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Ana de Guy Patin :
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Ms BnF Fr 9730 [page 72] [1]

  • Un jour Cujas [2] fut voir Maldonat [3] à Bourges ; [4] comme ils étaient ensem[ble,] Joseph Scaliger [5] y survint ; et après que ces trois hommes se furent un peu entretenus, un seigneur du pays vint visiter Maldonat, qui prit grand plaisir de voir ces trois grands personnages ensemble ; lequel, po[ur] en avoir davantage, les invita tous trois le lendemain à dîner chez lui, où ils furent ; et après avoir fait bonne chère, Cujas dit à son hôte : « Vous avez à votre table les trois plus savants hommes du monde. » C[e] Maldonat a été en grande réputation à Paris, [6] où il a enseigné la théologie dix ans durant, et y fut fort aimé pour un Espagnol ; puis s’en alla à Bourges, et delà à Rome, par le commandement de Grégoire xiii[7] où il mourut l’an 1583. De eo vide Thua. tome. 3, pag. 636[8] C’est le Père Gibieuf [9] qui m’a fait ce conte de Cujas. [1]

  • Le président Minard [10] fut tué à Paris l’an 1559 ; on crut que les huguenots avaient fait faire ce coup et, sur ces présomptions, un Écossais nommé Stuart [11] en eut la question [12] (ce fut ce Stuart qui blessa à mort le connétable Anne de Montmorency [13] à la bataille de Saint-Denis, [14] s’éta[nt] fait huguenot [15] après la question). Du Bourg [16] avait récusé le président Min[ard] et, le priant de se mêler de son procès, l’avait menacé que s’il s’en mêlait il lui arriverait bientôt quelque malheur ; et ayant été bientôt après tué, ce massacre fit avancer l’exécution d’Anne du Bourg, qui fut pendu et brûlé [17] à la Grève, [18] comme un nouveau martyr car c’est chose étrange combien ce supplice fit d’huguenots : [19] il en fit à Paris plus de quatre mil. [2] Un nommé M. Hotman [20] avait défendu à son clerc de montrer jamais à son fils ce procès ; il le montra néanmoins, et ce fils, nommé François, [21] qui a été si savant, se fit huguenot pour l’avoir vu. Ce Hotman huguenot a eu de grandes prises avec Cujas, et a eu un fils céans, [22] qui m’a dit ce que dessus. [3][23]

  • Madame la comtesse de Tonnerre [24] était une dame bien éveillée, de belle et gaie humeur. Elle aimait fort André Du Laurens, [25] qui est mort premier médecin du roi, l’an 1609. Elle le poussa à la cour, le recommanda [page 73] au roi, et lui donnait tous les ans cinq cents francs de gages pour être son médecin. Il y avait entre eux deux grande et secrète intelligence, et on dit qu’elle lui donnait bien encore autre chose que de l’argent. [4]

  • Le feu roi [26] voulant reconnaître le bon service que M. Du Vair [27] lui avait rendu durant la Ligue, [28] le fit premier président à Aix-en-Provence. [29] La reine mère [30] désira, sur la réputation de grand homme qu’il s’était acquise, qu’on le tirât de là pour venir à Paris être précepteur de M. le dauphin ; [31] le roi ne le voulut pas, disant que cela eût trop coûté, qu’il eût fallu faire de ces gens-là des archevêques et des cardinaux, qu’il avait meilleur marché de M. des Yveteaux, [32] lequel il aimait, et non la reine. [5] Après que M. Du Vair eut eu les sceaux quelque temps, [33] on les lui ôta pour les donner à M. Mangot. [34] Ce fut un soir qu’on les lui vint demander, et les rendit sans que personne de sa maison en sût rien. Le lendemain, les secrétaires du roi venant chez lui, il leur ouvrit la porte lui-même et leur dit : « Mes enfants, les sceaux ne sont plus céans, ils sont chez M. Mangot. » Cela étant aussitôt su à Paris, des maîtres des requêtes vinrent chez M. Du Vair, lequel les renvoya sans aucun regret chez M. Mangot ; et comme ils sortaient, il y en eut un qui dit : « Nous avons vu la vertu, allons voir la fortune. » Ce M. Du Vair était un homme de bien, fort rigide et fort habile homme. Son père [35] ne lui avait laissé qu’une charge de conseiller d’Église et une prébende [36] de Meaux [37] pour tout bien. Étant devenu un peu plus riche, il donna cette prébende à un sien pauvre parent. Son père était maître des requêtes, qui avait le bruit de ne guère valoir ; et d’autant qu’il y avait encore un autre maître des requêtes nommé Vétus, [38] qui ne valait pas mieux, on disait en proverbe, « Dieu me garde de vair vêtu ». [39] Ce père étant veuf (il traitait fort mal sa femme et s’en servait comme d’une servante, elle gardait sa porte tandis qu’il dînait), il se fit prêtre, devint chanoine de Meaux et doyen de Saint-Marceau à Paris. [40][41]
    M. le garde des sceaux du Vair, âgé de 70 ans, mourut l’an 1621 à Tonneins, [42] et fut enterré aux Bernardins à Paris. [43] Il a encore un sien frère, nommé Pierre Du Vair, [44] évêque de Vence en Provence, [45] d’où il ne bouge, et n’a pas voulu venir à Paris depuis qu’il en est pourvu. Avant que d’être évêque, il était secrétaire du roi à Paris. Cet évêque de Vence aime fort le bon vin, et en a toujours provision dans sa chambre en divers lieux, pour se fortifier le cœur contre des faiblesses qui lui sont ordinaires. [6][46]

