À Charles Spon, le 3 octobre 1656
Note [1]

Mme de Motteville (Mémoires, pages 449‑450) :

« Notre amazone suédoise gagna tous les cœurs à Paris, qu’elle aurait peut-être perdus bientôt après si elle y fût demeurée plus longtemps. Après avoir vu tout ce qu’elle crut digne de sa curiosité, elle quitta cette grande ville, {a} où elle avait été toujours environnée d’une furieuse presse, pour venir voir Leurs Majestés à Compiègne où elle fut reçue {b} non seulement en reine, mais en reine bien-aimée du ministre. Le cardinal Mazarin partit le même jour de Compiègne pour être à Chantilly quand elle y arriverait pour y dîner. {c} Deux heures après ce repas, le roi et Monsieur y arrivèrent comme des particuliers. {d} Le roi entra par une porte qui était au coin du balustre du lit, et se montra avec toute la foule qui était autour d’elle et du cardinal. Aussitôt qu’ils furent aperçus par lui, il les présenta à la reine de Suède et lui dit que c’étaient deux gentilshommes des plus qualifiés de la France. Elle les connut, en les regardant, pour avoir vu leurs portraits au Louvre, et lui répondit qu’elle le croyait ainsi et qu’ils paraissaient être nés à porter des couronnes. Le cardinal Mazarin lui repartit qu’il voyait bien qu’il était difficile de la tromper, et qu’il était vrai que c’étaient le roi et Monsieur. »


  1. Le 15 septembre 1656.

  2. Réception officielle, le 16.

  3. Le 15 au soir.

  4. Incognito.

La reine Christine séjourna au château du Fayel, à trois lieues de Compiègne. Le roi passa de longs moments en sa compagnie jusqu’au 23 septembre, veille du jour où il quitta Compiègne pour aller surveiller les opérations militaires depuis Guise (Levantal).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 3 octobre 1656. Note 1

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(Consulté le 07.12.2019)

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