À André Falconet, le 20 mai 1661, note 1.
Note [1]

Prêtre Jean : « on appelle ainsi l’empereur des Abyssins parce qu’autrefois les princes de ce pays étaient effectivement prêtres et que le mot de Jean en leur langue veut dire roi. Ce sont les Français qui les premiers les ont fait connaître en Europe sous ce nom à cause qu’ils ont les premiers trafiqué avec leurs sujets. On l’appelle autrement le Grand Négus. Son empire était autrefois de grande étendue. Maintenant, il est limité à six royaumes, chacun de la grandeur du Portugal. Ce nom de Prêtre Jean est tout à fait inconnu en Éthiopie et cette erreur vient de ce que ceux d’une province où ce prince réside souvent, quand ils lui veulent demander quelque chose, crient Jean Coi, c’est-à-dire, mon roi » (Furetière).

Le roi ou négus d’Éthiopie était alors Fasilidas (mort en 1667). Il avait succédé en 1632 à Sousnéyos ier qui avait permis aux jésuites de s’établir dans le royaume, et reconnu la suprématie de Rome. La violence qu’il avait mise à établir le catholicisme comme religion d’État souleva les populations païennes et Sousnéyos dut se résoudre à admettre la liberté des cultes. Fasilidas chassa les jésuites et écarta l’Éthiopie de la prééminence du pape (G.D.U. xixe s.).

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Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 20 mai 1661, note 1.

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(Consulté le 13/04/2024)

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