  • M. Des Portes, abbé de Tiron[47][48] était d’un entretien fort agréable. Le feu roi aimait à le voir, il le voulut faire archevêque de Bordeaux, mais il l’en remercia, disant qu’il n’était pas de vie assez exemplaire. Il était trésorier de la Sainte-Chapelle [49] et ne voulait que des bénéfices simples ; il n’eût pas refusé une abbaye au lieu de l’archevêché de Bordeaux. Il cherchait extrêmement ses aises et goûtait bien la vie. Il n’a pourtant vécu que 60 ans. Il ne voulut être ni marié ni prêtre, de peur, disait-il, qu’il ne lui prît envie d’être l’un quand il était l’autre. [50] Il a eu, d’une fille de village, un bâtard nommé Philippin, qui a été fou. [51] Il avait enfermé cette fille chez soi ; personne ne la voyait que le laquais qui lui portait à dîner, qui, dit-on, la débaucha, et a été plutôt cru père de ce Philippin que M. Des Portes même.
    Le cardinal de Joyeuse [52] était fort débauché aux femmes, et fort avaricieux. Il en eut la vérole, bien serré, et en est mort, combien qu’en sa vie il l’ait suée bien des fois. [53] M. Duperron, [54] avant que d’être cardinal, en eut une bien forte, laquelle M. Des Portes lui fit guérir en ayant pris le soin, et [page 74] lui ayant fourni ce qu’il fallait d’argent. Ce M. des Portes craignait extrêmement ce mal, et pour l’éviter davantage attira chez lui et débaucha sa propre parente, qui était belle ; mais il n’en eut point d’enfant. Un de ses neveux m’a dit que jamais il n’en avait eu aucun de toutes les femmes qu’il avait entremises, mais qu’on lui en avait fait accroire quelquefois. [7]

  • Philippe ii [55][56] haïssait le duc de Parme [57] pour deux raisons : 1. pour n’avoir pas secouru cette armée navale qu’on appelait l’Invincible[58] qu’il envoya l’an 1588 pour conquérir l’Angleterre, sous le commandement du duc de Medina Sidonia ; [8][59] la 2e, pour avoir dit un jour à table, après avoir bu, que le roi d’Espagne lui ravissait le royaume de Portugal, [60] lequel il prétendait lui être dû de par sa mère [61] (voy. Sc. Dupleix [62] sous Henri iii, p. 133) ; [9] Il avait avec soi un Espagnol nommé le chevalier Moré, [63] que le roi d’Espagne y tenait comme un espion : le duc de Parme le savait bien, et ne laissaient pas de se faire bonne mine l’un à l’autre. Le chevalier Moré empoisonna le duc de Parme à Meaux et se vanta qu’il s’étonnait comment ce duc pouvait vivre, vu qu’il lui en avait fait avaler assez pour tuer dix hommes ; [64] cela fut rapporté au duc, qui fit aussitôt empoisonner ce chevalier Moré ; lequel, se sentant empoisonné, aussi bien qu’il avait attrapé l’autre, mourut dès le lendemain à Meaux, par la force du poison, en disant « Pardieu ! Farnèse l’a gagné ». Le duc de Parme mourut enfin, malgré ses contrepoisons, l’an 1592, âgé de 47 ans. Il était fort vaillant et avisé capitaine, et fort aimé des italiens et des Flamands ; mais le roi Philippe, les Espagnols et les jésuites [65] le haïssaient. Il envoyait quelquefois des présents à l’infante d’Espagne, [66] laquelle faisait pour lui ce qu’elle pouvait à Madrid, mais elle n’avait pas assez de pouvoir de le faire aimer à son père. Voyez Jean Petit, [67] greffier de Béthune, en son Histoire des Flandres[10][68]

  • Janus de La Rivière[69][70][71] premier médecin du roi Henri iv, était un athée en religion, [72] un empirique en science [73] et un débauché, au moins fort déréglé en ses mœurs. [74] Il était fort avaricieux, et si vilain que jamais, quelque crédit qu’il eût auprès du roi, il n’a fait plaisir à personne qu’en deniers comptants. [11] Quand la reine fut grosse et qu’il fallut choisir des nourrices pour M. le dauphin, [75] il prit une tapisserie de quatre cents écus d’une pour la recommander. Le roi témoignant que celle-là lui était moins recommandable, lui en produisit une autre, laquelle montrait, par diverses attestations de plusieurs médecins, que son lait était fort bon, La Rivière dit au roi : « Elle n’est pas meilleure, Sire, pour toutes ces attestations, j’en ferai autant faire pour une couple d’écus à tel médecin de Paris que je voudrai. » Le roi lui répliqua : « Pourquoi ne prendraient-ils pas bien une couple d’écus pour cela ? Vous avez bien pris une tapisserie de quatre cents écus. » Le roi ne voulut pas de sa nourrice. [12]

