À André Falconet, le 16 juillet 1669, note 1.
Note [1]

La guerre russo-polonaise dite de Treize Ans (v. note [7], lettre 374) avait pris fin en janvier 1667 (traité d’Andrusovo) après trois ans de délicates négociations.

Le 19 juin, Michel Korybut (Coribon pour les Français) Wisniowiecki (Wisniowiec 1640-Lvov 1673) avait enfin été élu roi de Pologne, sous le nom de Michal ou Michel ier, en un moment où le pays se trouvait dans une situation très difficile. Il était le premier roi polonais de Pologne depuis 1572. En 1670, il épousa Elena Maria Josefa, fille de l’empereur Ferdinand iii (laquelle épousa en secondes noces Charles v de Lorraine). Sobieski, le futur roi Jean iii, ayant formé contre lui une ligue puissante, Michel ier ne parvint à se maintenir qu’avec l’aide de l’Autriche, puis il dut combattre les Turcs qui pénétrèrent en Pologne, et mourut peu après avoir signé avec eux un traité de paix. La « feu reine mère » qui versait une pension à Wisniowiecki n’était pas Anne d’Autriche : Guy Patin devait attribuer ce titre curieux (car la monarchie polonaise n’était pas héréditaire) à la reine de Pologne, Louise-Marie de Mantoue, morte le 10 mai 1667.

Olivier Le Fèvre d’Ormesson en a donné confirmation (Journal, tome ii, page 568) :

« En juillet, les nouvelles arrivèrent de l’élection du roi de Pologne. Tous les sénateurs s’étaient déclarés, < les uns > pour le prince Charles de Lorraine, les autres pour le duc de Neubourg, M. le Prince ayant été exclu d’un commun consentement. Le jour de l’élection, les esprits étant fort échauffés et chacun près d’en venir aux mains pour son parti, un des moins considérables de l’assemblée, s’avisa, pour empêcher le désordre de cette division, de proposer que l’on élût un Polonais. Sa proposition agréée, on l’obligea de nommer celui qu’il croyait le plus propre. Il nomma un des palatins appelé Wisniowiecki, âgé de vingt-cinq ans, petit de taille, de grande Maison, mais sans biens, l’État lui donnant quare mille livres de pension pour le faire subsister, et il fut agréé d’un commun consentement et déclaré roi à l’heure même ; et ainsi les deux contendants furent trompés et tout l’argent donné perdu. »

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Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 16 juillet 1669, note 1.

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(Consulté le 15/04/2024)

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