À Charles Spon, le 25 octobre 1658

Note [8]

Guillaume Du Vair (Paris 1556-Tonneins, Agenois 1621) était fils de Jean Du Vair, gentilhomme d’Auvergne, maître des requêtes ordinaire de l’Hôtel du roi et avocat général à la Cour des aides. Jean Du Vair ne laissa pour toute fortune à Guillaume qu’une prébende (v. notule {a}note [4] des Affaires de l’Université en 1651‑1652 dans les Commentaires de la Faculté de médecine de Paris) de l’église de Meaux, ce qui l’amena à embrasser l’état ecclésiastique. Après avoir étudié le droit et fréquenté le barreau, il fut reçu conseiller clerc au Parlement de Paris en 1584. Gallican opposé au fanatisme politique et religieux, c’est-à-dire à la Ligue et à l’Espagne qui la soutenait, il siégea comme député aux états généraux de 1593 et fut un des principaux auteurs de l’arrêt sur la loi salique (v. note [15], lettre 739) qui, non moins que les victoires d’Arques et d’Ivry, assura à Henri iv le trône de France. Ces services furent récompensés par la charge de maître des requêtes et l’intendance générale de la justice à Marseille. Il devint ensuite premier président du parlement de Provence avec résidence à Aix (1599).

Lorsqu’il fut appelé au siège épiscopal de Marseille (1603), « les habitants d’Aix le supplièrent avec larmes de ne pas les abandonner ». Il céda à leurs prières et résignant son évêché, il distribua aux pauvres les revenus qu’il en avait momentanément touchés. Lorsque Marie de Médicis, se rendant à Florence, passa par Marseille, Du Vair la harangua si éloquemment qu’elle en garda le souvenir et elle l’appela au poste de garde des sceaux en mai 1616, qui lui fut enlevé dès novembre suivant. Du Vair se retira au couvent des Bernardins ; mais Loménie, qui lui avait ôté les sceaux, vint les lui rapporter au nom de Louis xiii (avril 1617) ; il les garda jusqu’à sa mort. En 1618, il fut nommé évêque et comte de Lisieux. Ayant accompagné le roi au siège de Clairac, il fut emporté rapidement par une maladie épidémique. Comme écrivain, Du Vair a laissé des traités de piété et de philosophie, et des traductions d’Épitecte, de Cicéron ou de Démosthène (G.D.U. xixe s.).

Jacques Ribier (v. supra note [7]) avait pour grand-mère maternelle Antoinette du Vair, sœur de Guillaume (Popoff, no 2127).


Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Lettre de Guy Patin à Charles Spon, le 25 octobre 1658, note 8.
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(Consulté le 05.06.2020)

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