  • J’ai passé mon climatérique [76] de trois semaines, et suis dans la 64e année de mon âge, car je suis né l’an 1575, le 22e de février. Je n’eusse jamais pensé tant vivre car, dès que j’étais bien jeune, j’étais incommodé, et n’y a jamais eu remède : ni mon père, [77] ni M. Duret, [78] ni M. Simon Piètre [79] n’ont pu me soulager ; profundas egit radices morbus meus[13] c’est que je suis mal né.

  • M. le président Chevalier [80] n’avait point de bien. Il était fils d’un conseiller à la Grand’Chambre ; [81] il épousa la veuve d’un riche financier, intendant des finances nommé Benoît Melon, [82] fils d’un serrurier de Blois, et elle s’appelait Madeleine de Crèvecœur ; [83] elle venait de Normandie, nommée Mad. de Videville, [84] qui lui apporta huit cent mille écus de bien ; elle le fit conseiller à la Cour, puis maître des requêtes ; après, il devint président à la Cour des aides[85] et enfin premier président à [page 75] la même Cour. Elle le gourmandait fort au commencement, et le traitait comme son valet ; même, elle ne l’appelait que « ce garçon » ; mais enfin, petit à petit, il devint le maître, et se fit craindre et obéir. Il ne put avoir d’enfants d’elle, ce qui était fort contre son intention, car il pensait en avoir quelqu’un et que, sa femme venant à mourir, qui était un peu âgée, il en épouserait une autre plus jeune.
    Nil illo valuit vetulæ vesica beatæ. [86] Putat auro posse comparari dignitates, car elle a vécu trente ans avec lui puis s’est laissée mourir ; et lui trois mois après elle, en perdant son office, parce qu’il n’avait pas payé le droit annuel. [14][87] Il était fort savant et fort habile homme, mais fort avare. Son grand dessein était de parvenir à la charge de premier président au Parlement de Paris, et il ne le put jamais. Le feu roi disait de lui : « Ce Chevalier est malheureux, il ne saurait faire ses affaires pour de l’argent. » Il voulut avoir la charge de président au mortier du président de Jambeville, [88] mais les autres courtisans l’en empêchèrent. Il en courut des vers dont voici un :

    Cur non divitiis vicit eques potior ? [15]

  • M. de Ris[89] qui depuis a été premier président de Rouen, [90] en était un : il était fort homme de bien et fort savant ; il ne laissa pas d’être piqué en ces vers, car c’est lui qui est entendu par ces mots, Natus auro infami : son grand-père, [91] président de la Cour des monnaies, [92] fut interdit de sa charge, avec toute la même Cour, pour quelque fausseté, par arrêt du Grand Conseil[16][93] L’office de premier président de Rouen vaquant après la mort de M. La Court de Groulart, [94] le roi Henri iv la voulut donner au président de Jambeville, lequel, pour y aller, voulut vendre sa charge de président au mortier à Paris ; le président Chevalier en offrait soixante et dix mil écus, M. de Ris, cinquante mil ; le roi l’adjugea à M. de Ris, mais M. de Jambeville ne voulait pas, pour le savoir de M. de Ris, perdre vingt mil écus, et remercia le roi, disant qu’il aimait mieux demeurer à Paris ; le roi voyant cela prit les cinquante mil écus de M. de Ris et le fit premier président de Rouen. Avant cela, il était président au Grand Conseil et maître des requêtes, et avait été, par commission, premier président de Rennes [95] en Bretagne durant la jeunesse de M. de Cussé. [17][96][97]

  • M. de Sully[98] surintendant des finances, dit un jour à Casaubon, [99] qui allait quérir sa pension : « Vous coûtez trop au roi, Monsieur, vous avez plus que deux bons capitaines et vous ne servez de rien. » Casaubon, qui était un homme doux et débonnaire, s’en alla au roi, auquel il se plaignit ; le bon roi lui dit : « M. Casaubon, que cela ne vous mette en peine ! J’ai partagé avec M. de Sully, il a toutes les mauvaises grâces, et moi je me suis réservé les bonnes. Quand il faudra aller à lui pour vos appointements, venez à moi auparavant, je vous dirai le mot du guet pour être payé facilement. » [18][100]

  • Toutes ces simagrées viennent ab utero : [101] semen retentum [102] renverse l’esprit, c’est le diable de Loudun. [19][103]

