À André Falconet, le 4 octobre 1650, note 1.
Note [1]

Le cæcum (du latin cæcus, aveugle) est le cul-de-sac qui forme la partie initiale du côlon (gros intestin) et où s’attache l’appendice. Le supplément de la Consultation 16, intitulé Jean ii Riolan contre Caspar Bauhin sur la découverte de la valvule iléo-cæcale, fournit d’abondants détails sur l’anatomie de ce segment intestinal.

Le Journal des Scavans daté du lundi 27 février 1668 (no iii, pages 35‑36) a rapporté une autre observation lyonnaise fort intéressante, recueillie plus tard par le même M. Troussières, sous le titre d’Extrait d’une lettre écrite de Lyon. Touchant plusieurs choses remarquables qu’on a observées dans le corps d’un enfant. Du 4e novembre 1667 :

« Le corps d’un enfant de cinq ans, qui mourut il y a peu de temps en cette ville après une maladie de 65 jours, ayant été ouvert par M. Troussières, maître chirurgien, en présence de MM. Garnier et Spon, docteurs en médecine, on y remarqua plusieurs choses extraordinaires.

  1. On ne trouva point de poumon dans la capacité gauche de la poitrine. Comme il y avait en ce lieu-là un abcès épouvantable d’où il sortit plus de six livres de pus, on crut d’abord que le poumon avait été consumé par cette matière ; mais après avoir bien tout considéré, on ne trouva aucun reste de poumon ni de ses attaches, non pas même de l’âpre-artère ; cette cavité gauche étant unie et polie également partout, de manière qu’il y a lieu de douter s’il y a jamais eu de poumon en cet endroit.

  2. La rate était pliée comme en double, et déplacée de telle sorte qu’elle fut trouvée sur le milieu de l’estomac et du côlon. Il semble que cela avait été causé par la pesanteur de cette étrange quantité de pus.

  3. Ce qui est de plus remarquable, et qui n’est pas un effet de la maladie, mais un vice de conformation, c’est que le cœur de cet enfant se trouva, contre l’ordinaire, placé au côté droit. Nous le considérâmes longtemps avec étonnement en sa situation, qui était oblique, la base étant penchée vers le médiastin et la pointe vers la mamelle droite […].

Cet enfant étant en santé avait la respiration fort courte et avait toujours la bouche ouverte, même en dormant, quoiqu’il eût d’ailleurs le nez bien fait. Pendant sa maladie, il ne cracha ni pus ni sang ; et ce qui est plus étonnant, il n’eut jamais mal au cœur, nonobstant la quantité de pus qui était dans sa poitrine. » {a}


  1. Il s’agit d’un cas complet du syndome de Kartagener avec situs inversus viscerum et grave infection respiratoire (empyème thoracique), liés à une anomalie de mobilité ciliaire (v. note [13], lettre 253).

Imprimer cette note
Citer cette note
x
Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 4 octobre 1650, note 1.

Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0245&cln=1

(Consulté le 25/05/2024)

Licence Creative Commons