-et-societe-2010-3-page-95.htm]

-IZAC, René. 1976. La Création du Service de santé militaire de Strasbourg (d'après des documents inédits. Société française d'histoire de la médecine, p. 202-218. [en ligne http://www.biusante.parisdescartes.fr/sfhm/hsm/HSMx1976x010x003_4/HSMx1976x010x003_4x0202.pdf]

-JACQUOT, Félix. 1857. Lettres médicales sur l'Italie comprenant l'histoire médicale du corps d'occupation des Etats romains. Paris : Librairie de Victor Masson, p. 63-71 et p. 369.[en ligne https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1068501].

-JOB, Françoise. 2015. Ascendance et fratrie du médecin-général Michel-Lévy (1809-1872). GenAmi, N° 73, septembre, p. 3-11. [http://www.sudoc.fr/040558436].

-LE  FORT, Jean. 1880. La Médecine militaire et la loi sur l'administration de l'armée. Revue des Deux Mondes, 3e période, tome 42, p. 178-203.[en ligne https://fr.wikisource.org/wiki/La_M%C3%A9decine_militaire_et_la_loi_sur_l%E2%80%99administration_de_l%E2%80%99arm%C3%A9e].

-MEYNEN, Nicolas. 2009. Les hôpitaux militaires sous tentes et baraqués au XIXe siècle.
Revue historique des armées, N° 254,p. 92-109
[en ligne https://journals.openedition.org/rha/6543 ].

-MOTET, A. 1872. Siège de Paris 1870-1871. L'Ambulance militaire de Reuilly, annexe du Val-de-Grâce. Paris. A. Delahaye, 1872.
[en ligne : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6448874t.texteImage ].

-VALENTIN, Michel. 1979. Le Médecin Inspecteur des Armées Michel Lévy (1809-1872). Revue de l'association française des techniciens et ingénieurs de sécurité et des médecins du travail. Sécurité et médecine du travail, N°49, 1979 (3e trimestre), p. 23-31. [http://www.sudoc.fr/036881473].

Michel Lévy
Médecin Inspecteur

Chronologie
par Annie Léon (10/11/2019)