    Hystericam vetulo se dixerat esse marito,
    et quæritur futui Leda necesse sibi :
    < sed flens atque gemens tanti negat esse salutem >
    seque refert potius proposuisse mori :
    vir rogat ut vivat, virides nec deserat annos,
    et fieri quod jam non facit ipse sinit :
    protinus accedunt medici, medicæque recedunt,
    tollunturque pedes : o medicina gravis !
    Martialis lib. ii
     < sic pour : xi >. [20][104]

  • Les médecins sont accusés d’avarice, mais c’est à tort : le président de Thou s’en est quelquefois plaint. [105] En l’éloge de Jacques Houllier, [106] médecin [page 76] de Paris, il en parle ainsi : ad medicinam homo dives, et quæstui, qui uberrimus ex ea professione in populosa urbe colligitur, minus intentus assidua meditatione acerrimum judicium attulit, ut deploratos morbos, et ob festinationem ab aliis per vicos vaga mulos cursitatione fatigantibus minus cognitos, summa felicitate curaverit, etc. tom. 2. pag. 222[21] Il est vrai qu’à force de prendre souvent, on s’accoutume de prendre toujours, unde fortasse invaluit, consuetudo accipiendi avarum facit genus medicorum[22]

  • Le poète Régnier [107] était neveu de M. Des Portes, mais ne pouvant pas bien s’accorder avec lui, il se donna au cardinal de Joyeuse, [108] avec lequel il fit plusieurs voyages, et demeura neuf ou dix ans ; et c’est lui qu’il entend lorsqu’il dit en sa seconde satire :

    « C’est donc pourquoi, si jeune abandonnant la France,
    J’allai, vif de courage et tout chaud d’espérance,
    En la cour d’un prélat, qu’avec mille dangers
    J’ai suivi. Courtisan aux pays étrangers :
    J’ai changé mon humeur, altéré ma nature ;
    J’ai bu chaud, mangé froid, j’ai couché sur la dure,
    Je l’ai, sans le quitter, à toute heure suivi.
    Donnant ma liberté, je me suis asservi,
    En public, à l’église, à la chambre, à la table,
    Et pense avoir été maintes fois agréable. » [23]

  • Au commencement du règne de Henri iv, le siège de Paris [109] fut si rude et si malheureux pour cette grande ville qu’il y mourut plus de douze mil hommes de faim. [110] Le pape et les cardinaux qui tenaient le parti de la Ligue, au lieu de les secourir, les exhortaient à avoir patience, et qu’ils seraient bientôt secourus d’argent et d’une puissante armée qui ferait lever le siège ; et en attendant, qu’on fît du pain, [111] pour ceux qui n’en avaient point, de la farine des os du cimetière des Innocents. [112] Un des hommes du légat qui entendait ces consolations répondit : « Ils en parlent bien à leur aise, mais s’ils étaient ici, ils se feraient plutôt turcs [113] que d’endurer ce que nous endurons. » [24]

  • Il y a bien de l’abus et de l’impiété en la Cour romaine : [114] tel fait bien semblant en ce pays-là d’être homme de bien qui n’est qu’un hypocrite, et bien souvent un athée. Voyez M. de Fresne-Canaye [115] en son Ambassade de Venise, tom. 3, pag. 119. [25] La religion des Italiens est toute masquée et fourbée, et y a fort grand nombre de libertins, [116] et fort peu de gens de bien.

    Rari quippe boni, numera, vix sunt totidem, quot
    Thebarum portæ vel divitis ostia Nili.
    Juven. Sat. xiii
    [26][117]

    Si vous désirez savoir un beau témoignage de cela, lisez Thuanum in Vita sua, [118] lib. iisic pour : i >, pag. 12, où vous verrez un cardinal de Sainte-Croix [119] qui vous décrit naïvement la Cour romaine : Cogis me, inquit, Vir illustrissime (il parlait à M. de Foix, [120] ambassadeur pour le roi à Rome), in tuam gratiam renudare, quæ in aula nostra summa silentii reverentia teguntur, cui illud ingenium est ut exquisita severitate, cum occasio se offert, et impune licet, in externos utatur, et si quis dignitate præstans ei < se > subjiciat, eam causam longo comperendinationum sufflamine proletari gaudeant, dum interim per gentes toto orbe fama vulgatur, et nostri nominis terror spargitur, quæ severitas eo usque valet, quo usque vel infirmitate vel religionis metu toleratur, nam si aliquis princeps exitat, qui neutro attineatur, caute < ac > summa dissimulatio ne, ab ea severitate disceditur. Fama siquidem et hominum patientia hujus aulæ fiat majestas, et quod vafer Florentinus dixit, iis rebus, quæ aliis imperiis sunt exitio, conservatur. Id tibi dictum esto, etc. Quia vero ebriosum Sangoartium [121] per iram Pius [122] vocitaverat, in mores temperantissimi vir ex ea occasione anquisitum, compertumque eum non solum vino omnino abstinere, sed vix poculo aquæ ter in anno sitim [page 77] restinguere, etc. His dictis, Santacrucius Foxium rogavit, Monitorum memor esset, cæterum monitoris obliviscentur[27]

