À Claude II Belin, le 5 décembre 1641, note 1.
Note [1]

Huguenot est le sobriquet que les catholiques de France donnaient aux calvinistes. Au sujet des habitants de Tours qui pour la plupart embrassaient la nouvelle religion, Jacques-Auguste i de Thou écrit (livre xxiv, règne de François ii, année 1560, Thou fr, volume 3, page 485‑486) :

« Il est à remarquer que le nom ridicule et odieux de huguenot, qu’on donna depuis en France à ceux qu’on appelait auparavant luthériens, prit son origine en cette ville-là. On sait que les habitants de chaque ville appellent de noms qui leur sont particuliers les lutins, les loups-garous, les bêtes noires et d’autres monstres chimériques et vains dont les contes de vieilles sont remplis pour faire peur aux enfants et aux femmelettes. Or ce roi Hugon {a} passait chez le peuple de Tours pour un de ces monstres, et on disait qu’il galoppait toutes les nuits autour des murs de la ville, battant ceux qu’il rencontrait, ou les enlevant. C’est de ce roi Hugon qu’on appela huguenots les protestants qui, n’osant s’assembler de jour, se rendaient toutes les nuits aux environs de Tours pour entendre des sermons ou pour faire leurs prières en commun. » {b}


  1. « Voici en particulier ce qui est dit du roi Hugon, page 37 du 7e tome de la Nouvelle Description de la France par M. Piganiol de la Force : “ Hugon, selon Eginhard dans la Vie de Charlemagne et selon quelques autres historiens, était comte de Tours. Il y a apparence que s’étant rendu redoutable par sa méchanceté et par la férocité de ses mœurs, on en a fait après sa mort l’épouvantail des enfants et des femmelettes, et le canevas de beaucoup de fables ” » (Trévoux).

  2. Littré DLF et bien d’autres ont longuement glosé sur les autres origines possibles du mot huguenot.

Sedan était un des hauts lieux du calvinisme français. Depuis l’édit de Nantes (1598), la majorité catholique de l’État donnait au calvinisme (huguenotisme ou Réforme calviniste) le nom officiel de Religion prétendue réformée.

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Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude II Belin, le 5 décembre 1641, note 1.

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(Consulté le 29/05/2024)

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