Né à Strasbourg le 28 Septembre 1809, Michel Lévy a fait ses études au Collège Royal de Strasbourg. 
26 Août 1827 : Diplôme Classe de Rhétorique.
28 Juin 1828 : Bachelier es-Lettres.
6 Janvier 1830 : Décès à Strasbourg de sa mère, Jeannette Lévy.
4 Mars 1830 : élève chirurgien à l'Hôpital de Strasbourg.
16 Mars 1830 : Bachelier es-Sciences.
14 Juin 1831 : Chirurgien sous-aide à la Brigade d'intervention en Morée. Campagne de Morée.
16 Juillet 1831 : Décès de son père à Strasbourg, Isaac Lévy.
7 Novembre 1831 : Chirurgien sous-aide à l'Hôpital de Strasbourg.
23 Septembre 1832 : Chirurgien aide-major à l'Armée du Nord. Campagne de Belgique (siège d'Anvers).
3 Février 1833 :  Chirurgien aide-major au 24e de Ligne.
4 Juillet 1833 :  Chirurgien aide-major au 11e de Ligne.
20 Avril 1834 : Docteur en Médecine, Faculté de Montpellier (Thèse sur l'opération de l'empyème).
17 Décembre 1834 : Médecin adjoint à l'Hôpital de Calvi.
24 Décembre 1836 : Médecin professeur à l'Hôpital du Val-de-Grâce.
Concours du professorat (Chaire d'Hygiène et de Médecine légale).
27 Avril 1838 : Médecin ordinaire à l'Hôpital du Val-de-Grâce.
29 Décembre 1840 : marié à Adèle Dupont.
23 Novembre 1841 : Médecin ordinaire 1ère classe à l'Hôpital du Val-de-Grâce.
15 Décembre 1841 : naissance de Marie-Cécile (Metz).
1844 : Traité d'hygiène publique et privée.-Paris : J.B.Baillière, 1844.
7 Août 1844 : naissance d'Auguste (8 rue de Tournon, Paris).
24 Octobre 1845 : Médecin 1er professeur à l'Hôpital de Metz.
16 Avril 1846 : Nommé Chevalier de la Légion d'Honneur.
18 Juillet 1847 : Médecin principal 2e classe à l'Hôpital de Metz.
31 Août 1847 :  Médecin principal 2e classe à l'Hôpital du Val-de-Grâce.
21 Juillet 1849 : Médecin principal 1ère classe à l'Hôpital du Val-de-Grâce.
9 Avril 1850 : Membre de l'Académie de médecine.
2 Janvier 1851 : Médecin inspecteur membre du Conseil de Santé. Inspections à Paris, en Algérie, en Italie. Membre du Conseil Supérieur des Colonies et de l'Algérie.
23 Mars 1852 : Médecin Inspecteur, Organisation du Conseil de Santé.
En 1854 (?) : a été nommé Officier de la Légion d'Honneur.
15 Juin 1854 :  Médecin Inspecteur Armée d'Orient (Directeur du Service de Santé). Campagne d'Orient (Guerre de Crimée). A créé les hôpitaux de Varna (Bulgarie) et Constantinople (Turquie).
A réalisé une inspection à Cherson (Crimée) du 21 au 30 Octobre 1854.
Au 8 Février 1855, il y a 13 hôpitaux à Constantinople et près de 9 000 malades le 1er Mars.
29 Octobre 1854 : Nommé Commandeur de la Légion d'Honneur.
1er Mai 1855 : Médecin Inspecteur rentré en France.
17 Février 1856 : naissance de Jeanne.
4 Mai 1856 :  Médecin Inspecteur Directeur de l'Ecole du Val-de-Grâce. Il y résidera de 1856 à 1872.
12 Juin 1856 : Formation des médecins militaires en deux écoles complémentaires : création de l'Ecole du Service de Santé militaire de Strasbourg (école préparatoire) et de l'Ecole Impériale d'application de médecine et de pharmacie militaires, à Paris (Val-de-Grâce) [ https://www.persee.fr/doc/baip_1254-0714_1856_num_7_78_5325 ]. Michel Lévy est nommé Inspecteur permanent de l'école de Strasbourg.
1857 : Elu Président de l'Académie de Médecine.
30 Juillet 1866 :  Médecin Inspecteur,  Inspecteur permanent des Ecoles du Val-de-Grâce et de Strasbourg.
28 Décembre 1867 : Promu Grand Officier de la Légion d'Honneur.
En 1868 (Annuaire militaire de l'Empire français, pp. 857 et 886) : Médecin Inspecteur, Directeur de l'Ecole d'application de la médecine et de la pharmacie militaires (instituée par décret du 13 Novembre 1852), Membre de l'Académie de Médecine, médecin consultant de l'Empereur, Grand officier de la Légion d'Honneur.
1870 : Siège de Paris.
Décédé le 13 Mars 1872 au Val de Grâce. Inhumé au Cimetière du Père Lachaise à Paris (7e Division).

Nom Lévy, Michel
Naissance 28/09/1809 à Strasbourg
Décès 13/03/1872 à Paris

Références bibliographiques

Références bibliographiques entrées jusqu'en 2015

Blaessinger (E.)- Quelques grandes figures de la chirurgie et de la médecine militaires.- Paris, 1947 (Cote Médecine : 157778) (Cote Pharmacie : 47956)

Blaessinger (E.)- Quelques grandes figures de la chirurgie et de la médecine militaires.- Paris, 1947. portr. (Cote Médecine : 157778) (Cote Pharmacie : 47956)

Bulletin de l'Académie nationale de médecine. 1892. 13/12 (Cote Médecine : 90164)

Histoire de la médecine aux armées. t. 2.-1984. p. 178, portr. (Cote Médecine : 260671 (2))

Laffort (L.)- Médecins devant la Révolution de 1848 (Thèse de médecine de Paris. 1948. n° 620)

Médecine et armées. 1998. 26. n° 6/7. (Quatrième de couverture) (Cote Médecine : 114918)

Informations diverses

Dossier à l'Académie de Médecine