  • Seraphinus Olivarius Razalius [123] fut fait cardinal l’an 1604, avec le cardinal Duperron et plusieurs autres, par Clément viii[124] Ce M. Séraphin était bâtard, mais il se cacha si bien qu’il ne fut pas découvert, car autrement, il n’eût pas été cardinal. C’est le président de Thou qui le dit, tome v, page 1116 : Seraphinus Olivarius literis et morum candore cum paucis comparandus, Francisci Olivarii, [125][126] qui summam togæ dignitatem magna cum laude apud nos tenuit, naturalis filius, quod hactenus ignoratum fuit : tantum constabat eum Lugduni in Gallia natum, et postea Bononiæ educatum, matre quippe domo Bononiensi, ita ut cum hybrida inter Italos censeretur, cooptationi suæ gratiam, tam Italiæ quam Galliæ deberet. Vide Galliam purpuratam P. Frizon, p. 678 qui hæc ignoravit et Thuanum non legit[28][127] Il était bâtard du Chancelier Olivier, qui mourut l’an 1560. M. de Leuville, [128] petit-fils de ce chancelier, m’a dit qu’étant à Rome, il reçut mille bienfaits de ce M. Séraphin, et s’étonnait de ce qu’il l’aimait tant : il ne savait pas que ce cardinal fût son oncle, et ne le sait que depuis que je lui ai dit. Ce cardinal Séraphin mourut l’an 1609. Il avait été auditeur puis président de la Rote, [129] homme savant, accort et gentil. Sa mère [130] était une banquière lucquoise, qui l’engendra durant l’absence de son mari, ex congressu Francisci Olivarii[29] qui depuis fut chancelier de France.

  • Je ne fais point de présents qu’à plus pauvres que moi : j’ai assez de pauvres qui en ont besoin, et qui sont tous ruinés depuis la guerre ; [131] tout notre pauvre pays de Langres, [132] et toute la frontière, même tantôt la province, tout y est ruiné. Il m’en coûte plus de dix mille francs depuis cinq ans. Ceux qui donnent à plus riche que soi ne semblent pas tant donner que demander, et cela est mal.

    Quam inique comparatum est, hi qui minus habent
    ut semper aliquid addant ditioribus !
    Quod ille unciatim vix de demenso suo
    suum defrudans genium, compersit miser,
    Id illa univorsum abripiet, haud existumans
    quanto labore partum
    .
    Terentius in Phormione, act. i, sc. 1[30][133]

  • Vita sanctus s’entendait autrefois d’un homme qui n’était point débauché in venereis, et qui n’aimait ni garçon [134] ni fille. C’est ainsi que l’entend Velleius Paterculus, [135] lib. 2 Historiarum. Hujus legatus fuit C. Marius, [136] quem prædiximus, natus equestri loco, hirtus atque horridus, vitaque sanctus, quantum bello omptimus, tantum pace pessimus : immodicus gloriæ insatiabilis, impotens, semperque inquietus, etc. Vide Vossium [137] in 4. parte 2. pag. 337[31]

  • M. Cospéan [138] est bon homme, mais méchant évêque, car il ne réside jamais en son évêché ; il manque à ses leçons. Outre la fortune qu’il a faite, il en médite peut-être encore une autre plus belle.

    Quid confert purpura majus
    optandum, si Laurente custodit in agro
    conductas Corvinus oves ? Ego possideo plus
    Pallante et Licinis. Expectent ergo tribuni,
    vincant divitiæ, sacro nec cedat honori,
    nuper in hanc urbem pedibus qui venerat albis,
    quandoquidem inter nos sanctissima divitiarum
    majestas, etsi funesta pecunia templo
    nondum habitas, nullas nummorum ereximus aras
    ut colitur Pax, atque Fides, Victoria, Virtus,
    quæque salutato crepitat Concordia nido.
    Juvenalis Sat. i
    . [page 78]

    Qui dabit, ille tibi magno sit major Homero,
    crede mihi, res est ingeniosa dare.
    Nec tu si quis erit capitis mercede redemptus
    despice gypsati nomen inane pedis.
    Surda sit oranti tua ianua : laxa ferenti, etc.
    Ovid. i Amor. eleg. 8
    [139]

    Nota loquor, regnum ipse tenet, quo sæpe coegit
    barbara gypsatos ferre catasta pedes.
    Tibullus lib. ii
    [32][140]

  • Tous ces modernes ne sont que des poètes maigres : Cicéron [141] vaut mieux qu’un cent de telles gens ; tout homme qui le lira ne saurait manquer de devenir savant. J’aime bien aussi les Commentaires de Jules César, [142] le Salluste, [143] le Quintilien. [144] Le latin de Corneille Tacite [145] n’est pas si bon, voyez ce qu’en dit Turnebus [146] in Adversariis, lib. i, cap. xxv : Nec vero solum novator est historicus ille, sed verborum antiquorum et prope obsoletorum revocator atque renovator[33] Lambinus [147] in Horatium, [148] pag. 246 partis i n’en dit guère moins : Cornelius Tacitus, non optimus ille quidem latinitatis auctor, sed historiæ certe scriptor prudens, verus atque acutus ; [34] et néanmoins, il fait bon le lire, pour les bons préceptes et les beaux exemples qui sont là-dedans. Les Commentaires de César sont beaux aussi : et pour le latin qui est élégant, et pour son histoire. Ô que j’ai pris plaisir autrefois de le lire ! C’est un bon auteur. Jules César était un digne prince et un admirable esprit. Quinte-Curce [149] est beau aussi.

