Autres écrits : Ana de Guy Patin :
Borboniana 10 manuscrit
Note [28]

Ces deux références portent sur le cardinal franco-italien Séraphin Olivier-Razali (v. note [10] du Naudæana 2).

  1. V. cette même note [10] du Naudæana 2 pour la citation de l’Histoire universelle de Jacques-Auguste i de Thou (livre cxxxi, année 1604, traduction adaptée de Thou fr, volume 14, pages 286‑287) :

    « Séraphin Olivier, homme très recommandable par la candeur de ses mœurs et par son savoir, était fils naturel de François Olivier, qui avait exercé avec tant de gloire la charge de chancelier de France ; {b} c’est ce qu’on a ignoré jusqu’ici. On a su seulement qu’il était né à Lyon, et qu’il avait été élevé à Bologne, sa mère étant bolonaise ; en sorte qu’il passait en Italie pour être moitié français et moitié italien : la France et l’Italie concoururent également à le faire élever au cardinalat. »


    1. François Olivier (Paris 1487-Amboise 1560), seigneur de Leuville, avait été reçu conseiller au Parlement de Paris, puis devint successivement maître des requêtes (1536), président au mortier (1543), garde des sceaux et chancelier de France en 1545, par la destitution de Guillaume Poyet. {i} Il avait aussi conduit diverses ambassades pour le compte de la Couronne.

      Atteint de paralysie et de « fluxion sur les yeux », mais surtout en butte à l’inimitié de Diane de Poitiers, {ii} le Chancelier Olivier perdit les sceaux en 1551. François ii les lui rendit en 1559 et il les conserva jusqu’à sa mort. {iii}

      1. V. notule {b}, note [23] du Borboniana 4 manuscrit.

      2. Fidèle et toute-puissante maîtresse du roi Henri ii (v. notule {b‑i}, note [4] du Patiniana I‑4).

      3. Popoff, no 129.

  2. « Voyez la Gallia purpurata de P. Frizon, page 678, qui a ignoré ces faits et n’a pas lu de Thou » : note ajoutée dans la marge du manuscrit.

    Gallia purpurata qua cum summorum Pontificum, tum omnium Galliæ cardinalium, qui hactenus vixere res præclare gestæ continentur, adiectæ sunt parmæ, et earundem descriptiones. Capita selecta ad cardinalatum pertinentia. Epitome omnium conciliorum Galliæ tam veterum, quam recentiorum. Nomenclatura magnorum Franciæ Elemosynariorum. Opera, et studio Petri Frizon, Doctoris Theologi Parisiensis, in magna Franciæ Eleemosynaria Vicarii Generalis.

    [La France empourprée, qui contient les actions remarquables accomplies jusqu’à ce jour tant par les souverains pontifes que par tous les cardinaux de France, avec leurs armoiries et leurs explications. L’ordre des chapitres suit celui des cardinalats. Abrégé de tous les conciles de France, anciens comme récents. Liste des grands aumôniers de France. Par les soins et les recherches de Petrus Frizon, {a} docteur en théologie de Paris, et vicaire général de la grande Aumônerie de France]. {b}

    La vie du cardinal Séraphin Olivier occupe les pages 678‑680 de ce livre et commence par ce paragraphe :

    De Lugduni nato Seraphino Olivario Italiæ et Europæ oraculo loquar an sileam ? Certe rosa fuit suavissimum doctrinæ et iustitiæ flagrans odorem. Patre editus fuit Olivario Gallo, matre Itala et quidem posthumus, non e percelebri illa apud Arvernos familia Olivaria, ex qua prodiere Iacobus Olivarius Dominus de Leuville, Cancellarius Mediolanensis Ludovico xii. et Princeps Senatus Lutetiani, maritus Magdalenæ L’Huillier de Boullancourt, et Franciscus Olivarius filius Franciæ Cancellarius, Francisco i. Henrico ii et Francisco ii. Regni habenas gubernantibus.

    [Passerai-je sous silence Séraphin Olivier, natif de Lyon, qui fut l’oracle de l’Italie et de l’Europe, ou parlerai-je de lui ? Ce fut assurément une rose qui exhala le très doux parfum de la doctrine et de la justice. Il est vrai qu’il fut le fils posthume d’un père français, dénommé Olivier, et d’une mère italienne ; mais sans appartenir à cette très célèbre famille auvergnate des Olivier, d’où sont issus Jacques Olivier, seigneur de Leuville, chancelier de Milan auprès de Louis xii et premier président du Parlement de Paris, marié à Madeleine Lhuillier de Boullancourt, et leur fils François Olivier, {c} chancelier de France, tandis que François ier, Henri ii puis François ii tenaient les rênes du royaume]. {d}


    1. Pierre Frizon (1586-1651), docteur de Sorbonne en 1623, était aussi pénitencier et chanoine de l’église de Reims. Frizon a donné une traduction de la Bible en français (Paris, 1621), qui corrigeait celle des théologiens de de Louvain, {i} avec un intéressant appendice intitulé :

      Moyens pour discerner les bibles françaises catholiques d’avec les huguenotes. Et l’explication des passages de l’Écriture, selon le sens des Pères qui ont vécu avant et durant les quatre premiers conciles œcuméniques…. {ii}

      1. Lyon, 1558, v. note [40] du Borboniana 5 manuscrit.

      2. Paris, Jean Richer, 1621, in‑4o de 90 pages.
  3. Paris, Simon Le Moine, 1638, in‑4o de 720 pages, ouvrage dédié aux cardinaux Armand et Alphonse de Richelieu.

  4. François était le fils de Madeleine Lhuillier, seconde épouse de Jacques Olivier de Leuville (mort en 1519) : président au mortier du Parlement de Paris (1507), chancelier de Milan (1510, quand la Lombardie était sous domination française), il fut nommé premier président en 1517 (Popoff, no 34).

  5. Cette généalogie insistait curieusement sur le prestige de la famille Olivier, tout en niant que le cardinal en fût issu : comme le laisse entendre l’interrogation initiale de Frizon, il pouvait s’être livré à une pieuse acrobatie, visant à sous-entendre la bâtardise de Séraphin Olivier (qu’il pouvait difficilement ignorer en écrivant plus de dix ans après la parution des Historiarum de de Thou).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Autres écrits : Ana de Guy Patin :
Borboniana 10 manuscrit. Note 28

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(Consulté le 30.06.2022)

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