À Charles Spon, le 3 septembre 1649
Note [1]

Mlle de Montpensier (Mémoires, première partie, volume 1, chapitre vi, pages 227‑228) :

« La fête de Saint-Louis {a} arriva peu après. Le roi alla ce jour-là à cheval aux Jésuites de la rue Saint-Antoine. {b} Tous les princes et seigneurs qui étaient lors à Paris l’accompagnèrent, tous bien vêtus, avec de belles housses. {c} Cette cavalcade était fort politique et belle à voir. M. le cardinal fit une chose qui étonna assez, lui que l’on accusait de n’être pas hardi : il alla trouver le roi aux Jésuites, passa toute la ville dans son carrosse, peu accompagné, et personne ne lui dit un seul mot. » {d}


  1. 25 août.

  2. V. note [7], lettre 55.

  3. Couvertures qu’on met sur la selle des chevaux.

  4. Guy Patin a simplement omis de dire ce dernier détail à Charles Spon.

Olivier Le Fèvre d’Ormesson (Journal, tome i, pages 763‑764) :

« Le jour de Saint-Louis, 25 du mois d’août, le roi voulut signaler la fête par une pompeuse cavalcade qu’il fit du Palais-cardinal aux Jésuites de la rue Saint-Antoine, et donner le contentement à tout le peuple de se faire voir plus à découvert qu’à son entrée, ni même que le samedi précédent, que Leurs Majestés étaient allées en carrosse à Notre-Dame pour entendre la messe, où la presse n’avait pas été moins grande ni les rues moins parées ; de sorte que la résolution de cette cavalcade ayant été prise, ce fut à qui serait le mieux monté et le plus richement vêtu pour y accompagner le roi. Toute la cour en voulut être, excepté M. le duc d’Orléans qui prétendait que M. le Prince dût marcher un peu devant lui à sa main gauche et non pas sur une même ligne. Ce que la reine n’ayant pas trouvé raisonnable dans son Conseil, S.A.R. {a} prit occasion d’aller à la chasse, chez elle, à Limours, durant cette cérémonie, de laquelle M. de Vendôme et M. de Beaufort se dispensèrent aussi pour d’autres considérations presque semblables.

En voici l’ordre : après que le cardinal Mazarin eut traversé dans son carrosse toute la ville et fut arrivé aux Jésuites sans aucune suite, et sans que personne lui eût dit un seul mot ni témoigné le moindre ressentiment du blocus de Paris, on commença de voir paraître à cheval M. le grand prévôt de l’Hôtel du roi suivi de tous ses lieutenants de courte robe, exempts et archers à pied, deux à deux, puis les Cent-Suisses du corps et M. Saintot, maître des cérémonies, force noblesse bien parée et bien montée, quantité de grands seigneurs, les officiers de la Couronne, les ducs et pairs de France, les princes des maisons étrangères, et enfin MM. les princes de Condé et de Conti un peu devant Sa Majesté, après laquelle marchaient M. le maréchal de Villeroy, son gouverneur, et les autres grands officiers de sa Maison.

[…] Sa Majesté était si remplie de joie parmi les continuelles acclamations de Vive le roi ! dont cette foule incroyable de peuple de toutes conditions faisait retentir toutes les rues par où Elle passait, qu’Elle la témoignait à tous moments, ayant presque toujours la main au chapeau, et saluant à droite et à gauche toutes les princesses, les dames et les autres personnes de condition qui paraissaient aux fenêtres ou sur des échafauds dressés à cet effet dans les boutiques et le long des maisons. Le carrosse de la reine où était M. le duc d’Anjou ne fut pas longtemps à passer après le roi. Elle faisait bien paraître alors sur son visage l’extrême contentement de son âme par les caresses et les paroles obligeantes dont elle honorait toutes les princesses et les dames que ses yeux rencontraient de côté et d’autre. »


  1. Son Altesse Royale, Gaston d’Orléans.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 3 septembre 1649. Note 1

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(Consulté le 02.07.2022)

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