  • M. de Villeroy [150] était un petit homme fort ambitieux, bien fin et fort avisé. Il a maintes fois été soupçonné d’intelligence avec les étrangers, mais on n’en a jamais rien découvert. Il était toujours bien avec les jésuites, par le moyen desquels il avait grand crédit à Rome et en Espagne. C’est lui qui est le petit homme du Catholicon d’Espagne[151] page 236 de la première édition. [35] On dit que si Loste, [152] son commis, n’eût pas été noyé, ains pris en vie, qu’il était gâté, pour les choses qu’il eût révélées contre son maître. Falso tamen rumore ista dicuntur[36] C’est ce Loste qu’il faut entendre en cet épitaphe de M. de Villeroy :

    « Ici gît un fort petit homme,
    Plus fin que n’est l’or monnoyé,
    Il vit, mais il fût mort en somme
    si Loste ne se fût noyé. » [37]

  • Nicolas Borbonius Vandoperanus [153][154] était oncle de feu mon père, mais mon père m’a dit qu’il ne l’avait jamais vu. Il mourut quelque temps après l’an 1579, qu’il fit la harangue funèbre de la reine de Navarre. [38][155] Il était assez bon poète pour son temps. Beaucoup ont fait des vers depuis lui, qui ne l’ont pas valu. Il avait intitulé son livre Nugæ Nicolai Borbonii Vandoperani. Ce mot a fait faire des rencontres assez froids à quelques poètes : je pense que c’est lui, mutato nomine[39] qu’entend Joachim Du Bellay [156] en ce distique, in Xeniis, p. 28, in‑4o :

    Paule tuum inscribis nugarum nomine librum :
    In toto libro nil melius titulo
    [40]

    Joannes Owen, poeta Anglus[157] en a voulu railler pareillement :

    Quas tu dixisti nugas non esse putasti :
    non dico nugas esse, sed esse puto
    [41]

  • Thomas Morus [158] était un grand personnage qui, par sa doctrine et sa vertu, devint chancelier d’Angleterre ; mais Henri viii [159] lui fit couper la tête l’an 1535 à cause qu’il ne voulut pas être de l’avis de ceux qui voulaient déclarer ledit roi Henri viii chef de l’Église anglicane. [42][160] Vincentius Obsopœus, [161] qui était un huguenot, en ses commentaires sur l’Anthologie grecque, où il a travaillé après Brodæus [162] [page 79] (mais il y a fait bien des fautes, Brodæus n’en a point fait, il était trop habile homme), cet Obsopœus, donc, a dit en son Anthologie que : Hoc epigrammata transtulit non imperite miserandus ille senex Thomas Morus, haud dubie a pessimis Papistis, in hoc exitium, quo absumptus est, inductus, et indigne præcipitatus :

    Thessalus Hippocrates, [163] Cous genere, hæc jacet urna,
    Phœbi [164] immortalis semine progenitus.
    Crebra trophæa tulit morborum armis medicinæ,
    laus cui magna, nec id sorte, sed arte fuit.

    Heu quanto satius fuisset huic divino viro his quietis, tranquillis et tutis literarum studiis inservire, quæ magna cum laude, et studiosorum utilitate tractatre potuisset, quam tantis tamque periculosis amplissimi regni negotiis semet implicare atque immergere, unde pauci sine discrimine enatant, etc. Edit. in‑4o sic pour : in‑fo (i. in‑6o) >, pag. 348. Il dit encore, en la page 26 : Versiculi < hendecasyllabi >, jam olim a Thoma Moro viro doctissimo, sed infelici et miserabili fato absumpto, versi habenetur[43] Mais Obsopœus se trompe avec ses papistes : ce fut le libertinage et le peu de religion de Henri viii qui fi<ren>t couper la tête à ce grand personnage, Thomas Morus. Nicol. Borbonius Vandoperanus a parlé de lui quelque part, lib. i, epigr. 105, p. 44 :

    Et vidi et novi quemdam, cognomine Morum, etc[44]

    Ce poète anglais, Joannes Owen, en a aussi parlé quelque part. [45] Nicolai Borbonii Poemata sont dédiés à un certain Franciscus Thuanus, [165] qui était parent de Mess. Christophe de Thou, [166] premier président à Paris : et même, il y a encore de ses lettres in Bibliotheca Thuana[167] que l’on garde curieusement, combien que le président de Thou n’ait parlé de lui nulle part. [46] Il était secrétaire de M. de Lautrec, qui était lieutenant pour le roi François ier en Italie : il s’appelait Odet, vicomte de Lautrec et de Cominges, et comte de Foix ; [168] il mourut devant Naples [169] l’an 1528 (voy. Dupleix, page. 380) ; il prit Pavie, [170] d’où on l’appelait poliorcetes sive depugnator urbium ; il avait avec lui, à Milan, Thomas de Foix, seigneur de l’Escun, maréchal de France [171] (voy. Sainte-Marthe, [172] tome 2, pag. 965). [47]

