L. 581.  >
À Charles Spon,
le 10 octobre 1659

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Monsieur, [a][1]

J’oubliai d’enfermer dans ma dernière, qui fut du 7e d’octobre, une lettre que j’écrivais à M. Rigaud le jeune, [2] associé de MM. Borde [3] et Arnaud. [4] Je vous prie de ne vous en mettre pas en peine car il l’a reçue par le moyen d’un de nos amis. Je vous supplie seulement de le voir à votre premier loisir et de recevoir de lui sa réponse de bouche, aussi bien que quelques cahiers que je lui demande pour parfaire un livre in‑fo qu’il me vendit l’an passé lorsqu’il fut ici. S’il veut me faire réponse par écrit à ce que je lui ai mandé, il m’obligera aussi, et de vous donner sa lettre s’il veut. Pour ses cahiers, quand vous les aurez, vous attendrez quelque commodité de me les envoyer avec autre chose qui pourra venir, comme le livre de M. Sebizius, [5] Speculum medico-practicum, ou les Thèses de Sedan de MM. de Tournes. [6] Voilà deux livres que je souhaite ardemment de voir. J’apprends que M. Devenet [7] viendra bientôt à Paris, vous pourriez les mettre dans une de ses balles car il ne vient sans doute ici que pour en distribuer. J’ai céans le livre de M. Des Gorris, [8] qui ne fut achevé qu’hier au soir, pour vous être envoyé à la première commodité ; il y en aura dans le même paquet quelques autres exemplaires pour nos amis et entre autres, pour M. Falconet. [1]

Je viens d’apprendre que l’on imprime en Hollande un beau livre, et qui sera fort curieux. C’est l’Histoire des Français qui ont gouverné la France sous plusieurs rois, faite par feu M. Dupuy, [9] conseiller d’État et garde de la Bibliothèque du roi. [10] On m’a dit qu’elle sera en deux tomes et que le marquis d’Ancre [11] y sera, et le cardinal de Richelieu [12] pareillement ; [2] mais pourquoi celui d’aujourd’hui n’y serait-il pas, qui l’a tant mérité ? Il fait la paix [13] et le mariage du roi, [14] de quo totum pene ignoratur, et admodum incerta, dubia parumque tuta circumferuntur : [3] j’entends pour l’événement, car le futur est à celui qui sera. Prudens futuri temporis exitum caliginosæ nocte premit Deus. Nos homunculi qui ab alio pendemus, speremus tamen[4][15] Je vous baise les mains, et à Mlle Spon, cette bonne femme qui me connaît comme si elle m’avait nourri. Conservez-moi en ses bonnes grâces, s’il vous plaît, et croyez que je serai toute ma vie, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur,

Guy Patin.

De Paris, ce vendredi 10e d’octobre 1659.


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× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 10 octobre 1659

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(Consulté le 18.11.2019)