À Charles Spon, le 29 mai 1648

Note [31]

Le mot était enfin lâché après bien des circonlocutions : l’antimoine, voilà l’ennemi, l’émétique purgatif qui tue. S’il fallait traduire cette phrase en latin, il faudrait y mettre pericula pour expériences, car periculum a le double sens d’essai (expérience) et de péril. En suivant un raisonnement assez torturé, Guy Patin a voulu montrer que le mérite de la bonne méthode (doctrine médicale) revient entièrement à l’Antiquité grecque (Hippocrate et Galien), même si les Arabes ont inventé les médicaments purgatifs (casse et séné) les mieux adaptés à son application. L’indication est le choix du médicament, de sa dose et surtout du moment opportun pour l’administrer : tout l’art est d’aider la crise qui résout la maladie après qu’elle a complété ses phases de crudité et de coction. Ainsi le moment compte plus que la manière de purger pour résoudre le déséquilibre (l’intempérie) des humeurs. Toutefois, les évacuants trop violents (ellébore, antimoine) sont à proscrire.


Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Lettre de Guy Patin à Charles Spon, le 29 mai 1648, note 31.
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(Consulté le 11.11.2019)

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