De Reiner von Neuhaus, le 21 octobre 1663

Note [8]

« du royaume qui surgira d’une telle union » (Virgile, Énéide, chant iv, vers 47‑48).

Reiner von Neuhaus ajoutait cette citation à l’ode latine (page 250) que Charles Patin avait composée en l’honneur de la reine dans ses Emblèmes (v. supra note [4]), In Adventum felicem Mariæ Theresiæ Austriacæ, D.G. Franc. & Nav. Reginæ Christianissimæ [Pour l’avènement de Marie-Thérèse d’Autriche, par la grâce de Dieu reine très-chrétienne de France et de Navarre] :

Rex loquitur.

Cum Domino Pax ista venit, venit alma vicissim
Copia, Francigenis et decus omne meis :
Sequana nobilium late regnator aquarum,
Omnibus hanc Nereus et veneretur aquis :
Tuque triumphali, Francus invecta per Urbes
Axe, oleam gesta, chara Theresa manu :
Illa tuum decus, et tali te dote superbam
Debebant thalamis Numina magna meis
.

[C’est le roi qui parle.

La paix nous amène un Maître, {a} la bienfaisante Copia est de retour, {b} accompagnée de toute gloire pour mes Français. La Seine domine largement les eaux et Nérée {c} la vénère entre toutes les autres. Et toi Français, voici la chère Thérèse, triomphale, transportée par les villes en son char, tenant à la main le rameau d’olivier ; voici ta gloire, et pour mon mariage, les grandes divinités te la devaient superbe car elle te prend pour dot].


  1. Devise inscrite sur l’esquisse de médaillon qui accompagne le poème : le roi, avec le sceptre (le pouvoir), et la reine, avec l’olivier (la paix), y sont dessinés main dans la main, assis dans un char tiré par deux paons.

    À gauche de la vignette, est inscrite la référence, Lucan. i Pharsal. [Lucain, La Pharsale, livre i (vers 670)], mais l’emprunt est maladroit car le sens de Domino en est strictement contraire à ce que voulait célébrer Charles Patin : « La paix nous amène un tyran », c’est-à-dire Jules César, apportant la guerre civile à Rome après avoir franchi le Rubicon (v. note [1], lettre 281).

  2. Copia était la déesse romaine de l’abondance.

  3. Père des Néréides et dieu de la mer, plus ancien que Neptune.

L’épigramme latine est suivie de cette paraphrase en français (page 251), Pour la reine, et sa triomphante entrée dans Paris :

« La Paix vient avec notre Roi.
Peuples qui gémissez sous le faix de la Guerre,
Il est temps de bien espérer,
Vos maux ne peuvent plus durer,
Le calme de la Paix se répand sur la Terre :
Dans ce char plein de Majesté,
Une double Divinité,
Que l’éclat de l’Amour, et la Guerre environne
Par les plus Saints et sacrés Nœuds,
Vient satisfaire à tous vos Vœux,
L’une apporte la Paix, et l’autre Vous la donne. »


Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – De Reiner von Neuhaus, le 21 octobre 1663, note 8.

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(Consulté le 22/04/2024)

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