  • M. Sallo[173] conseiller de la 3e des Enquêtes est de Poitou : il est fils de Mademoiselle de la Florencière, [174][175] qui est nièce du feu président Brisson ; [176] il n’est pas ignorant, mais il est glorieux et fort présomptueux, il croit n’avoir point son pareil au monde. Le mot latin Suffenus, un sot qui a bonne opinion de lui, c’était autrefois un nom propre. Catulle [177] l’a entendu ainsi :

    Suffenus iste, Vare, quem probe nosti,
    homo est venustus, et dicax, et urbanus, etc., p. 19
    Nimirum, idem omnes fallimur, neque est quisquam,
    quem in aliqua re videre Suffenum
    possis. Suus cuique attributus est error,
    sed non videmus manticæ quid in tergo est. Ibid
    [48]

  • On ne sait pas au vrai l’année de la mort de Nicolaus Borbonius Vandoperanus : il vivait encore l’an 1549, que mourut Marguerite de Valois, reine de Navarre, [178][179][180] sœur du roi François ier[181] car il fit quelque chose sur sa mort ; [49] néanmoins, il mourut bientôt après, environ l’an 1550 ou 1552. Je me souviens d’avoir vu un sien frère, nommé Jean de Bourbon, qui était oncle de mon père, mais il y a longtemps, il y a plus de 48 ans ; j’étais encore petit. En feuilletant ses poèmes, vous ne voyez autre chose que de ses parents, auxquels il dédie ou envoie de ses vers. M. de Sainte-Marthe même lui a fait un éloge, où il a [page 80] aussi parlé de moi ; il est vrai qu’il m’a dit lui-même qu’il n’avait fait cet éloge qu’à cause de moi. [50]

  • M. Mangot, qui était garde des sceaux à la mort du marquis d’Ancre, [182] est mort hydropique [183] l’an 1624. Il avait son frère aîné, < sic pour : père > nommé Mess. Jacques Mangot, [184] qui, de procureur général de la Chambre des comptes, fut maître des requêtes, puis avocat général au Parlement de Paris, où il mourut l’an 1587. Il avait succédé en cette charge à M. Augustin de Thou, [185] qui devint président ; et après sa mort, lui succéda Mess. Antoine Séguier, [186] qui est mort l’an 1624, président au mortier. Le président de Thou, en l’an 1587, pag. 209, déplore et regrette bien la mort de ce Mess. Jacques Mangot, avocat général. Il était délicat et fluet, et avait une jeune femme, [187] laquelle il aimait trop, au même temps qu’il étudiait beaucoup pour satisfaire à la grandeur de sa charge : Est Venere [188] Bacchus, [189] Venus est inimica Minervæ[51][190] La veuve [191][192] se remaria < sic pour : donna naissance > par après à M. de Fontenay-Mareuil, [193] qui revint ambassadeur d’Angleterre il y a 4 ans : c’est celui duquel la femme s’appelait Suzanne de Monceaux [194][195] et était fille de M. de Houdan, [196] natale solum meum[52] près de Beauvais. [197]

  • Les Anciens, du temps de Galien, [198] n’avaient point la connaissance ni l’usage du linge : [199] il n’y a guère que deux ou trois cents ans que le linge est inventé : c’est dommage que nous n’en savons < sic > l’auteur ; ce personnage, quel qu’il ait été, a bien obligé le monde. La toile était bien en usage, mais aux vaisseaux, sur mer, et non pas au corps. Rabelais, en son Tiers Livre[200] chap. 49 et seq., dit que ç’a été Pantagruel, et nomme le chanvre pantagruélion[201] à cause de l’inventeur. Le linge nous sert extrêmement à toute heure : à table, au lit et sur le corps, en chemise, faute de laquelle nous aurions le corps tout crasseux à toute heure, qui est la cause pour laquelle les bains [202] étaient si fréquents autrefois, et en si grande recommandation chez les Romains. Ce Rabelais, loco citato[53] décrit fort bien et élégamment le chanvre. Rabelais [203] était natif de Chinon : [204] étant jeune, fut cordelier[205] et entre les épîtres de Budé, [206] il y en a une Francisco Rabelæso sodali Franciscali bene agens. Vide 3. tom. Prosopographiæ Verderii, pag. 2452[54][207] et d’autres qui sont au commencement de mon Rabelais.

