À André Falconet, le 1er janvier 1666
Note [10]

« Les édits que je venais de faire publier, et principalement celui qui regardait la modération du prix des charges, ne plaisant pas à un des officiers, les Enquêtes demandèrent l’assemblée des Chambres, dans laquelle ils s’étaient promis de pouvoir indirectement, sous quelque prétexte, entrer en délibération sur ce sujet ; et je sus que le premier président [Lamoignon], pensant me faire un grand service, pratiquait avec soin divers délais, comme si les assemblées des Chambres eussent encore eu quelque chose de dangereux. Mais pour faire voir qu’en mon esprit elles passaient pour fort peu de chose, je lui ordonnai moi-même d’assembler le Parlement, de lui dire que je ne voulais plus que l’on parlât des édits vérifiés en ma présence [le 22 décembre 1665] et de voir si l’on oserait me désobéir. Car enfin, je voulais me servir de ce rencontre pour faire un exemple éclatant ou de l’entier assujettissement de cette Compagnie, ou de ma juste sévérité à la punir. Et en effet, l’obéissance qu’elle témoigna en se séparant sans rien entreprendre, fut imitée bientôt après par les parlements les plus éloignés et fit voir que ces sortes de corps ne sont fâcheux que pour ceux qui les redoutent » (Louis xiv, Mémoires, pages 162‑163).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 1er janvier 1666. Note 10

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(Consulté le 13.04.2021)

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