Juif
L’Église condamnait les prêts à intérêt, même si le taux n’en était pas usuraire. Aussi le rôle de prêteurs avait-il souvent été tenu depuis le Moyen Âge par les juifs, qui s’étaient ainsi acquis une réputation d’usurier (Bertière). Les protestants (mont-de-piété de Théophraste Renaudot, par exemple) firent de même. Retz (Mémoires, page 381) appelle Mazarin « le juif le plus convaincu qui fût en Europe » parce que « la cour avait entrepris d’autoriser les prêts par déclaration, c’est-à-dire, à proprement parler, qu’elle avait entrepris d’autoriser les usures par une loi vérifiée en Parlement, parce que ces prêts qui se faisaient au roi, par exemple sur les tailles, n’étaient jamais qu’avec des usures immenses ». Pour ce motif et d’autres, liés à la religion (condamnation et crucifixion du Christ), le mépris des juifs était de rigueur au xviie s. chez les chrétiens et les lettres de Guy Patin en donnent quelques durs exemples. Les juifs de France étaient principalement des sépharades installés dans le sud-ouest (Bordeaux, Bayonne), sans compter les « juifs du pape » vivant hors royaume, en Avignon et dans le Comtat-Venaissin. La petite communauté askhénaze du nord-est connut un grand développement entre le début et la fin du xviie s. : 25 ménages à Metz en 1595 ; 1 200 en 1699 (J.‑P. Poussou in D.G.S).