    « Indes cessez, Arabes, Sabeens,
    Tant collauder vos myrrhe, encens, ebene,
    Venez icy reconnoistre nos biens,
    Et emportez de nostre herbe la greine.
    Puis si chez vous peut croistre en bonne estreine
    Graces redidez ez cieux un million,
    Et affermez de France heureux le regne
    au quel provint pantagruélion. »

    Ces vers sont en l’honneur du chanvre, qui se lisent à la fin du dernier chap. du Tiers Livre de François Rabelais. [55]

  • 1638. Vendredi dernier, 26e de mars, fut rompu à la Croix du Tiroir [208] un certain mauvais garçon, François Sorbesse[209] natif de Nérac, [210] gendre du concierge de l’hôtel d’Épernon. Il eut onze coups vifs, et parla encore, étant sur la roue. [211] Il avait plus de 60 ans, il avait autrefois été valet de chambre de M. de La Valette. [212] C’était un homme furieux, méchant et hardi : son maître lui donna un jour un coup, il se revengea, se [page 81] jeta sur lui et n’en fut qu’à peine séparé ; son maître lui pardonna. Il se mit une autre fois en défense contre lui, puis se sauva dans une chambre dans laquelle il se barricada si fort qu’il fallut tout enfoncer et user de force pour l’en retirer. Il a été accusé par la duchesse de Lorraine [213] d’avoir voulu attenter à la vie de M. le cardinal, [214] qui donna commission à Bonnefoy, lieutenant du guet, [215] de l’aller surprendre devers la Chapelle, [216] sur le chemin de Saint-Denis ; [217] comme Bonnefoy le voulut arrêter, celui-ci tira de ses chausses un poignard, dont il le blessa si fort qu’il en mourut le lendemain. Les archers de Bonnefoy tirèrent sur lui ès pistolets et épées, dont il en blessa encore deux ; puis enfin fut arrêté, fort blessé, et son procès lui fut fait dès le lendemain, à cause qu’on avait peur qu’il ne mourût de ses blessures. Il dit à ses juges qu’il n’avait qu’un poignard quand il fut pris, mais qu’il ne l’eût jamais été s’il eût eu une épée. Il confessa avoir demandé à la duchesse de Lorraine dix mil écus et que, moyennant cette somme, il entreprenait d’ôter la vie à son Éminence par une étrange façon ; puis leur avoua qu’il n’eut jamais mauvais dessein sur la vie du dit seigneur, mais que tout ce qu’il en faisait n’était que pour duper ladite duchesse de cette somme, de laquelle il eût baillé la moitié à sa femme, pour la nourrir, elle et ses sept enfants ; et s’en fût allé hors du royaume avec l’autre, de peur que ses créanciers ne le fissent arrêter prisonnier, et que l’état misérable auquel il était réduit avec tant d’enfants l’avait fait controuver cette fourbe, et se plaignait de ses juges que son crime n’était pas si grand pour être si rigoureusement puni. Je pense néanmoins que l’on ne saurait trop punir telles gens car, avec une telle hardiesse qu’avait celui-là, ils sont capables de toutes sortes d’attentats. [56][218]

    Le bourreau de Paris sous Louis xi [219] s’appelait Jean Cousin. [220] Jean Rozeau, [221] bourreau de Paris, fut pendu [222] durant la Ligue par son valet, Jean Guillaume, [223] et par arrêt de la Cour, pour avoir non pas pendu le président Brisson, comme quelques-uns disent, mais pour avoir vendu le corps du dit président à sa veuve, [224] six écus, et ne lui avoir voulu rendre l’anneau d’or qu’il avait au doigt. On voit le nom de Jean Rozeau dans les vers du Catholicon :

    « Monsieur, [225] vous serez cardinal,
    Nous savons où vous tient le mal,
    De cela chose ne vous grève,
    Mais chassez ce sinistre oiseau
    Qui dit que maître Jean Rozeau
    vous doit un chapeau rouge en Grève. » [57]

  • Le C. Cx. T. qui fait tant le beau garçon est descendu d’un bourreau, et est quintus a carnifice. Ce métier de bourreau est bien infâme. Je connais encore un autre homme à Paris, qui est un glorieux vilain et qui même a épousé une garce, qui est petit-fils d’un bourreau. Vous connaissez bien ce galant-là, aussi bien que moi. P.M. [58] De carnificibus, vide Locos communes Petri Martyris, pag. 923[59][226]

  • Le cardinal Duperron est mort l’an 1618, le 4e de septembre, qui est le même jour que fut abîmée aux Grisons [227] cette petite ville nommée Pioury < sic pour : Piuro >, [228][229] par la chute d’une montagne, qui l’accabla tout entière, avec tout ce qui était dedans d’hommes et d’animaux. M. Lumagne, [230] ce fameux banquier qui mourut l’an passé, était natif de cette ville-là : il porta le deuil pour plus de soixante de ses parents qui y avaient été accablés. Voyez-en la narration dans un livre intitulé Mémoires de la Valteline et des Grisons[231] imprimé à Genève, l’an 1631, en la page 117 et seq[60]


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× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Autres écrits. Ana de Guy Patin : Borboniana 10 manuscrit

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(Consulté le 15.06.2021)