L. 507.  >
À Claude II Belin,
le 6 décembre 1657

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Monsieur, [a][1]

Pour réponse à la vôtre, je vous dirai que M. Gérard [2] se porte mieux, Dieu merci. Après avoir été saigné plusieurs fois et purgé [3] pareillement, il se trouve quitte de son rhumatisme ; [4][5] et quelque temps après, il lui vint une goutte [6] assez douloureuse aux deux mains. Cela nous obligea de retourner aux grands remèdes, desquels il a été soulagé, et est de l’heure que je vous parle sans fièvre et sans douleur, sola remanet imbecillitas partium quæ antehac affectæ fuerunt, nempe manuum et pedum[1] Il en sortira avec le temps, qui est un peu contraire aux convalescents : frigus, inquit Euripides, convalescentibus et extenuatis corporibus inimicissimum ; [2][7][8] le grand Simon Piètre [9] disait souvent nervosarum partium tonus dificillime restituitur[3] Mais enfin, il en sortira avec le temps après 23 saignées et plusieurs lavements, [10] et quelques médecines. Je lui ai aujourd’hui conseillé de se reposer et de ne prendre aucun remède que quelques lavements de deux jours l’un [4] et de se fortifier par une bonne diète.

En suite des coups de poignard que la reine de Suède [11] a fait donner, pessimo exemplo[5] à son écuyer de Monaldeschi, [12] il a été réglé qu’elle ne viendrait point à Paris, mais qu’elle ira à Bourges [13] où elle demeurera jusqu’à ce qu’elle ait permission du pape [14] de se retirer dans Avignon. Ira-t-elle en Italie, de Provence ? Non puto si sapio, imo si illa sapiat[6] de peur de quelque parent du défunt. Vous savez que ces gens-là sunt ultionis appetentissimi [7] et que, ad instar monachorum[8] ils ne pardonnent jamais. Depuis ce massacre, le roi [15] et le Mazarin [16] l’ont été voir.

Le prince de Condé [17] est fort malade à Gand. [18] Il a envoyé quérir notre M. Guénault [19] qui y est allé cum bona regis venia[9] et partit samedi dernier. Dicitur ex duplici tertiana decumbere, cum metu hydropis[10][20] S’il en meurt, il faudra dire Belle âme devant Dieu, s’il y croyait ! [11] Heurnius est sur la presse à Lyon in‑fo[12][21] on ne fait ici rien qui vaille. Je vous baise les mains, et à mademoiselle votre femme, à MM. Sorel, Blampignon, Maillet, Barat et à Monsieur votre fils, comme aussi à M. Allen, et suis, Monsieur, votre très humble et obéissant serviteur,

Guy Patin.

De Paris, ce 6e de décembre 1657.


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× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude II Belin, le 6 décembre 1657

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(Consulté le 18.10.2019)